Les vieux fourneaux, la voix des âges

Si vous lisez mes chroniques merveilleuses avec dévouement et passion, vous vous souviendrez certainement que je vous ai déjà parlé de Wilfrid Lupano à propos de la BD Ma révérence… Et bien depuis, il a écrit presque une dizaine d’autres bouquins. Le bougre continue son parcours de scénariste avec un rythme de malade, ce type est une machine… à écrire… Machine à écrire… OK, la vanne est pourrie…

Non mais sans déconner, en deux ans il a écrit plus d’une dizaine de BD, j’arrive pas à suivre moi. Il aura fallu l’intervention providentielle d’un ami qui m’a foutu dans les mains les deux premiers tomes de la série Les vieux fourneaux pour que je découvre celle-ci, non pas que j’ai eu vraiment le choix, il m’a quasiment obligé (Merci Jojo)… Cette BD raconte les tribulations de Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires qui, au début de l’histoire, se retrouvent pour l’enterrement de Lucette, la femme du troisième larron. L’occasion pour ces trois copains de partir dans une virée rocambolesque accompagnée de Sophie, la petite-fille de Lucette enceinte jusqu’au cou.

Le dessin et la couleurs sont assurés par Paul Cauuet, qui avait déjà collaboré avec Lupano sur le très bon L’honneur des tzaroms mais cette fois-ci dans un univers plus réaliste, forcément. Il arrive à insuffler à ses personnages une énergie hallucinante (oui, pour des vieux, c’est un comble) et ils ont tous une personnalité très marquée, autant dans leurs traits que dans leurs caractères respectifs. Le duo arrive donc à une synergie quasi-parfaite sur ce projet, et nous livre un petit chef d’œuvre.

Le ton de la BD est à la fois joyeux et impertinent. Derrière une rafale de blagues, de jeux de mots et de situations grotesques, on nous parle de choc des générations, de vieillissement, de lutte ouvrière, d’amitié, de rêves et d’avenir à la fois. C’est finalement une chronique sociale qui tire dans tous les coins, mais vise juste dans chaque direction parce qu’elle parlera avec justesse à peu près à tout le monde (ben oui, on connait tous des vieux personnes âgées, et on a de fortes chances d’en devenir nous même un jour) sans pour autant faire dans le moralisateur.

La narration m’a fait penser à l’excellentissime BD de Cyril Pedrosa, Portugal, puisqu’ici elle a la même démarche, et surtout la même qualité : à travers des conversations banales, anodines, qui prêtent à sourire, la BD nous parle de grands sujets, l’air de rien, comme ça. Mais j’ai beaucoup ri en lisant Les vieux fourneaux, car c’est quand même une comédie avant tout, et une excellente. Les mésaventures du collectif « ni yeux ni maitres » resteront certainement dans les annales de la connerie joyeuse, sans parler du running gag sur la boulangerie dans le second tome.

Les Vieux fourneaux est une de ces BD qui font du bien, on sort de la lecture avec le sourire et de bonne humeur, ce qui est assurément un gage de qualité. Lisez-la, et le tome 3 sort dans moins d’un mois, et ça c’est encore une super nouvelle.

Lire aussi l’avis de : O. Vrignon (BDGest), Aub (Sceneario)

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4 réponses

  1. J’ai découvert « Le singe de Hartlepool » et « Un océan d’amour » cette année et j’ai adoré les deux. Celui-ci me tente bien du coup, merci pour la critique !

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