The hunger of the gods, Chain breaker

The hunger of the gods est le second tome de la trilogie The bloodsworn, par John Gwynne

Chaque sortie d’un roman de John Gwynne est une petite fête dans ma tanière, alors imaginez ce que ça donne quand, en plus, je reçois le bouquin en avance par l’intermédiaire de Netgalley ! Oui, j’ai déjà pu lire The hunger of the gods, second tome de The Bloodsworn, qui sort le 14 avril. Aiguisez vos haches, et n’oubliez pas vos capes, on part vers le nord.

Comme d’habitude, on va essayer de rester un peu vague dans la chronique d’une suite mais ça va quand même dévoiler quelques petits trucs du tome 1, soyez prévenus. Dans ce second tome nous retrouvons Orka qui est toujours sur la trace de son fils kidnappé, et qui va croiser le chemin des Bloodsworns, eux aussi à la poursuite des rustres qui ont enlevé une des leurs. Le kidnapping c’est un sport national à Vigrið. Mais pendant ce temps, les Battle-grim se remettent de leur combat titanesque et de leurs pertes, maintenant il va falloir trouver un moyen de résister aux grandes puissances qui se réveillent.

On appréciera, dès les premières pages, le résumé détaillé du tome 1 sur plusieurs pages, ainsi que le récapitulatif des personnages et un glossaire qui définit les mots du patois viking qui traine dans le bouquin. Et tout ça c’est chouette, on se remémore avec émotion les grands évènements de The shadow of the gods, les combats, les trahisons, les amitiés… Et on y replonge avec joie ! Nous suivons toujours nos trois mêmes protagonistes : Orka, Elvar et Varg, chacun dans leur bande qui sillonnent le continent dans tous les sens alors que les Raven Feeders foutent le bordel partout. Mais seigneur Gwynne nous offre aussi deux nouveaux points de vue qui penchent plutôt du côté obscur de la force, on découvrira ainsi que les méchants ont quelques divergences également.

Le changement d’échelle et de perspective qui a clôturé le tome précédent a lancé une histoire où les humains sont de petits machins qui fourmillent sur ce pays glacé, insignifiants devant les puissances qu’ils ont réveillées, et c’est le sentiment qu’on a pendant The hunger of the gods. On a beaucoup de voyage, puisque chaque bande va suivre son chemin, poursuivre une cible ou un objectif. Les Battle-grim poursuivent les Raven feeders, les bloodsworns vont nous emmener vers le sud où nous découvriront d’autres peuples, tandis qu’Orka et Lif suivent les pistes qui les mèneront peut-être à Breca. Les trajectoires de tout ce petit monde se croiseront plusieurs fois, contrairement au roman précédent, et on se délecte des rencontres entre toutes ces fortes personnalités.

Le roman est donc une multi-course-poursuite, on se poursuit, on se traque, on se fuit, et on révèle petit à petit certains secrets ancestraux. On voit émerger deux camps distincts qui vont se regrouper même si chaque bande a un objectif à soi. Arrivé à la troisième saga de l’auteur, on commence à voir certains schémas, et la manière dont les pièces s’assemblent ressemble beaucoup à Valour ou globalement à Of blood and bone, par exemple. Mais attention, ce n’est pas pour me déplaire, d’autant plus que l’univers est tellement différent des Banished lands qu’on découvre plein de nouvelles choses. L’ambiance inspirée des cultures nordiques est très immersif, avec plein de petits détails sur les équipements, les coutumes, la culture en général. C’est très documenté et précis, et nous permet de savourer des moments de calme, d’immersion, quand on bichonne son matériel, ou on navigue entre deux moments épiques.

Mais oui, on est chez John Gwynne, et la série passe à un tout autre niveau en terme d’épique, de nouvelles forces se réveillent et se déchainent, les couvertures en disent assez long là-dessus. L’auteur a donné une dimension vertigineuse à son univers et propose des moment à couper le souffle, que ce soient de grandes batailles ou des duels sous tension, il accroche le lecteur avec une facilité déconcertante. Il y a bien sûr le talent d’immersion, la description des combats et la tension de l’action, le lecteur s’essouffle avec les guerriers derrière le mur de boucliers. Mais il réussit aussi parce qu’il a mis en place les personnages à la perfection et qu’on sent leurs enjeux personnels derrière chaque rencontre, chaque épreuve. Les drames et les victoires s’enchainent, les monstres dégueulasses et les humains perfides se dressent sur la route de nos héros, tout ça dans une construction magistrale où toutes les pièces bougent et se mettent en place, parfaitement ajustées.

