Le livre jaune, L’enfer dedans

Après du Pulp à roulettes et du Peter épatant, j’attendais ma prochaine incursion dans le cerveau de Michael Roch avec beaucoup d’impatience. Son petit dernier a été doublement édité chez Mü, avant et après leur mue, et nous voici donc avec Le livre jaune. Qui n’est plus jaune.

Dans ce petit roman, nous suivons un mystérieux pirate qui échoue sur les rivages de Carcosa. Il sait pas trop ce qu’il fout là, mais un aveugle fort débrouillard malgré son handicap le guide dans le dédale de la cité d’ailleurs. Ils s’en vont rencontrer le Roi en jaune, à la recherche d’une explication, à la recherche du passé, à la recherche d’un sens.

Le livre jaune est compliqué, à lire, à digérer et à chroniquer. La quête de ce protagoniste est un voyage surréaliste qui s’amuse à la fois avec les mots, avec les symboles, et beaucoup avec le lecteur. Il tient de la fable mythologique, du conte philosophique, de l’énigme géante. La rencontre avec le Roi en jaune va nous amener à explorer l’identité du héros et son passé, à travers l’évocation d’un amour perdu et d’une vie bien remplie. Mais Michael Roch joue avec nous dans ce grand petit puzzle géant, énigme déstabilisante et référencée jusqu’au trognon.

Mes pérégrinations sur internet m’apprennent effectivement que Le livre jaune brasse de la grosse référence, à un certain Roi en jaune, à un certain Dante, à un certain Lovecraft, autant de grands noms qui me passent au-dessus de la calvitie parce que je ne les connais que de nom, justement. Ce que j’ai gardé du Livre Jaune c’est une écriture ludique mais hermétique, un texte qui demande de lâcher prise et se laisser porter par la vague, quitte à boire la tasse. Et je crois que c’est ce qui m’est arrivé.

Le roman présente pourtant beaucoup de similitudes avec Moi, Peter Pan que j’avais adoré, dans l’écriture et dans le fond. Mais là où ce dernier brillait par sa malice, son espièglerie et sa beauté lumineuse, le Livre jaune touche à la mélancolie et au drame dans une toute autre ambiance. Ces deux bouquins sont deux facettes opposées d’une même pièce, l’ombre et la lumière d’un Michael Roch nouveau qui s’est propulsé à un tout autre niveau dans son art depuis les pulperies du regretté Walrus.

Mais j’ai finalement beaucoup moins accroché au Livre jaune, même si je reconnais toujours le talent de l’auteur dans ces pages, le sujet, le ton et l’ambiance ne m’ont pas touchés. Je me suis perdu dans les énigmes, les jeux et les symboles, je n’ai pas résonné avec le bouquin et je le regrette. Je n’utilise pas souvent de cette expression parce qu’elle m’apparait souvent comme une esquive gentillette pour dire qu’on à trouvé un roman pourri, mais là non, donc je vais le dire. « Je suis passé à côté de ce livre ».

Lire aussi l’avis de : Laird Fumble (Syndrome Quickson), Le chroniqueur (Les chroniques du chroniqueur), Blackwolf (Blog O Livre), Célindanaé (Au pays des cave trolls), FungiLumini (Livraisons Littéraires),

7 réponses

  1. J’avais beaucoup aimé Moi, Peter Pan mais j’avoue que celui-ci, par le manque de connaissances sur les références utilisées, me faisait peur. Tu confirmes un peu mes craintes et je passe donc mon tour…

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