Acacia, le trône de fer en moins rouillé

C’est marrant, j’me trimballe les deux premiers tomes d’Acacia depuis pas mal d’années, un cadeau d’un proche sur le conseil d’un vendeur peu scrupuleux qui lui aurait sorti « s’il aime le trône de fer, il faut qu’il lise ça ». Homme de peu de foi, j’ai classé ça dans « mouais, baratin, j’le lirai quand j’aurai le temps, donc jamais ». Résultat, 4 ans plus tard, j’me retrouve à ouvrir le premier tome dans un moment d’égarement, j’ai pas fait exprès, j’vous jure…

Et donc, comme moi vous sentez bien venir la bouse vendue à base de name-dropping éhonté ? Et bien non, je peux donc affirmer qu’il existe un libraire qui sait de quoi il parle dans les sombres allées des magasins France Loisirs. Car effectivement, Acacia de David Anthony Durham se rapproche d’un Game of Thrones qui ne se serait pas noyé dans ses propres coups de théâtre à répétition et intrigues qui partent dans tous les sens. La guerre du Mein, le premier tome de la saga, conte l’histoire des quatre enfants du roi Leodan Akaran, père aimant et roi sage (de prime abord), qui vont se retrouver éparpillés aux 4 coins de l’empire après l’invasion des Meins, peuple « barbare » des contrées du nord.

On va suivre la chute de l’empire et l’exil des héritiers à travers un long livre dont la recette semble déjà connue, on a beaucoup de point communs avec la saga de Mister Martin au premier abord, tout est là, complots, trahisons, action, intrigues de cour, batailles, méchants qui viennent du froid avec des bestioles zarbi, chamanisme chelou… Mais là où le vieux George nous dépeint une histoire où tout le monde est plus ou moins un enfoiré (ce qui a son charme), Durham tape dans l’autre sens. Dans Acacia, aucun personnage ou presque n’est tout à fait pourri, il arrive à nous dévoiler et nous faire comprendre les motivations de chaque peuple, chaque personnage et tisse ainsi une intrigue solide où les rancœurs remontent à l’histoire lointaine mais où chacun à des motivations légitimes et bien exposées. Même Hanish Mein, leader de l’envahisseur sans pitié, se révèle plus complexe et nuancé.

A la sortie de ce premier tome très solide, on finit à la fois attaché aux personnages, proche d’eux, mais on a également une vision limpide des jeux de pouvoirs et des enjeux de chaque peuple et de chaque protagoniste et c’est là le gros point fort du roman : l’équilibre. Tout n’est pas follement original, certaines thématiques sont bien réchauffées, mais la cohérence de l’ensemble m’a surpris. Certains éléments et thèmes sont quand même traités avec originalité et justesse, comme l’esclavage, le commerce de drogue, la soumission des peuples et l’exercice du pouvoir.

En bref, si vous en avez marre d’attendre la suite du trône de fer, achetez donc Acacia, c’est aussi bien, et ça se traine pas depuis 15 ans.

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