Les libraires gauchers de Londres, La marmite est pleine

En Mai dernier, Leha nous a sorti une petite surprise de son chapeau avec une jolie édition reliée pour Les libraires gauchers de Londres de Garth Nix. Avec un titre pareil, on ne peut qu’être intrigué par la proposition de l’auteur, mais qu’est-ce qui se cache sous cette belle couverture ?

Londres, 1983, Susan a quitté sa petite vie à la campagne pour rejoindre la capitale, poursuivre ses études, mais aussi retrouver son père qu’elle n’a jamais connu. Quand elle va poser des questions à un vieil ami de la famille, tout part un peu en vrille et elle va se retrouver embarquée dans une histoire rocambolesque avec Merlin, membre d’une famille de libraires qui font bien d’autres choses que de vendre des bouquins. En effet, ces libraires bizarres gèrent secrètement les intrusions du vieux monde magique avec celui des humains. Quand les créatures des légendes commencent à s’intéresser d’un peu trop près à Susan, Merlin ne va plus la lâcher jusqu’à ce qu’on élucide ces mystères.

J’ai beaucoup apprécié les protagonistes de ce roman, Susan la jeune fonceuse qui a pas froid aux yeux, Merlin le « libraire » foufou qui joue avec les genres en s’habillant autant en femme qu’en homme, sa sœur Viviane qui est beaucoup plus posée et pragmatique. Tout ça nous offre une belle dynamique qui permet d’avaler le roman en quelques jours sans déplaisir. Ils vont nous faire découvrir ce Londres magique qui évolue dans les coulisses, avec toute une mythologie, des gobelins farceurs aux grands anciens (pas) vénérables. C’est très riche, plein de petits détails amusants et loufoques qui s’empilent.

Pourtant je n’ai pas été totalement convaincu par ma lecture, on a une cargaison de gros clichés montés les uns sur les autres, la jeune campagnarde qui découvre le monde magique, le papa inconnu dont l’identité va évidemment cacher de grands secrets, l’ordre secret qui fait la police du bizarre… Mais ça à la limite c’est pas grave, je l’ai déjà dit, les clichés c’est pas des défauts. La manière de les agencer et de dérouler l’histoire oui, là ça peut. Je suis pas très fan des aventures où plein de trucs tombent sur la gueule des héros sans qu’on comprenne les enjeux. L’auteur brouille les pistes en allant à cent à l’heure, et chaque occasion d’expliquer clairement ce qui se passe est balayée d’une vanne ou d’une vague pirouette de Merlin. Dans l’ensemble c’est assez bancal, la mythologie est un amas de créatures sans grande cohérence, le but et l’organisation des librairies sont un peu vagues, c’est esquissé très grossièrement et pour le reste on laisse les lecteurs se débrouiller.

Susan navigue dans tout ça un peu à l’aveugle (un peu comme nous quoi), ça va vite. Heureusement tout se recentre dans le dernier acte et on arrive à quelque-chose d’un peu plus convaincant. Mais on réalise aussi que le titre Les libraires gauchers de Londres nous a vendu un peu du rêve. Au final le fait qu’il soient libraires importe pas vraiment (à part pour balancer deux trois références et passer dans une librairie, à un moment), et qu’ils soient gauchers importe encore moins. Si on avait fait Les plombiers aux yeux bleus de Belfast, ça aurait pas changé grand chose. C’est juste les Men in blacks du folklore celtique, que leur couverture soit une librairie ou une carrosserie on s’en fout un peu. Et c’est peut-être ça qui déçoit le plus. Le titre est un des gros points vendeurs du bouquin, et c’est un peu du vent.

Les libraires gauchers de Londres ne me laissera sûrement pas un souvenir impérissable. L’aventure était sympathique mais convenue, l’univers intrigant mais bordélique, le côté libraire aurait pu être mieux exploité, ou aurait pu être exploité tout court. C’est vraiment les personnages qui sauvent le tout, et surtout Merlin, parce que Merlin est génial.

Couverture : Leo Nickolls
Traduction : Florence Bury
Éditeur : Editions Leha
Nombre de pages : 584
Prix : 20€ (broché) / 25€ (relié)

8 réponses

  1. Hello^^

    Zut et zut, j’avais accroché sur le titre (accrocheur, comme il se doit), sur la couverture, le résumé, bref, je voulais le lire pour le Mois Anglais, je n’ai pas eu le temps, mais je pensais le reporter dans pas longtemps… En lisant ta chronique, j’ai pris une douche froide…

    Mais au moins, je sais que je ne dois rien attendre d’exceptionnel de ce roman, la chute sera moins dure et je vais me le garder pour une passe à vide, quand le cerveau est mou du genou 😉

  2. En effet, un titre accrocheur, un 4eme de couverture également et au final, une histoire qui fait plop. Je l’ai terminé car vraiment le livre n’est pas épais et par « acquis de conscience » mais en d’autre temps, je n’aurais pas fini cette lecture. En fait, tout se joue (pour moi) vers le milieu du livre, quand j’ai pris conscience que non, il n’y avait rien de plus mystérieux, de plus ambitieux derrière le scénario somme toute assez convenu. C’est même carrément une déception pour ma part.

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