Les dossiers Dresden 1 : Avis de tempête, Magie dure à cuire

Depuis le temps que je voulais tenter cette série, j’me lance enfin ! Les dossiers Dresden est une série encore en cours par Jim Butcher qui compte à ce jour 17 tomes et un recueil de nouvelles. Très appréciée en Anglophonie, la saga a apparemment un peu plus ramé chez nous puisque Bragelonne/Milady n’a édité que les 5 premiers, trouvables seulement en occasion ou dans « l’intégrale » (haha) numérique disponible en ce moment.

Dans Avis de tempête, nous faisons la connaissance de Harry Dresden, magicien qui galère un peu à rentabiliser son bureau de Détective privé unique ouvert à Chicago. Quand la police se retrouve avec un double meurtre qui pue la magie, elle fait appel à Harry qui va devoir jongler entre cette enquête, la disparition du mari d’une cliente, et une mafia pas très coopérative. Mais Harry a aussi un passé, et la confrérie l’a à l’œil, on ne fait pas n’importe quoi avec la magie.

Ce premier tome des dossiers Dresden est une transposition des archétypes du polar hard-boiled avec un assaisonnement Urban Fantasy, et on retrouve tout un paquet d’archétypes classico-clichés. Le détective qui rame à payer son loyer, la cliente « femme fatale » qui veut retrouver son mari, enquête qui dépasse le héros, l’ambiance générale est très référencée dans ce sous-genre policier et c’est très amusant. Mais il fallait bien ajouter la dose de surnaturel fantasy au bouillon et de ce côté-là on a aussi pas mal d’éléments rigolos avec un bestiaire varié, des règles qui gèrent le monde underground des magiciens dans un équilibre maintenu par l’ordre des « pseudo-templiers coincés du cul ».

J’ai beaucoup apprécié ma lecture, c’est extrêmement classique dans la forme mais ça fourmille de petites idées et d’éléments de world-building un peu lâchés à l’arrache dans la soupe, pour teaser le lecteur sur un monde plus vaste qu’on ne découvrira pas tout de suite. Et l’autre bon point de ce premier tome c’est le rythme, les évènements s’enchainent, les mystères se croisent et les coups de théâtre pleuvent, même si ils sont gros comme des paquebots. C’est vraiment une lecture-détente qui fonctionne à merveille, c’est bourré d’action et de bastons avec des grosses créatures improbables, entre deux scènes de mystère qui font un peu monter la pression.

Le héros est réussi parce qu’il a le set de compétence juste nécessaire pour son boulot, mais est souvent dépassé par les évènements. C’est un mélange de stratégie et de chance qui le tire d’affaire la plupart du temps, et ça fait un numéro d’équilibriste réussi entre le bad-ass et le loser magnifique qui fonctionne très bien. Harry Dresden est aussi narrateur, et il nous donne les clés de son univers petit à petit, tout en gardant quelques munitions sous le coude pour plus tard. Il a de l’humour et de la personnalité, ça donne un cachet amusant à un univers qui fourmille déjà de détails rigolos comme des fées bouffeurs de pizza ou un crâne possédé par un esprit pervers.

Son entourage est composé de beaucoup de femmes, et la référence old-school fait qu’on attend un défilé de clichés de films noirs entre femmes fatales et demoiselles en détresse. Y’a de ça, mais l’auteur s’en sort bien car il leur donne du caractère et des objectifs propres, joue avec nos attentes et ne fait pas tout tourner autour de leur charme dévastateur. Et le fait que le héros n’essaye pas de séduire tout le monde aide pas mal aussi, Harry est assez loser aussi dans sa vie sentimentale, et c’est amusant de le voir évoluer dans cette galerie de femmes indépendantes.

Démarrage réussi donc pour Les dossiers Dresden, une lecture détente agréable qui joue avec ses références, et quand tout le monde dit que le premier est le moins bon, ça donne envie de continuer (et on passera à la VO après le tome 5, mais on a l’habitude hein…). Bien sûr, j’attendrai de la suite un peu plus que ça, il ne faudrait pas que ça tourne en rond, mais vu la réputation de la série ça a l’air de bien décoller après.

Lire aussi l’avis de : Alfaric (Les portes du multivers), Sia (Encres et calames),

17 réponses

  1. J’avais lu une nouvelle de l’auteur dans cet univers dans l’anthologie « Dangerous Women » et j’avais bien accroché. Je n’avais pas vu qu’il était disponible en version poche, je vais surement me laisser tenter du coup, merci 🙂

      • Sais pas si tu connais la genèse de Codex Aléra?
        – un fan: Jim Butcher, vos romans ont du succès car vous partez avec un thème populaire. Vous ne seriez pas capables décrire un roman à succès si vous preniez un thème bidon.
        – Jim Butcher: j’y arriverais même si je devais combiner DEUX thèmes bidons
        – un fan: OK, les deux thèmes sont: « la légion romaine perdue » et « pokémon »
        – JIm Butcher: challenge accepté
        Ça a donné Codex Aléra

  2. J’avais lu le premier tome y’a une éternité, j’étais encore ado donc j’avoue que je ne m’en rappelle plus du tout mais j’avais pas poussé plus loin parce que j’attendais justement que Bragelonne traduise la suite vu que y’avait des rumeurs qu’ils n’allaient pas continuer. Déjà à ce moment là, y’a dix ans donc +-, ils étaient pas fiables là dessus

  3. Je me suis rendu compte que je n’avais pas réagis ici 😛
    Je suis contente que tu ai aimé. Je confirme que le premier est vraiment le moins bon. Le second est un peu au dessus, mais ça démarre vraiment au troisième pour moi (et ensuite ça ne fait que monter !).
    C’est vrai qu’au début c’est hyper classique mais j’ai vraiment aimé la façon dont l’auteur nous dévoile des éléments d’abord séparément, petit à petit au fil des tomes, pour les lier entre eux de façon qu’on imaginerais pas du tout 🙂

    • J’ai déjà les 5 premiers dans l’intégrale, et comme ça se lit vite je pense les faire dans l’année, on verra bien.
      Je vais aussi essayer d’autres UF cette année, en m’aidant de ton blog 🙂

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