Les caves de la maison blanche, Jack révolutionne

 Jack Reacher a vraiment pas de bol… Après un premier tome où il se retrouvait par hasard accusé de meurtre, le voilà qui se fait kidnapper par des inconnus en plein Chicago, simplement parce qu’il aidait une jeune femme à porter ses sacs ! Ça lui apprendra à être sympa.

Dans Les caves de la maison blanche, notre grand bourrin tenait la porte de la dite demoiselle quand badaboum, trois gars débarquent avec des flingues pour enlever cette dernière. Comme Jack trainait dans le coin et qu’ils savaient pas quoi en foutre, ils l’ont embarqué aussi, tout le monde dans la camionnette et c’est parti pour un road-trip vers l’inconnu. Le héros de Lee Child fait alors la connaissance de sa codétenue Holly Johnson, agent du FBI, et ensemble ils devront découvrir ce que leur veulent leurs ravisseurs. C’est le début d’une aventure dans le milieu des milices indépendantistes « stazuniennes » qui se prennent pour les nouveaux Abraham Lincoln. Jack et Holly vont se retrouver au milieu d’un complot qui se trame au fond de la forêt du Montana, sans soutien et sans issue possible.

On retrouve avec plaisir le personnage de Reacher, dinosaure échappé des films d’action des années 80, toujours bad-ass, sûr de lui, mortellement efficace et toujours un bon mot pour foutre en rogne les enfoirés. La seule différence est que la narration se fait à la troisième personne, contrairement au premier tome qui prenait le point de vue de son héros. On perd un peu en caractérisation mais même comme ça, y’a toujours le ton décalé propre à l’auteur et ça reste vraiment pêchu. On appréciera également que la femme de l’histoire soit un peu plus active que Roscoe dans Du fond de l’abîme, qui faisait vraiment potiche. Là on a une dynamique beaucoup plus équilibrée entre les deux héros, Holly efface son côté « demoiselle en détresse » à grands coups de pied au cul.

Le thème de fond sur ce second roman aborde donc ces milices révolutionnaires américaines, c’est assez flippant ces bande de rednecks sur-armés qui considèrent que leur gouvernement n’est pas à la hauteur et se sentent le droit de le renverser mais… A priori c’est un des principes fondateurs des USA et de leur indépendance, leur constitution se base sur ce « devoir » de renverser un gouvernement illégitime. Donc on peut dire que quelque part, ils l’ont un peu cherché, mais même si ceux-là sont de gros tarés extrémistes, certains de leurs arguments sont pas absurdes. Je sais pas si le propos de Lee Child est politique parce qu’il nuance pas vraiment le discours des méchants mais je me suis surpris à y repenser après coup.

Pour moi le problème de ce second tome est dans le rythme. Il est pourtant aussi gros que le premier mais parait beaucoup plus long car sa trame narrative est moins riche. On a une histoire de kidnapping et de complot assez directe, sans grand retournement de situation, du coup on a l’impression que l’auteur meuble. Le trajet de la camionnette vers leur destination m’a paru durer une éternité par exemple, alors que j’étais même pas à la moitié du bouquin. On a évidemment des passages d’anthologie qui marquent le lecteur (comme le concours de sniper ou la baston dans la grange, pour ceux qui savent…) mais au milieu y’a des grands vides, et le fait qu’on change maintenant de point de vue dilue encore la soupe. Malgré tout Lee Child garde cette ambiance « gros film d’action » très plaisante, qui donne toute son identité au personnage et à la série en général. L’auteur se démarque de toute la production estampillée « Thriller » de cette manière, et j’espère qu’il va continuer !

Comme le tome précédent, celui-ci est non réédité, trouvable seulement en occasion à des prix honteux. Du coup, encore une fois j’ai pris la version audio en VO qui se révèle très plaisante. Je regrette un petit peu que Dick Hill ait laissé sa place à Jonathan McClain. Ce dernier est pourtant très bon, mais on perd un peu ce timbre très particulier qu’avait le premier roman, avec son accent prononcé et sa voix plus rocailleuse qui collait très bien au décor de la Géorgie. Malgré ça, on a un narrateur vraiment bon dans l’ensemble, et c’est sans aucun regret qu’on restera avec lui sur la suite des aventures de Jack Reacher.

Ah, et oui, le titre en français (Les caves de la maison blanche) est complètement nul, on est d’accord il ne représente pas du tout le contenu du roman. Restez sur le titre VO : Die Trying, c’est tellement plus classe.

Autres romans de la série : Du fond de l’abîme (tome 1),

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