L’anti-magicien 3 : L’ensorceleuse, Ingénierie sans conscience

Voilà bien longtemps que j’avais laissé Kelen et ses compagnons. Après deux premiers tomes lus en VO (Spellslinger et Shadowblack), Gallimard a décidé de publier la série chez nous et a tenu un bon rythme donc j’ai attendu la VF pour reprendre la saga (et racheter les deux premiers), titrée L’anti-magicien chez nous. On replonge donc.

Kelen, Furia et Rakis (Kellen, Ferius et Reichis en VO) poursuivent leur quête pour débarrasser les différents royaumes de l’influence d’une conspiration Jan’tep, et ils débarquent cette fois-ci en Gitabrie, pays pacifique dont la culture tourne entièrement autour de la science et des inventions. Notre trio va évidemment se faire attaquer dès le début du roman parce que la tête de Kelen est toujours mise à prix par ses compatriotes. En arrivant à destination, ils vont tomber sur une exposition où le clou du spectacle est une invention révolutionnaire de la plus grande ingénieure du pays, invention inoffensive au premier abord mais qui va déchainer toute une cascade d’emmerdes et de complots pour tout le monde. Et c’est reparti pour un tour de piste avec ces protagonistes toujours aussi classes et marrants, et quelques guest-stars qui reviennent.

Sebastien De Castell opte pour une série où chaque tome représente une aventure complète, mais avec un fil rouge qui s’étoffe au fur et à mesure. Ici, l’histoire des inventeurs de Gitabrie est en soi très bien menée et équilibrée, même si on note quelques schémas récurrents avec le second tome. Pourtant, c’est tellement amusant qu’on plonge dedans sans se faire prier. Ce pays d’inventeurs permet évidemment d’aborder le fameux thème de la « science sans conscience » en plaçant les personnages au cœur d’une tempête de caca scientifique où tout le monde veut s’approprier une invention pour exploiter son potentiel de maléfiquitude presque insoupçonné. Les nouveaux personnages qui portent cette problématique, Janucha et sa famille, permettent d’explorer la thématique avec nuance et de manière touchante, mettant pas mal d’éléments humains et de drames dans la balance.

Mais le fun est toujours là, évidemment à travers les dialogues croustillants entre Rakis et Kelen qui s’amusent à prendre le lecteur à contre-pied avec humour, légèreté et  une petite dose de folie meurtrière dans le cas du chacureuil psychopathe. L’auteur déroule son histoire à un rythme implacable, un « tourne-page » sans temps mort avec son dosage précis d’action, de tension, d’humour et de retournements de situation improbables mais rigolos. On explore aussi avec grand plaisir un peu du passé de Furia grâce à l’arrivée de deux mystérieux personnages qui semblent bien la connaitre, et vont poser un dilemme à Kelen face à son mentor. La mythologie des Argosi est toujours fascinante. De Castell n’en finit plus d’étoffer son univers avec un sens du dosage et de la révélation assez chirurgical, on en apprend assez pour être satisfait mais on laisse un soupçon de mystère pour donner au lecteur toujours envie d’en avoir plus.

Que vous soyez ado ou pas, ne vous privez pas de cette série solide et drôle dont le ton léger rappellera un certain Gabriel Katz aux lecteurs français de fantasy. Le sixième et dernier tome sort cette année en VO et Gallimard tient un bon tempo puisque le quatrième roman devrait arriver pour la fin de l’été.

Lire aussi l’avis de : Phooka (Book en stock),

Les autres romans de la série : Tome 1, Tome 2,

9 réponses

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.