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Sequoia 1 : Évasion, Espace crime et botanique

Un beau jour d’été pas du tout étouffant, on m’a proposé le SP d’un bouquin dont j’avais pas du tout entendu parler avant : Séquoia de Stéphane Desienne publié par ActuSF dans une expérimentation de feuilletonnerie numérique. C’est donc un épisode 1 d’une petite centaine de pages qu’on a ici, intitulé évasion.

Floora Banks est interprète-botaniste à bord du Séquoia, ce qui ne veut pas dire qu’elle fait pousser des tomates en traduisant du Klingon. En fait Séquoia est un arbre-vaisseau vivant avec lequel seule Floora peut communiquer, grâce aux optimisations génétiques qui vont bien. Lors d’une escale, elle va être rappelée en urgence parce que son vaisseau est accusé de trafic de drogue : Le personnel de la station a détecté des traces de dope dans les machineries du vaisseau, ce qui montrerait qu’il a transporté et transformé lui-même la substance. S’il est reconnu coupable, Séquoia sera « démantelé » (et donc tué, oui). Y’a quand même des trucs un peu louche dans cette histoire, qui a monté ce coup ? L’équipage a-t-il été piégé ?

Séquoia est un début d’histoire intrigant et très bien mené. L’auteur rentre dans son sujet de manière percutante, c’est efficace, y’a du mystère, une énigme, des personnages dont on ne connait pas les motivations, et la petite course contre la montre de bon aloi. On approfondit pas des masses l’univers, on esquisse juste ce qu’il faut pour lancer l’affaire et j’avoue que ce n’est pas pour me déplaire. Si je ne suis pas un grand lecteur de SF, celle que j’apprécie est généralement la science-fiction badaboum efficace, on se perd pas dans des explications à outrance même si on n’échappe pas au bla-bla scientifique sans intérêt de temps en temps (je m’en fous que c’est de l’intrication quantique, ça, ça pourrait être des balles de ping-pong dans un bocal que ça change rien à l’histoire).

Floora est un personnage assez énigmatique, solitaire, un peu paria à cause de ses modifications génétiques, et quand on la met au pied du mur dans toute cette histoire elle va pas se laisser faire. Encore une fois, les personnages sont mis en place de manière super efficace, on creuse pas des masses, on place les pions juste là où il faut, on esquisse deux trois trucs et on lance la machine. Vu le format épisodique, ce premier épisode est la mise en place et le démarrage de l’intrigue, on termine sur un retournement de situation qui nous dit « là ça y’est, on démarre pour de vrai, rendez-vous dans l’épisode 2 ! ».

Mais l’épisode 2 arrive en décembre, et c’est peut-être là le défaut du bouquin qui… ne concerne pas le bouquin mais le format et les décisions éditoriales. Une aventure épisodique qui nous hype avec un chapitre introductif de moins de 100 pages et dont la suite arrive dans 5 mois ?! C’est un peu loin non ? J’ai peur que ça perde de son inertie, sans balancer un épisode toutes les deux semaines comme un Blackwater, un tous les 1 ou 2 mois serait quand même bien plus accrocheur pour ma capacité de concentration et ma mémoire. Autre détail, je ne savais pas combien il y aurait d’épisodes en tout, mais en lisant la critique du Maki on apprend que la série en aura 5, donc 5 épisodes à 7,99 € ça fait quand même 40 balles pour 500 pages en numérique, c’est osé comme tarif.

Démarrage pêchu pour cette saga qui promet de belles choses, c’est tout à fait le genre de SF divertissante que j’aime. Un univers parfaitement esquissé, un mystère mis en place, un danger immédiat et BOUM, ça fait des chocapics. J’espère juste que je me souviendrai de quelque-chose dans 5 mois pour lire la suite et que j’aurai envie de payer le prix d’un roman complet pour mon épisode de 100 pages.

Reçu en service presse de la part de l’éditeur ActuSF, merci à eux.

