Jennifer a disparu, Alien-nawak

D’un côté nous avons la hard-SF, le truc bien velu pour lecteur exigeant, scientifiquement documenté et pointu. Puis en face, on a les gros délires sans queue ni tête, on a Jennifer a disparu.

Cette novella pulp est la petite histoire-détente que s’est accordée Laurent Genefort pour la sympathique maison d’édition Walrus, spécialisée dans le déjanté (qui nous avait déjà servi un fort distrayant Mortal Derby X dont je parlais chez les copains du cri du troll). Il y raconte l’histoire d’un auteur de SF mis sur la touche depuis que les aliens ont débarqué pour de vrai sur notre bonne vieille Terre. Pour payer les factures, le bonhomme se met en tête de devenir détective privé… Pourquoi pas ? Y’a pas d’sot métier… Malheureusement les clients ne se bousculent pas à sa porte, jusqu’au jour où un E.T. ressemblant à un gros Totoro lui demande de l’aider à retrouver son compagnon Jennifer qui a mystérieusement disparu. Comme dans le titre, oui. On est donc parti pour une enquête qui se transforme vite en road-trip pouilleux en équipe, puisque notre enquêteur sera accompagné d’une fantastique équipe de losers aliens.

Sur ce récit, Laurent Genefort part à fond les ballons dans son délire, le ton est à la franche rigolade et l’auteur profite de son pitch absurde pour envoyer de la vanne au kilo. Tout est prétexte à digresser sur la SF, la littérature, la société en général à travers de bonnes grosses déconnades pas toujours vides de sens. Il tape aussi amicalement sur la culture contemporaine en multipliant les vannes à références, juste pour le fun. La trame de l’enquête apparait peut-être accessoire et un peu foutraque, mais il faut avouer qu’on s’amuse bien en lisant Jennifer a disparu. On s’amuse en suivant ce détective de la loose qui fait n’importe quoi pour un salaire dérisoire, mais bon, il était auteur, il a l’habitude (heum…). On s’amuse en découvrant les différentes races aliens, leur fonctionnement, leur place dans notre monde. On s’amuse simplement en lisant la plume réjouissante de l’auteur, qu’on imagine se fendre la poire tout seul en tapotant sur son clavier.

Jennifer a disparu est une petite friandise à lire en une fois, sa petite centaine de pages est parfaite pour ce genre de trip. Je pense que j’aurai décroché si ça avait été plus long parce que le bouquin en lui-même est une méta-blague dont l’histoire n’est que prétexte. Et comme le dit l’adage, les plus courtes sont les moins longues, ou un truc comme ça. Mais tel quel, la chose reste de fort bon goût.

Et allez voir le catalogue de Walrus, y’a de bonnes perles et c’est pas cher.

Lire aussi l’avis de : Joyeux Drille (appuyez sur la touche lecture), Geek librairie,

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