Kings of the wyld, Le come-back triomphal

Kings of the wyld, le premier roman de Nicholas Eames, nous propose un monde de fantasy très archétypal à première vue : Des dragons, des rois, des mages, une quête impossible qui nous fera traverser tout un continent… Mais ne partez pas tout de suite : Le premier tome de la série The Band a quelques tours dans son sac (ou des poulets dans son chapeau) pour se transformer en quelque chose d’unique.

Nous suivons Clay « Slow-Hand » Cooper, ancien mercenaire maintenant rangé, qui coule des jours paisibles en compagnie de sa femme et de sa fille. Un jour, il reçoit la visite de Gabe, ancien « frontman » de leur groupe « Saga » qui lui demande de reprendre les armes presque 20 ans après les avoir mises au placard. Pourquoi donc ? Parce que la fille de Gabe, Rose, est coincée dans une cité assiégée par des milliers de créatures. Ils doivent reformer Saga et redevenir les légendes qu’ils étaient pour sauver la demoiselle. C’est le début d’une épopée unique où ils devront retrouver leurs anciens camarades et partir pour une mission désespérée, une histoire d’amitié, de famille, et de bourre-pifs.

Vous aurez peut-être remarqué l’utilisation de quelques mots bizarres dans le contexte, comme « frontman », groupe (« band »), etc… Ça m’était un peu passé au-dessus au tout début (surtout parce que je m’étais pas du tout renseigné sur le livre avant d’attaquer), mais grâce à Apophis (qui détaille tout ça bien plus précisément que moi) ou à l’auteur lui-même, c’est plus clair : Les groupes de mercenaires chez Nicholas Eames sont des transpositions de nos groupes de rock. Ils sont en général 4 ou 5, ils bossent au contrat sur des « gigs », déplacent les foules quand ils sont connus, etc… Cette manière de traiter les mercenaires leur donne une dimension de rock-star vraiment fun, et quand on a percuté ça on peut s’amuser à trouver tous les clins d’œil et les « schémas » qui passent d’un univers à l’autre, y’en a un bon paquet, j’vous laisse explorer tout ça. Ça donne un côté très ludique à la lecture, mais cette idée brillante ne suffirait pas à faire d’un livre quelque chose d’exceptionnel. Il y a plus, beaucoup plus.

Nicholas Eames nous propose effectivement un monde d’heroic-fantasy  archi-classique, y’a tout ce qui peut passer par la tête d’un MJ de Donjons & Dragons. Mais il utilise ce classicisme comme base culturelle commune pour faire de son aventure quelque chose d’unique en retournant des situations et en y mettant une ou deux couches de modernité bienvenue. Pour accompagner ce côté « rock n’roll », la narration et les dialogues sont vraiment drôles et percutants. Il va poser des twists par-ci par-là pour donner beaucoup de fraicheur à ses héros et leur univers. Le ton du livre est bluffant, ça envoie de la vanne, c’est rythmé et c’est incisif. On enchaine les situations drôles, les moments poignants et les scènes épiques sans transition et parfois tout en même temps, le mélange est un pur régal et très bien équilibré.

C’est surtout l’attachement aux héros qui va permettre à Kings of the wyld de devenir génial. Cette troupe de vieillards archétypaux (le mage, le bourrin au bouclier, le voleur avec des dagues, le leader et le vicieux à la hache) prend très vite de l’épaisseur, du caractère et de la force dans l’esprit du lecteur. Ils ont une vie, un background, des personnalités et des préoccupations propres. Et aussi, ils ont la classe. Malgré le bide, les cheveux blancs et le mal de dos, ils ont la classe ! Clay est un guerrier massif mais fatigué qui balance des remarques désabusées, Moog est l’archétype du magicien loufoque mais qui a une histoire tragique et très touchante, Matrick est un ancien voleur devenu roi, mais qui supporte plus la vie de château. Avec Gabe et le bad-boy de service Ganelon, ils forment un des groupes de héros les plus attachants que j’ai jamais croisés.

Ils sont bien rares ces livres de fantasy épique qui allient la profondeur et le fun avec autant de talent. Dans Kings of the wyld on est emporté dans une aventure extraordinaire avec une bande de héros qui deviendront vite chers à nos cœurs… Et on rigole beaucoup. C’est parfait.

Lire aussi l’avis de : Apophis (Le culte d’Apophis),

 

8 réponses

  1. (merci pour le lien)

    Totalement d’accord avec ta critique, c’est vraiment un mélange unique (mais qu’on aimerait franchement voir plus souvent) et la bande de héros la plus attachante croisée en Fantasy depuis bien longtemps. Vivement le tome 2 !

  2. Je l’avais dis à Apophis, mais c’est vrai que ce roman est diablement alléchant. Je n’étais toutefois pas plus préssée que cela, mais si vous vous y mettez à deux pour me convaincre de foncer, comment puis-je résister ?

    Excellente critique qui donne envie de se précipiter…

  3. Elle est sympa cette idée d’en faire des sortes de rock stars 😀 Je l’avais déjà noté mais ça me confirme que je fais bien ^^

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