Lire aussi l’avis de : Les lectures du maki,

Couverture : Louise Alibert (illustration) et Zoé Laboret (graphisme)
Éditeur : ActuSF
Nombre de pages : 100 (à peu près ?)
Prix : 7,99€ (numérique)

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Cet article a 20 commentaires

  1. Le Scribouillard

    Belle couverture en tout cas.
    « Que ça perde de son inertie » ? Tu veux dire « que ça perde de son énergie », sans doute.

    1. L'ours inculte

      Euh, non, je voulais vraiment dire « perdre son inertie », perdre son élan quoi…

      1. Le Scribouillard

        C’est juste que le mot « inertie », ça m’évoque pas du tout « élan » ; et mon moteur de recherche me marque « manque d’activité, d’énergie » quand je le tape dans la barre de recherches (bon, après, je suis pas ingénieur, ni physicien…).

        1. L'ours inculte

          Pourtant dans le langage courant l’inertie veut dire grossièrement ça : l’élan. L’inertie d’une voiture agit contre le freinage, l’inertie thermique est la capacité à conserver la chaleur pendant un temps, etc…

          En physique, l’inertie c’est « sa tendance à conserver sa vitesse », grosso modo un objet qui ne bouge pas va demander de l’effort pour le faire bouger, et un objet lancé avec une vitesse va demander de l’effort pour le faire changer de trajectoire ou freiner.

          1. Le Scribouillard

            OK, j’ai dû trop écouter de cours d’arts plastiques où on y accorde pas tout à fait la même signification…

          2. L'ours inculte

            Alors madame est d’accord avec toi, mon utilisation de ce mot à pas l’air si compréhensible que ça dans le sens où je l’entend, ça doit être une déformation d’ingénieur, donc vais plutôt mettre « elan » XD

          3. Le Scribouillard

            Si ma tâtillonnerie va jusqu’à créer des débats au sein de votre couple, je crois que je vais arrêter de pinailler sur le vocabulaire ! 😉

  2. OmbreBones

    Dommage pour le tarif et le temps de publication, pour un format épisodique 5 mois c’est beaucoup trop quand tu organises une publication comme ça c’est pas déconnant de prévoir des délais plus serrés surtout que l’exemple Blackwater montre que ça fonctionne très bien. Quant au prix ça ne va vraiment pas non plus… Un coup dans l’eau à mes yeux alors que l’idée est top.

    1. L'ours inculte

      Oui c’est des choix étranges, on a déjà des exemples de publications numériques dans ce genre pourtant

  3. Fabien Lyraud

    C’est là qu’on regrette que personne n’a eu l’idée de lancer le light novel en France.

    1. L'ours inculte

      Ça ressemble a… des romans en série pondus à la chaine ? No regret donc

      1. Fabien Lyraud

        C’est l’équivalent littéraire du manga
        Des romans feuilletons. Il y a du bon et du mauvais.

        1. L'ours inculte

          Qu’est-ce qui est différent par rapport à une saga de fantasy ou d’urban ? Le rythme de parution ?

          1. Fabien Lyraud

            Ce sont des romans avec un nouvels opus tous les 2 mois et souvent comme dans les manga un grand nombre de volumes.

          2. L'ours inculte

            C’est un peu l’usine quoi, le monde du travail des auteurs est très différent par rapport à la France, faudrait vraiment bourriner pour tenir ce rythme (on sait comment bossent les japonais en studio)

  4. Brize

    Clairement trop cher … donc j’oublie !

  5. Apophis

    Infiniment trop cher (surtout pour du numérique), trop de délai entre deux épisodes, et le vaisseau-arbre / l’arbre de l’espace, les plus grands (Dan Simmons, Peter Hamilton, Larry Niven, etc.) l’ont déjà fait. Bref, rien à sauver.

    1. L'ours inculte

      Ça s’adresse peut-être pas aux vieux routards de la SF c’est sûr.

  6. Zina

    Il est dans ma PAL, j’ai hâte de le lire !

  7. Shaya

    Intéressant mais effectivement c’est dommage de n’avoir la suite que dans 5 mois ! A voir donc pour moi.