Les personnages évoluent et grandissent, réalisent leur place dans tout ça et s’affirment. Les « tainted » se révèlent, ces humains qui descendent des dieux et ont des pouvoirs en lien avec leur héritage, et ça donne du relief aux différentes troupes et à leurs rapports de force. Orka ne change pas tellement mais on sent ce qui la pousse, c’est un boulet de canon lancé avec un objectif et qui va bourriner la gueule de tout ce qui se met sur son chemin. On a découvert son secret et on voit maintenant l’ombre de son passé dans ses rapports avec les autres. Varg est peut-être celui qui est le moins actif des trois, mais par son intermédiaire on vit au milieu des bloodsworn et on a le plaisir de les voir interagir, se battre et rire (Svik est toujours très drôle avec ses histoires et ses fromages). Elvar va se révéler dans ce tome et va beaucoup évoluer, après la claque qu’elle s’est prise dans le bouquin précédent ça se comprend. Là elle va vraiment s’affirmer et prendre les choses en main. Jusqu’au bout.

C’est difficile de vous donner un aperçu du roman sans trop en dire, il y a tellement de moments qu’on a envie de raconter, de personnages, de détails percutants, de passages drôles aussi, ET DES TRAGEDIES. Mais je vous invite à le découvrir vous-même, ou à attendre une traduction si vous ne lisez pas l’anglais. Seulement, pour ça il faudra faire un triomphe à Malice qui sort chez Leha en Septembre, comme ça l’auteur deviendra incontournable et on aura tous ses bouquins en VF. Ouais, on croise les doigts et on fait du bruit !

Roman reçu en service presse via Netgalley et Little Brown Book (Orbit), merci à eux. Mais ça m’empêche pas d’attendre mon édition limitée Goldsboro avec impatience, hein…

Couverture : illustration de Marcus Whinney et design de Bekki Guyatt
Editeur : Orbit
Nombre de pages : 656
Prix : 20£ (relié) / 10,99£ (numérique)

6 réponses

  1. C’est marrant parce que j’essaye au possible d’éviter les avis trop précis sur les seconds tomes pour ne pas me faire spoiler Mais malgré tout c’est difficile de passer à coté tellement cette série est populaire et qu’on voit poper des avis de partout xD
    D’après ce que j’ai vu rapidement passer certaines personnes sont un peu moins enthousiastes sur ce second tome, en comparaison du premier je parle, tu confirme ou pas du tout?

    • Ils ont arrosé tous les chroniqueurs de SP je crois XD
      Personnellement j’en ai pas trop lu avant ma lecture, mais je comprends la critique de Petrik. Le bouquin est essentiellement 4 groupes qui se courent après dans tous les sens, ça ressemble à un benny Hill géant, mais au fond ça m’a pas dérangé.
      Je préfère personnellement le 2, comme à chaque fois chez Gwynne, y’a pas toute l’introduction qui est un peu laborieuse des premiers tomes.

      • Ce qui me paraît triste surtout c’est le mutisme dont lequel s’est enfermé John Gwynne depuis le triste événement. J’espère qu’il va revenir vraiment un jour…
        Sinon comme d’habitude j’attends la trilogie en entier je préfère lire ainsi .

        • Pour l’instant il reste loin des réseaux sociaux, ça se comprend, ça fait moins d’un an. Ses fils sont revenus un petit peu depuis quelques mois sur twitter, mais faut du temps. Il a du reprendre le boulot par ailleurs quand même, c’est juste qu’il reste loin des projecteurs. Qu’il prenne le temps qu’il faut.

  2. ô joie en lisant en diagonale ta critique de ce tome 2 et de découvrir que les éditions Leha font le pari John Gwynne ! C’est avec cette série « The bloodsworne » que j’ai connu l’auteur mais sa série « The faithful and the fallen » me tente bien également ! On croise les doigts pour qu’ils traduisent l’ensemble de son oeuvre car j’hésite encore à lire en anglais !^^

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