Honor Harrington 4 : Au champ du déshonneur, Repos forcé

Honor Harrington n’en finit plus d’être décorée et félicitée, bientôt son uniforme va peser 45 kilos avec toutes les médailles qu’elle se trimballe… Mais une telle collection de distinctions ne se constitue pas sans se faire quelques ennemis, et le plus hargneux de tous c’est certainement Pavel Young.

Dans Au champ du déshonneur, quatrième tome de la saga de David Weber, on aborde les conséquences de ce qui s’est passé dans Une guerre victorieuse et brève. Le comportement de Young lors de la dernière bataille va le mener devant une cour martiale avec une possible condamnation à mort. Honor est au milieu de tout ce bordel, ça va très vite devenir politique, et Dame Harrington déteeeeeeeste la politique. Oubliez les batailles navales-spatiales et la tension des « plus que 1 million de kilomètres à parcourir pour la torpille », ici on reste dans les bureaux, les tribunaux et… Les bars… Pour observer une petite pause dans la vie trépidante de commandant de vaisseau. Ou pas.

Le roman commence par une grosse phase de mise en place et résumé habile, pour se remettre dans le bain. Comme pour les autres tomes de la série, David Weber prend son temps pour vraiment démarrer son intrigue mais cette fois c’est encore plus long et un peu confus. Ça part vraiment dans la grosse politique avec les jeux d’influences des différents partis à la chambre des lords, l’opposition, la révolution en république de Havre, les pro ou anti-déclaration de guerre, etc… Honnêtement j’ai trouvé ça un peu chiant, lourd, et finalement dispensable. Heureusement on repasse de temps en temps sur une intrigue plus personnelle pour Honor, qui est un peu dépassée sur ce terrain-là (un peu comme moi en tant que lecteur).

L’histoire est un peu flottante, on a quand même une intrigue judiciaire avec quelques moments de tensions superbement bien rendus. Ça a l’avantage d’explorer les personnages « au repos », pour nous rapprocher du côté humain de Honor, Paul, et tout l’entourage qu’on a croisé en service dans les 3 premiers livres. C’est très appréciable et je pense que ça va avoir plus d’impact sur l’ensemble de la saga que sur ce tome seul qui sert de pivot à un plus grand ensemble (enfin j’en ai l’impression, à vérifier quand je lirai la suite). Mais quand même, malgré sa lenteur et sa relative lourdeur par moments, le roman arrive à toucher au but dans son dernier tiers grâce à un coup de théâtre qui explose à la face de tout le monde et nous secoue enfin ! Là on retrouve de la tension et de l’émotion, on laisse un peu le cérébral pour parler aux tripes, et ça fait du bien.

Tome de transition, d’approfondissement et de transformation, Au champ du déshonneur essaye manifestement de réorienter la série pour lui éviter de tomber dans une routine qui pourrait lui nuire sur la durée. Ça donne un roman un peu bancal en terme de rythme et d’équilibre, mais qui relance une héroïne transformée qu’on a hâte de retrouver dans la suite de la saga.

Lire aussi l’avis de : Lutin82 (Albédo), Fred (Lu et approuvé), Lianne (De livres en livres),

5 réponses

  1. C’est vrai que c’est un tome spécial qui marque un tournant !
    Personnellement j’avais beaucoup apprécié (même plus que les 3 précédents).
    (Mais c’est vrai aussi qu’on voit bien que l’auteur a eu un peu de mal sur certains points xD)

  2. J’ai une mauvaise nouvelle pour toi : l’aspect politique ne cesse de monter en puissance dans le cycle, et les tomes 9-10 sont, à cet égard, épouvantables. Heureusement, certains tomes maintiennent tout de même un intérêt certain.

    Concernant ce tome 4, c’est un de mes préférés du cycle, tout comme le suivant, mais plutôt pour l’aspect non-militaire, personnel, relatif à Honor. Sur l’aspect purement castagne, il est en effet léger.

    • C’est pas le politique en soi qui me dérange, mais la manière dont c’est fait. On nous balance dans les jeux de pouvoir entre les conservateurs, progressistes, libéraux, révolutionnaires, etc… sans vraiment nous expliquer le système politique à la base. Pour ceux qui sont calés en histoire et dans les systèmes anglo-saxons ça doit passer mais j’ai vraiment eu du mal à comprendre les enjeux. Sur les tomes suivants, si c’est un peu mieux mis en contexte ça serait cool.

  3. Je ne peux que te rejoindre sur ta critique. Je me suis maintenant faite aux longueurs et aux entrées assez tranquilles de Weber. Du coup, je le ressens sans doute moins maintenant.
    C’est un peu comme avec Sanderson, ou même Hamilton, je sais que les auteurs vont broder sur l’univers, donner des détails, avoir quelques longueurs. Elles sont présentes comme marque de fabrique et je parviens à les aborder avec plus d’envie si je puis dire.
    EN revanche, c’est vrai qu’il me faut le dernier tiers pour être enchantée et penser que le roman est réussi.

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