Clairvoyants est le troisième et dernier tome de la série Le temps des cendres, par Rozenn Illiano
Après un tome 2 très marquant, une apocalypse apocalyptique et des BIIIIIIIIIIIIIP (c’est mon bip de spoiler ça), on pouvait se demander ce que nous réserverait le tome 3 du Temps des cendres. Si Tueurs d’anges était génial, Clairvoyants va sûrement décevoir un peu, c’est obligé, forcément, la génialitude est une espèce solitaire. On le sait… Ah… Non, apparemment je dis de la merde… C’est aussi bien, voire mieux.
Bon, attention, on va sûrement un peu spoil le tome précédent là : Le ciel s’est refermé, les anges sont repartis ou morts, l’univers est toujours là. Ouf, c’est pas passé loin. Mais maintenant Oxyde doit se reconstruire, retrouver ses marques dans un monde qu’il a fui pendant des mois, intégrer la communauté de Town en tant qu’outsider mystérieux et surtout retrouver Élias qui est pas super en forme. Les sacrifices ont été immenses, toute la communauté se relève mais on a oublié certains salauds qui trainaient encore dans le coin, apparemment les néphilistes ont pas fini de comploter.

On retrouve nos personnages après la fin des fameux 600 jours, qui réalisent difficilement qu’ils sont encore là. Rozenn Illiano nous propose, pour notre plus grand plaisir, un post-post-apo où les gens sont pas débiles et s’entraident au lieu de jouer à « la loi du plus connard » qu’on retrouve dans à peu près toutes les histoires du genre. Alors oui, on a quand même des pillards et des zones dangereuses, les méchants existent toujours, mais le gros des gens que l’on croisera essaie de s’organiser, de travailler ensemble pour se reconstruire une vie. Malgré les drames, les petits conflits et les tensions, c’est une bienveillance qui motive la plupart des persos. Et même les tensions viennent de la bienveillance, puisqu’Oxyde s’en veut d’avoir menti (pour sauver le monde), Nana emmerde tout le monde (pour veiller sur elleux), etc…
Justement cette galerie de personnages est toujours le gros point fort de la saga, et c’est un immense plaisir de les retrouver. L’autrice redonne le rôle central à un Oxyde qui se cherche, qui cherche sa place, son identité, et son but. Il s’en veut le choupinet, parce que son bro a souffert et souffre à cause de lui, tout comme Ana qui est à ses côtés. Une grosse partie du roman concernera simplement les évolutions des liens entre les personnages après ces énormes bouleversements, les secrets, les rancœurs, les culpabilités, l’amitié, l’amour, les non-dits qui rongent. C’est fascinant de voir tout ce petit monde se tourner autour, et chercher à se dire les choses pour avancer, chacun.e avec son caractère très affirmé qui peut amener de la friction. On suivra beaucoup Oxyde et Chester qui forme un duo archi-badass qui fonctionne extrêmement bien, mais tout le casting qui va évoluer en orbite d’eux est parfait et impressionnant de fluidité dans ses mécaniques et trajectoires.
L’arrivée de Cesca va bouleverser encore un peu les relations de la communauté et particulièrement Oxyde et Élias, j’en dirai pas plus mais la jeune femme s’impose directement au milieu de tous les autres et trouve sa place, tout comme Glenn qui arrive aussi pour enrichir encore plus l’ensemble. Mais évidemment, à un moment une intrigue va pointer le bout de son petit nez et des choses bizarres se trament, les esprits qui trainaient par centaines disparaissent mystérieusement, et certains enlèvements sont signalés. On va explorer un complot magique qui va faire monter la tension jusqu’à un final apocalyptique (Encore ?!). Toute l’ambiance de la dernière partie est captivante et oppressante et offre de l’inédit, ce Paris à la sauce Illiano apocalypse, quelle ambiance, c’est quelque chose.
Avec la trilogie Le temps des cendres, vu de loin on pourrait craindre une accumulation de clichés post-apo et d’éléments un peu classiques qui s’agrègent un peu n’importe comment (la fin du monde, la mythologie biblique, les anges, les sorciers…), ça ressemble à une soupe qui essaye de mélanger plein d’influences et aurait pu paraitre indigeste et ridicule. Mais c’est Rozenn Illiano derrière le clavier, et elle l’a murie, sa trilogie (qui est une réécriture de ses premiers romans, rappelons-le), elle y a apporté de la personnalité, de la cohésion, et sa magie. Si j’appréciai de découvrir l’univers impressionnant et un peu tentaculaire de l’autrice, c’est avec Le temps des cendres que j’y ai trouvé une des clés de voute, et surtout les personnages les plus enthousiasmants de tous ses romans. Enfin, jusqu’ici.
Roman reçu en Service Presse de la part de l’autrice Rozenn Illiano, que je remercie !
Lire aussi l’avis de : Snow (Bulle de livre), Dup (Book en stock), Laird Fumble (Le syndrome Quickson),
Couverture : Rozenn Illiano
Éditeur : Auto-édité
Nombre de pages : 624
Date de sortie : 28 Février 2025
Prix : 34€ (relié) / 22€ (broché) / 4,99€ (numérique)
Excellente chronique. Comme tu dis, c’est toujours un plaisir de relire Rozenn Illiano et les personnages de cette trilogie, les relations interpersonnelles, les questionnements et les cocktails d’émotions induits par la situation pour le moins exceptionnelle sont particulièrement réussis.
Merci ! Oui les personnages sont le point fort de cette trilogie