Les gardiennes d’Aether 1 : Un héros improbable

C’est vraiment pas souvent que je lis des BDs, enfin j’en lisais beaucoup à une époque puis ça a diminué, diminué, diminué, jusqu’à devenir « Une ou deux par an, à peu près, et vraiment parce que des incontournables, hein ». Et là, c’est le cas, tremblement de terre, phénomène international qui débarque en librairie, New York Times best-seller aux USA… Non je déconne, c’est juste que Les gardiennes d’Aether est dessiné par un copain : ce bon vieux Jojo Aucomte. Ceci amène évidemment un gros disclaimer : Non je serai pas objectif. Enfin encore moins que d’habitude, quoi.

Le royaume de Valania est tout beau, les oiseaux chantent et les gens sont heureux. Sauf qu’un beau jour, des bestioles vraiment méchantes attaquent, ces cafards géants ont la peau dure, et le seul qui arrive à en trouer un est Aether, un serviteur du palais royal qui a trouvé une épée moche accrochée au mur. L’épée l’a choisi, elle ne fonctionne qu’avec lui, la princesse va donc devoir se le trimballer dans sa quête, qui réunira aussi une garde du palais, et une pirate un peu louche. Ensemble ils vont fuir, et essayer de sauver le pays en cherchant des alliés et un moyen de se défendre. A peu près.

Effectivement, dit comme ça, ce scénario ne brille pas par son originalité. Olivier Gay signe une histoire à première vue archi-classique de BD fantasy « à la Soleil », ou plus directement « à la Arleston ». Pas étonnant vu que c’est publié dans sa collection Drakoo. Mais vous voyez ce que je veux dire, de la fantasy steampunk très light, de la comédie, un groupe de héros un peu à côté de leurs pompes qui font beaucoup des grimaces. Donc effectivement, ça va pas renverser la table niveau profondeur et originalité de l’univers, mais… C’est pas vraiment le but. On va plutôt se focaliser sur le groupe de personnages, leur dynamique et leurs nombreuses lacunes.

La dynamique de « un héros maladroit et 3 jolies nanas » m’a fait très peur quand j’ai lu le pitch, craignant des clichés romantiques relous et un quadrilatère amoureux débile. Heureusement le scénariste s’en sort justement parce qu’il joue avec les attentes des lecteurs avec malice et humour. Le point principal c’est que quand on nous dit qu’Aether sert à rien, c’est qu’il sert vraiment à rien. C’est un benêt naïf qui comprend strictement que dalle, et ça donne lieu à des scènes de comédie vraiment débiles et amusantes. On s’amuse avec les clichés et les code de ce genre de BDs, mais on en esquive pas mal de pièges en donnant au quatre personnages principaux des personnalités funs et un jeu de relations ludique qui marche vraiment bien. Chacune des « gardiennes » a une personnalité et un but propre, et elles s’attachent au protagoniste un peu comme à un toutou rigolo qui fait pitié, à part une qui en est réellement amoureuse.

La BD est surtout réjouissante parce que les deux auteurs se sont très bien trouvés, l’humour d’Olivier Gay se marie avec le style de Jonathan Aucomte à merveille, ces scènes de comédie m’ont souvent fait rire justement parce que la mise en situation graphique de la « débilité » est poilante. On sent que les auteurs se sont bien marrés ensemble avec cette histoire. Avec un style très expressif, une utilisation de couleurs bien pétantes, un découpage super-efficace, la BD est très rafraichissante, fluide et agréable à lire. Bien sûr, comme souvent avec l’humour, tout cela sera fort subjectif.

J’avais pas lu de BD de ce genre depuis longtemps. Ce côté fantasy légère et loufoque très répandu y’a quelques années m’avait un peu saoulé, et j’ai plutôt plongé à corps perdu dans les romans. Pourtant ce retour à la BD m’a fait bien plaisir, outre le fait que c’est le boulot d’un copain que j’aime beaucoup, Les gardiennes d’Aether est très drôle et dépoussière (pour moi) un genre qui avait saturé le marché de la BD à l’époque où j’en étais très client. Et ça me fait penser que j’ai quelques romans d’Olivier Gay à lire, accessoirement.

Vous pouvez découvrir un extrait de la BD ici : Preview des Gardiennes d’Aether T1 (calameo.com)

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