Bayuk, Les enfants perdus

Le jour où j’ai publié ma participation au tag des autrices incontournables, j’ai eu la bonne idée de citer Justine Niogret dedans. Et à la minute où j’ai publié l’article sur mon blog, Bayuk est tombé du ciel, directement sur mes genoux. Non j’exagère un peu, il est arrivé par la poste quelques jours après avoir reçu une proposition de SP, mais raconté comme ça c’est quand même plus drôle.

Bayuk, de Justine Niogret, donc, raconte le parcours de la jeune Toma qui a grandi dans le petit hameau de Coq-Fondu, entouré de marais et de pas grand-chose d’autre. Depuis toute petite elle attend le retour de sa mère pirate, la célèbre Capitaine écarlate qui doit venir la chercher et l’emmener dans ses aventures, et en attendant, ses voisins s’occupent plus ou moins d’elle comme une (pas si) grande famille. Mais voilà qu’une petite vieille mourante débarque sur le pas de la porte de Toma et décide de maudire la petite pour les crimes de sa mère. Elle devra partir sur les traces de la pirate, accompagnée de Boone et Roi-Crocodile l’initiée vaudou, pour découvrir la vérité derrière la légende et lever la malédiction.

Avec Bayuk, on retrouve une Justine Niogret en pleine forme, elle nous dépeint un univers mêlant piraterie et magie vaudou avec beaucoup de finesse et une plume toujours aussi envoutante. On lève un peu le pied sur les atmosphères sombres et dures pour une lecture plus adolescente mais ça fonctionne extrêmement bien. Entre le prologue malicieux, les noms des personnages et des lieux, y’a un côté ludique et espiègle dans cette lecture qui rappelle parfois Moi, Peter Pan par certains côtés. L’autrice réussit parfaitement à adapter son écriture à un plus jeune public tout en gardant ce qui en fait la force, elle n’a pas adopté un style neutre et direct sous prétexte qu’on s’adresse à des adolescents comme on pourrait s’y attendre, non, elle garde sa plume si caractéristique et son style fort mais elle joue avec, pour nous offrir quelque-chose de nouveau et merveilleux.

L’histoire est assez directe, on suit une quête initiatique en quelques étapes formatrices où Toma sort pour la première fois du confort de son foyer pour affronter un monde tout de même assez cruel. Elle a grandi dans une toute petite communauté en se berçant d’histoires glorieuses sur sa mère qui va bientôt revenir la chercher, mais on va un peu la forcer à ouvrir les yeux dans une aventure qui va la faire basculer de l’enfance à l’âge adulte, où les actes ont des conséquences et les amis sont précieux. Le trio formé par Toma, Boone et Roi-crocodile fonctionne très bien car ils sont tous différents et embarquent là-dedans chacun pour des raisons précises. L’intrigue va nous dévoiler quelques secrets du passé pour tisser une trame cohérente et satisfaisante. Le seul reproche que j’aurai à formuler est une fin qui arrive un peu vite, on aurait aimé plus de péripéties avant d’arriver à la dernière partie qui débarque après une ellipse, on a une impression de manque, comme si on avait coupé un bout pour se propulser vers la conclusion, mais ça n’altère pas la qualité de ce qui est effectivement présent.

Bayuk explore le thème des relations familiales à travers Toma mais aussi avec Boone. Les deux ont connu l’emprise de l’adulte sous différentes formes, mais la manière dont l’autrice décrit la dépendance et la fascination d’un enfant face à un adulte toxique tape très juste. Toma le vit surtout dans sa tête, dans le fantasme qu’elle s’est fait de cette mère absente, mais Boone l’a vraiment vécu sous une forme différente qu’on ne révèlera pas ici. Cet aspect ajoute du fond à cette histoire, et lui donne une nouvelle dimension plus profonde qui m’a touché, tout en gardant le côté aventure, ce qui en fait un roman pour adolescent et adulte de grande qualité.

Abouti autant dans le fond que dans la forme, Toma vous entrainera à la poursuite d’un bateau pirate légendaire sur fond de malédiction vaudou. C’est un grand plaisir de découvrir Justine Niogret dans un registre un peu différent, elle ne perd rien de tout ce qui fait sa force et nous livre avec Bayuk une formidable aventure.

Roman reçu en Service Presse de la part de 404 éditions, merci à eux.

Couverture : Studio Twist
Éditeur : 404 éditions
Nombre de pages : 304
Date de parution : 25/05/2022
Prix : 16€ (broché) / 12,99€ (numérique)

7 réponses

  1. Déjà, avec « piraterie » et « vaudou » j’étais conquise, mais si en plus c’est aussi bien que tu le dis, je n’ai qu’une hâte : aller découvrir ça illico presto !

  2. Mais quelle folie que j’ai eue de m’abonner à ton blog, ma wish-list va encore exploser ! 😆

    Allez hop, je suis tentée (je suis faible, aussi, tiens en compte) et je l’ajoute ! Ce qui me fait penser que j’ai du Niogret dans ma PAL et que ça prend les poussières :/

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.