Les douze rois de Sharakhaï, du sable dans les chaussettes

Les nouvelles séries s’enchainent mais ne se ressemblent pas forcément chez Bragelonne. Leur blockbuster fantasy de l’été 2016 est la première sortie française de Bradley P. Beaulieu, Les douze rois de Sharakhaï, premier tome de sa nouvelle série The song of Shattered Sands.

sharakhaiSharakhaï est une grande cité plantée au milieu du désert, ambiance orientale à fond les ballons, marché aux épices, chaleur étouffante, mini-aladdins qui cavalent en sarouel pour chiper des bourses, etc… La ville est dirigée depuis des siècles par les douze super-rois qui ont repoussé les attaques des nomades avec leurs super-pouvoirs divins, mais ils sont pas super-sympas quand même. Le roman nous fera suivre Çeda, une jeune femme qui joue les Maximus dans les arènes de la ville pour se défouler, et qui a une dent contre les douze rois. Elle cherche sa vengeance depuis des années et fera tout pour découvrir leurs secrets, et surtout leurs points faibles.

Nous avons là un monde développé dans une ambiance orientale qui nous change des sempiternels univers médiévaux à l’occidentale qui sont tellement utilisés dans le genre, et ça fait beaucoup de bien. D’autant plus que l’ambiance, justement, est un des points forts du roman. Bradley P. Beaulieu pose son univers avec beaucoup de soin et s’applique a rendre l’environnement de Sharakhaï immersif. Il décrit les odeurs, les sons, les lumières, les différents quartiers et leurs habitants, le lecteur plonge dans la cité du désert et en découvre la magie.

Mais on n’est pas là pour jouer les touristes non plus, on a une intrigue à découvrir et de ce point de vue là également, le roman réussit son coup. L’histoire de Çeda mêle habilement ses enjeux personnels, la mythologie de cet univers et les rouages du pouvoir de ces rois cruels. A travers sa quête personnelle, le roman déploie une trame relativement complexe dans laquelle son héroïne devra se retrouver, nous livrant petit à petit ses secrets. La jeune femme plonge dans ses propres origines mais aussi dans les mythes fondateurs de la cité pour en trier le vrai du faux et découvrir qui sont vraiment ces rois, avec leurs cruels serviteurs les Asirim et leurs troupes d’élite, les vierges du Sabre.

sharakhaivoLa mise en place de son intrigue permet à l’auteur d’aborder de nombreux thèmes, les douze rois semblent cruels mais protègent la grande cité contre les envahisseurs qui veulent réduire Sharakhaï en poussière. Les rois ne sont pas de simples tyrans mais ont une position beaucoup plus complexe, leur histoire (qu’il serait dommage de révéler ici) permet de nuancer encore une fois les choses, ça enrichit encore cet univers. La découverte progressive de tous les mystères de Sharakhaï, en particulier ces mystérieux rois, permet aux lecteurs de ne jamais s’ennuyer. Les révélations sont intéressantes, bien amenées et assez bien disséminées pour tenir le rythme sur la longueur.

L’aventure nous fait croiser un certain nombre d’autres personnages pas si faciles à cerner, j’ai été ravi de me laisser surprendre par les relations entre tout ce petit monde. D’habitude (et surtout quand on a une héroïne, tristement…), on identifie assez vite les schémas classiques comme le « petit copain potentiel », la « figure paternelle » ou le « meilleur ami ». Bradley P. Beaulieu nous fait le plaisir de ne pas tomber dans ces facilités, on a donc une galerie de personnages bien plus complexe et, par conséquence, une héroïne beaucoup plus intéressante à suivre. Certes elle fait parfois des choix un peu bizarres et son « plan » parait foutrement hasardeux dans la seconde moitié du roman, mais malgré tout elle arrive à nous garder accroché à notre lecture.

C’est donc une lecture très prenante que nous livre l’auteur, vous l’aurez compris, j’ai vraiment aimé ce roman qui mêle un univers dépaysant, des personnages fouillés et une intrigue… Euh… Intrigante et complexe… Et Bradley P. Beaulieu ne compte pas laisser Çeda dans son coin puisqu’il a déjà sorti en VO une préquelle racontant sa jeunesse, intitulée Of sand and malice made, et il me tarde de lire ça (certainement encore chez Bragelonne ?).

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5 réponses

  1. C’est la deuxième critique que je lis qui me donne l’eau à la bouche. Je l’ai dans ma PAL, et j’ai du coup de bons espoirs de me régaler. L’univers oriental me tente énormément et ce sera un bon dépaysement effectivement.

  2. En voilà une critique qui donne envie ! Entre 2 Damasio (découvert récemment, suis soufflée 🙂 ça devrait être pas mal… J’en profite pour te remercier de tes chroniques qui sont ben intéressantes et qui augurent toujours de bons moments littéraires.

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