Shiang, Voyage et grosse baston

Alors qu’ils se trainaient une réputation de « je commence à publier une série mais tu sais jamais si je vais jusqu’au bout », Bragelonne a semble-t-il décidé de bousculer les choses. Depuis un an ou deux, ils enchainent les séries à un rythme soutenu, balancent les suites au bout de quelques mois. Que ce soit Blackwing, Wyld, Le royaume blessé, Sharakhaï, ils bombardent (et terminent) les séries, et le monde est en paix. Bon, maintenant faut suivre le rythme, c’est chaud quand même. Une des récentes trilogies à subir le traitement-mitraillette est Les prodiges de l’empire, après un Darien maitrisé et fun, on a déjà le tome 2 depuis quelques mois, et il s’appelle Shiang.

Deux ans après les évènements de Darien, on part à l’autre bout du monde vers la ville de Shiang et sa civilisation d’inspiration asiatique. Le jeune empereur l’a mauvaise parce que son traitre d’oncle, un certain Tellius, est toujours en cavale et il a l’intention de régler cette affaire. Il envoie donc ses quatre meilleurs guerriers Maser en mission pour ramener Tellius de son exil… à Darien. Ces quatre nobles guerriers vont partir de Shiang et rater de quelques jours la renaissance de Gabriel, terrible guerrier aux pouvoirs phénoménaux, qui va tout dévaster avec ses acolytes, et partir lui aussi vers l’occident, attiré par le pouvoir des pierres de Darien. C’est un cataclysme qui guette la grande cité, il faudra s’y préparer.

Le roman va alterner trois « points de vue » pour nous livrer son histoire : Le voyage des quatre guerriers en mission, qui sont Hondo, Bosin et les deux jumeaux Hi et Jé. Nous aurons aussi le voyage/carnage de Gabriel et ses copains, et enfin nous retrouverons de temps en temps Tellius à Darien qui sent que la grosse merde est en approche. J’ai vraiment beaucoup apprécié le voyage de Hondo et ses camarades, le saint des lames est très strict et le jovial et génial Bosin fout un peu le bordel dans tout ça, c’est très rigolo de les voir évoluer au fil du roman. Je regrette de ne pas avoir creusé un peu plus du côté des jumeaux, mais leur caractère taiseux laisse libre cours à l’imagination. J’ai eu un peu plus de mal avec Taeshin/Gabriel qui est juste un espèce de gros méchant en quête de pouvoir. J’ai jamais trop accroché, c’est intéressant de voir l’évolution de l’antagoniste dans l’absolu mais là il est un peu plat, il prend beaucoup de place et au final on se dit « oui, c’est bon, on a compris, il est méchant ». Je regrette aussi que Marias, esclave amoureuse et rare femme du casting, soit si peu intéressante au final, y’avait quelque chose à faire mais ça tombe un peu à plat.

L’univers est toujours très finement ciselé, on creuse un peu plus les équilibres entre les nobles de Darien avec leurs pierres et leurs artefacts magiques qui vont servir encore une fois à défendre la cité. L’arrivée progressive d’armes à feu pose plein de questions aux dirigeants, qui se demandent bien si tout ça va pas leur exploser à la figure (métaphoriquement, ou pas). On apporte plus d’enjeux en découvrant des capacités insoupçonnées de ces pierres de pouvoir, ce qui ne manquera pas de foutre le bordel un peu partout. Et on découvre la plaine grise qui sert d’au-delà. C.F. Iggulden assume pleinement l’influence et l’hommage à David Gemmell à travers ces points et on retrouve aussi quelques influences dans les personnages et leurs enjeux.

Mais ce qui est un peu plus gênant pour moi, c’est le côté basique de l’histoire de ce second tome. Au final, il se contente de faire converger plusieurs groupes de personnages au même endroit de manière très très linéaire, pour faire une méga-grosse baston sur les 100 dernières pages. J’ai espéré tout le long de ma lecture un peu d’imprévu, mais non, ça file tout droit, c’est prévisible. Mais attention, moi j’adore les grosses bastons, et de ce côté-là l’attente vaut bien le coup puisque le dernier tiers/quart du livre c’est du gros n’importe quoi badaboum extrêmement jouissif. C’est Avengers ou Dragon Ball Z avec des pierres de pouvoirs, des armures magiques et des maitres samouraïs. Ça t’envoie valdinguer à l’autre bout de la rue d’une pichenette. Et tu arrives enfin à quelques développements de personnages intéressants. Donc oui, ça vaut bien la peine d’aller au bout.

Shiang est un second tome qui ressemble beaucoup à un tome d’introduction, bizarrement. Il met du temps à se mettre en place, peine un peu à caractériser un méchant intéressant, mais arrive à exploser dans sa dernière ligne droite, à redonner du souffle et du caractère à ses héros dans une séquence d’action mémorable. Et malgré tout, on se rend compte qu’on s’est attaché à ce petit monde. Donc t’as quand même envie de lire la suite pour connaitre le destin des protagonistes dans le troisième tome (Le saint des lames) qui arrive… Oh shit, la semaine prochaine !  Mais laissez-nous respirer, Ho ! Ouais, non, jamais contents ces blogueurs.

Lire aussi l’avis de : Apophis (Le culte d’Apophis),

8 réponses

  1. (merci pour le lien)

    On est d’accord, la bataille finale claque et on reste accroché au cycle. Super critique 😉

    Ouais, c’est clair que là, entre les sorties en français et celles en VO, on va être bien occupés en 2020. Dans mon programme de lecture, j’identifie en bleu les nouveautés intéressantes : c’est simple, il y a du bleu par-tout. Blue, blue, overblue.

    • Merci !
      Oui, avec la PAL que j’ai je devrais avoir de la lecture pour deux ans sans rien acheter, mais ce qui sort ces prochains mois, ça va dépoter.

      J’ai pour le moment 16 achats prévus sur le premier semestre, et en VO j’ai même pas creusé, juste mis le Gwynne et le prochain De Castell

Répondre à Apophis Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.