Les chroniques des crépusculaires, psychopathe-fantasy

Agone est l’héritier légitime du Baron de Rochronde, et voilà que son paternel claque. Mais Agone est un pacifiste et déteste son père, ce seigneur guerrier cruel et sanguinaire, il est donc décidé à renoncer à son héritage et poursuivre sa formation de professeur itinérant pour éduquer les pauvres campagnards. Mais le papa, dans son sadique testament, impose à son fils de passer 6 jours à l’école du Souffre-Jour et si au bout de ces 6 jours il veut toujours être un érudit crapahuteur, il sera libre de son choix.

Bien sûr il y va, je me demande toujours pourquoi d’ailleurs, ça puait le traquenard à plein nez mais bon, soit, le jeune Agone va dans cette école qui forme les hommes de l’ombre, assassins, espions, mages, joueur de banjo… Et c’est ainsi que débutent les aventures du héros le plus inconstant et absurde que j’ai jamais lu (oui je donne direct le ton). Car Agone, au début du livre, a des principes, il est jeune et idéaliste. Au bout d’une semaine, Agone tue quelques centaines de personnes pour une raison un peu capillotractée (« on me l’a demandé, c’est pas ma faute’). Il est devenu maître dans 2 arts majeurs différents dans ce petit laps de temps,  et se retrouve ainsi embarqué dans un complot qui ne le concerne pas vraiment.

Et voilà que débutent ses aventures rythmées comme un mauvais Zelda, le mini-baron gagne un nouveau pouvoir toutes les 50 pages, il apprend bougrement vite et surpasse les grands maîtres de chaque discipline en quelques semaines à chaque fois, on a vraiment l’impression que l’auteur essaye de remplir un arsenal de RPG, à la fin Agone a tellement d’objets et de pouvoirs qu’on se demande où il range tout ça. Mais le plus gênant c’est vraiment qu’il passe son temps à renier ses principes et à faire des trucs absurdes sans que le lecteur ne comprenne vraiment pourquoi, il tuera des innocents, trahira des amis, renoncera plusieurs fois à la ligne de conduite qu’il a choisi deux minutes plus tôt et passe d’érudit pacifiste à mage noir sanguinaire en 32 étapes peu ou pas justifiées et parfois complètement illogiques, c’est exténuant d’essayer de comprendre le bonhomme.

Mis à part ce héros complètement psychopathe, Mathieu Gaborit a construit un univers intéressant, un système de magie novateur et des problématiques complexes, l’imaginaire développé ici est vraiment très immersif. L’écriture est soignée et équilibrée, agréable à lire mais tout est plombé par ce héros auquel je n’ai pas cru une seule seconde. J’ai l’impression que l’auteur veux nous raconter  ces évènements et tord son héros dans tous les sens pour le faire rentrer dans son intrigue, au lieu de laisser la psychologie du personnage guider naturellement son comportement et voir où ça le conduit.

Pourtant le sieur Gaborit est couvert d’éloges sur beaucoup de critiques, encore un incontournable que j’ai largement contourné, peut-être que je replongerai dans son univers dans quelques années, quand j’aurai oublié pourquoi je n’en ai pas du tout envie là, maintenant, tout de suite…

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