L’ombre des arches, Tourisme et trahison

Un an après l’arrivée des Mondes-miroirs chez Mnémos, Elsy et Élodianne reviennent pour une suite avec L’ombre des arches (qui ne dit pas très clairement que c’est une suite, mais c’est une suite…). Cette fois-ci, Vincent Mondiot est seul à bord côté écriture, Raphaël Lafarge ayant quitté le navire en laissant les commandes à son comparse. Mais copain Matthieu Leveder est toujours dans le coin pour les brainstorming et les illustrations intérieures. La couverture est réalisée par Qistina Khalidah, et devinez quoi ? Elle est sublime. Oui, je sais, ça surprend personne.

On retrouve Elsy un an après les attentats du tome précédent, son agence de mercenaires a pris un peu de galon et ils sont même sortis des quartiers ouest dégueulasses. Son amie Élodianne a passé l’année à étudier les possibilités d’avancées en magie miroitiste permises par les expérimentation des frappadingues de Teliam Vore, et voilà qu’on l’envoie en mission dans la province d’Aurterre pour présenter ces petites révolutions. Et qui c’est qu’on engage pour assurer la protection de la mage ? Elsy Valnitier bien sûr ! Évidemment, ce qui n’était qu’une mission diplomatique va partir en cacahouètes et nos deux héroïnes vont se retrouver embarquées dans une sombre histoire de trahison indépendantiste.

Le scénario de ce second roman est une jolie excuse pour nous faire voyager : Elsy et Élodianne vont parcourir les provinces de l’état des arches en tant que prisonnières d’un commando, qui doit se faufiler tranquillement pour atteindre tous ces petits pays. Évidemment, il va y avoir pas mal de bastons, tout le monde va vouloir empêcher l’autre d’atteindre son but, Elsy va ouvrir sa grande gueule à la moindre occasion, et on en redemande ! Vincent Mondiot envoie toujours du dialogue « cheesy-bourrin » très rigolo et ici bien mieux équilibré que dans les mondes-miroirs (un petit défaut que j’avais noté mais qui est ici absent). On a une synergie qui se met en place entre nos deux protagonistes et le reste du groupe avec lequel elles voyagent. On apprend à connaitre un peu tout le monde et à apprécier ce petit commando qui patauge dans la merde diplomatique.

Mais on ne voyage pas que pour voir des jolis paysages et des cités différentes (y’a de ça, et c’est déjà cool). L’ombre des arches va nous donner une vision assez claire de la politique de cet univers grâce à son intrigue brillamment mise en place. Les rapports de force et de dépendance entre Mirinèce, Aurterre, Atépéha, etc… sont amenés très subtilement, et à la fin de la lecture on a l’impression d’avoir lu une aventure de bourrins pleine d’action, et on réalise qu’on a vraiment une vision nouvelle et complète de tout cet univers. On a même pu explorer un peu plus la tragédie de Lauffrieu, la mythologie de l’univers avec les Titans, les spécificités des arches, tout plein de choses intéressantes.

On explore également la magie qui s’apparente souvent à de la science, on fait des découvertes, on expérimente, on explique. Élodianne a fait des avancées surprenantes dans sa discipline de magie miroitiste et le roman nous en expose les tenants et les aboutissants, nous glisse quelques subtilités pour lui donner du corps, et place le tout dans un contexte, avec ses enjeux et ses dangers. Il y a vraiment une cohérence d’ensemble qui donne une personnalité et une solidité à l’univers de cette série. La fin de ce second roman nous amène en plus à une situation qui promet de nouvelles aventures explosives qu’on a bien hâte de découvrir.

L’ombre des arches est une suite solide aux Mondes-miroirs, il approfondit l’univers et les personnages, nous raconte une histoire fun et entrainante tout en donnant du corps à son univers. Il se permet d’être plus équilibré et efficace que son prédécesseur tout en gardant ce même esprit qui le démarque des autres séries fantasy. En gros, c’est d’la bonne came, foncez.

Lire aussi l’avis de : Les chroniques du chroniqueur, Fantasy à la carte,

Roman reçu en Service Presse de la part de Mnémos, merci à eux.

7 réponses

  1. Comme c’est étonnant, Mnémos qui n’indique pas clairement la tomaison, je suis vraiment abasourdi, quelle surprise. Hum.
    Ça donne malgré tout envie de découvrir cet univers, faudrait vraiment que je me penche sur le premier volume.

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