Le sorceleur 3 : Le sang des elfes, garde alternée

Allez, cette fois-ci on laisse pas trainer les séries 100 ans et on enchaine ! Après avoir terminé le second tome du Sorceleur au format « recueil de nouvelles », il est temps de rentrer dans le cœur de la meule avec Le sang des elfes, troisième tome de la saga mais premier roman.

Voilà, notre Geralt se retrouve avec une petite responsabilité en plus sur les bras, il doit s’occuper de la jeune Cirilla qui a survécu au massacre de Cintra. Il l’amène donc à Kaer Morhen, le domaine des sorceleurs, pour l’entrainer mais très vite Ciri va montrer des capacités très spéciales qui vont inquiéter les sorceleurs et réclamer l’aide de magiciennes. Et de femmes, parce que les hommes ça sait pas coudre, apparemment. En même temps, la rumeur de la survie de la princesse va attirer les regards de pas mal de monde vers Geralt, qui devra se défendre et défendre sa protégée. Alors que l’empire de Nilfgaard continue ses guerres de conquête et que la situation politique est bien bordélique, Ciri pourrait bien être une pièce maitresse dans l’avenir du monde.

Ce premier roman nous plonge dans ce qui sera la trame principale de la saga et arrive enfin à prendre du souffle. Pourtant il a tout l’air d’une grosse introduction parce qu’on a finalement beaucoup d’exposition ici, et fort peu de développement de cette intrigue. Il y a deux trames distinctes qui se développent : On va découvrir Kaer Morhen et les collègues sorceleurs en même temps que Ciri, son entrainement et quelques mésaventures qui tournent autour de la jeune fille et ensuite d’autres personnes plus compétentes vont venir aider Geralt. Mais on se prend aussi de bons gros blocs de déballage politique (surtout dans la deuxième moitié) qui posent les enjeux et le contexte, on nous expose la progression de l’invasion Nilfgaardienne, les alliances politiques, les forces en présence. Et c’est pas forcément fait de la plus digeste des manières. C’est bizarre du coup parce que t’arrives à la fin du roman et t’as l’impression qu’il a pas encore commencé, on t’a présenté le background, les personnages, on a fait quelques cabrioles pour t’occuper, tu refermes le bouquin et tu te demandes toujours quand est-ce que ça démarre.

Pour autant, est-ce qu’on s’ennuie ? Non, du tout, parce que l’univers est vraiment solide et les personnages intéressants à suivre. On a des dialogues marrants, de la tension qui s’installe doucement, on entre vraiment dans l’univers. Et je crois que voir la série avant m’a pas mal aidé à suivre parce que parfois c’est confus. La plume de l’auteur a toujours autant de panache et de personnalité, on mélange la tragédie et la comédie dans un beau numéro d’équilibriste qui met en valeurs les protagonistes. La classe de Geralt, sa relation avec Ciri, son passé avec Yennefer, les bourrinades des sorceleurs, on s’appuie beaucoup sur les personnages pour faire tenir le lecteur et ça fonctionne à peu près. Y’a juste l’introduction de Triss qui est un peu gâchée par un côté « midinette amoureuse » assez ridicule, rattrapé in extremis par un background dramatique lié à son trauma.

C’est marrant, j’ai beau analyser « froidement » ma lecture et je trouve au bouquin beaucoup de défauts mais j’en garde quand même une impression positive, une envie d’y revenir pour aller plus loin dans l’aventure. Le sang des elfes nous immerge dans cet univers, nous pose ses conflits et ses tensions avec l’empire de Nilfgaard, avec les races non-humaines qu’on a gentiment persécutées, avec notre ouitcheur qui est pas le plus populaire des gaillards. Y’a une vraie personnalité et beaucoup de promesses dans tout ça, malgré les lourdeurs, le rythme un peu foireux et un Geralt qui brille souvent par son absence, Andrzej Sapkowski pose ses petites briques une par une avec minutie, et on attend toujours le moment où il va venir exploser tout ça avec un gros marteau de guerre.

Ce premier roman Le sorceleur pose assez bien son univers et ses personnages pour qu’on apprécie la lecture et qu’on ait envie de continuer la série, et c’est déjà ça. Mais il a du mal à se suffire à lui-même, donc difficile de le juger de manière isolée, d’autant plus qu’il repose aussi beaucoup sur les deux recueils qui l’ont précédé. C’est la suite qui nous dira si ça valait vraiment le coup. Très bientôt donc.

Lire aussi l’avis de : Lorhkan (Lorhkan et les mauvais genres), Sometimes a book,

8 réponses

  1. Ah, ce cher Ouitcher 😀
    Ma lecture de ce premier tome « roman » remonte à bien trop longtemps, c’était un peu après la sortie du premier jeu sur PC. J’hésite à les relire parce que j’en garde un souvenir vraiment particulier mais en même temps l’envie de les analyser avec mon « oeil » plus mature me taraude.

  2. Je trouve que tu résumes bien : il y a des défauts mais on passe un très bon moment. Je m’étais enchaîné les tomes jusqu’à celui-là et j’ai calé au milieu du suivant. Trop de Ouitcher d’un coup sans doute . J’y reviendrai en espérant ne pas avoir tout oublié parce que l’univers et les perso restent très sympa.

  3. Pour un peu ça me donnerait presque envie de tenter ma chance. Mais je crains que le côté sexiste assez présent dans les jeux vidéos gêne ma lecture, maintenant que je l’ai repéré ça gâche un peu l’univers.

    • Honnêtement j’ai pas retrouvé de trucs aussi sexistes que dans les 2 premiers jeux pour le moment (qui ont des histoires originales pas écrites par l’auteur). Y’a quelques trucs un peu « vieux jeu » dans les bouquins, comme les sorceleurs bourrins pas foutus de s’occuper d’un enfant et qui ont besoin d’une femme qui sait coudre…

      Mais on est loin des cartes a collectionner de the witcher 1 quoi…

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