Une heure-lumière HS1, Sept anniversaires

Ces derniers mois j’ai développé un réflexe, dès qu’une nouvelle parution de la collection Une heure lumière est disponible à la précommande, je l’achète. C’était encore le cas pour les deux derniers bouquins, mais du coup j’me suis fait un peu avoir : Quelques jours après avoir reçu ma commande (toujours en avance parce qu’il dégainent vite chez Le bélial’), voilà que l’éditeur lance son opération « 2 Livres de la collection achetés = le Hors-série 1 exclusif offert ». Et je suis comme un con avec la collection complète et sans le hors-série. Bravo le veau.

Criant mon désarroi sur les plus hauts sommets de l’internet, j’ai été secouru par un héros des temps modernes, un saint parmi les hommes, un traducteur de l’extrême qui m’a gentiment envoyé le hors-série (dont il a traduit la nouvelle). Merci Pierre-Paul Durastanti, que les dieux remplissent ta chope des meilleures bières à tout jamais. Et oui, je t’en dois une aussi. Mais du coup, qu’est-ce qu’il y a donc dans ce hors-série ? Un édito d’Olivier Girard retraçant la création de la collec’, une belle interview d’Aurélien Police qui réalise les couvertures de tous les livres, un récap’ des parutions Une heure lumière, et surtout une histoire inédite de Ken Liu : Sept anniversaires. Si tu as suivi mes chroniques (L’homme qui mit fin à l’histoire, Le regard, La grâce des rois), tu sauras que je n’ai pas encore tout à fait adhéré au fan-club de Liu comme beaucoup de lecteurs. En sera-t-il autrement ici ? Suspense, suspense.

Sept anniversaires est découpé en sept chapitres racontant chacun un court moment d’un des anniversaires de Mia. On part du jour de ses sept ans pour arriver à « longtemps après » son 800 000e anniversaire. Oui, non, j’ai pas lu de travers, Ken Liu nous raconte en fait l’évolution de l’espèce humaine sur des millénaires en suivant le destin d’une femme et s’affranchissant de la mort par un procédé bien connu des fans de SF, la numérisation de la conscience. En une trentaine de pages, c’est clairement un voyage vertigineux qui nous embarque. On nous parle écologie, science, démographie, héritage, conquête spatiale, on assiste à un tour de roller-coaster sous speed qui nous propulse dans les étoiles avant qu’on ait le temps d’avaler son kebab. Le fait de condenser autant donne le vertige, le sense of wonder est clairement assuré, on referme l’ouvrage en se demandant si on a les pieds encore sur Terre.

Pourtant, j’avoue avoir une petite réserve. Oui, je râle encore, c’est mon blog je fais ce que je veux. Liu empile des thèmes et des concepts de manière très speed, mais du coup certains peuvent paraitre survolés, balancés au milieu pour le sport, à la limite du name-droping (oui bien sûr, le propulseur de Shkadov et le bidule de Dyson, évidemment…). Les férus de SF ont peut-être leur cerveau qui frétille d’excitation devant un tel étalage de mots compliqués mais pour moi qui suis plus novice, c’était un peu indigeste. Attention, ce n’est qu’une petite réserve qui ne gâche pas complètement la lecture, j’ai trouvé cette nouvelle tout de même passionnante, ne serait-ce que par le vertige qu’elle donne au lecteur, mais elle fonctionne sûrement mieux avec des vieux routards du genre.

Au final, ce hors-série est un beau geste de l’éditeur pour pousser sa collection déjà excellente, et envoyer ses fidèles se ruer dans leur librairie préférée (sauf quand tu habites à la campagne et que ta librairie est un peu pourrie). C’est évidemment un must-have pour ceux qui cherchent à avoir la collection complète comme moi avec un petit Ken Liu en cerise sur le gâteau, à moins que ce soit le gâteau sous la cerise. J’hésite.

Lire aussi l’avis de : Célindanaé (Au pays des cave trolls), Apophis (Le culte d’Apophis), Aelinel (La bibliothèque d’Aelinel), Lorhkan (Lorhkan et les mauvais genres), Dionysos (Le bibliocosme),

 

7 réponses

  1. Ah, j’avoue que je n’ai pas non accroché à cette novella hélas. Le côté name-dropping ne m’a pas dérangée outre mesure, mais ce texte s’est effacé de ma mémoire à peine lu :/

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