The true bastards, Dare to survive

Il y a quelques années, Jonathan French a déboulé avec son The grey bastards, une aventure où les clubs de motards de Sons of Anarchy étaient transposés dans un monde fantasy avec des demi-orcs qui patrouillent à dos d’énormes cochons de guerre bad-ass. Auréolé du SPFBO 2017, le roman arrivait à dépasser le simple concept marrant pour devenir une vrai claque. Voilà que nous arrive aujourd’hui un second tome, The true bastards. En selle.

Une petite année a passé depuis les évènements de The grey bastards, c’est Fetching qui est passée chef mais le gang n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus de forteresse, plus de bouffe, plus d’eau, moins d’une dizaine de frères encore vivants et quelques jeunes « Slops » qui se rationnent et essayent de protéger les quelques habitants de Winsome. Ouais, ça va pas super, quoi. Ajoutez à ça une pourriture qui ronge Fetch de l’intérieur, une bande de hyènes immortelles qui se pointent, des humains qui commencent à trainer un peu trop dans le coin, et les autres clans qui méprisent les Bastards, tout ça va partir en vrille très très vite !

Oui, il se passe beaucoup de choses dans ce The true bastards, à tel point qu’on sait jamais trop où ça va partir, on lance une intrigue avec les humains, puis on revient, puis on lance une autre piste, puis on revient. Tout ça a une structure pour le moins décousue au premier abord, mais j’ai trouvé que ça collait bien avec le côté « bienvenue dans le burn-out de Fetch », il se passe des tonnes de trucs et elle doit assumer la responsabilité du leader et jongler avec tout ça. Les enjeux vont grimper petit à petit, et tout va converger vers des moments de tension extrêmement bien gérés. On va aussi (re)faire connaissance avec les demi-orcs de la bande de manière progressive et très efficace. A la fin du bouquin on est attachés à ces bourrins-là, Polecat, Hoodwink, Shed Snake et les autres forment une belle troupe qui prend vie et dont la dynamique marche très bien. Y’a des moments épiques avec le gang qui accrochent le lecteur, donnent des frissons sur un sauvetage inattendu ou une bravade désespérée.

Évidemment, l’univers de cette saga, comme l’univers de Sons of anarchy qui l’a inspiré, est profondément sexiste à la base. Les motards/demi-orcs qui sont dans les gangs sont tous des mecs et les femmes qui trainent là sont soit des prostituées soit les nurses de l’orphelinat. Ce petit « soucis » n’ayant pas été frontalement abordé dans le tome précédent à part via l’existence même de Fetching dans le clan (et l’origine de son nom), là on va y aller franchement. Une femme en leader de gang va déjà provoquer des réactions… variées… chez les autres chefs, jusqu’à l’affront ultime de Knob. Et une partie du plaisir de la lecture va venir du comportement de l’héroïne face à tout ça, au soutien de ses frères, mais ce n’est pas tout. On sent que Fetch elle-même a intégré malgré elle les travers de pensée de ce milieu, et va se remettre en question à travers trois nouvelles camarades de jeu qui débarquent à l’improviste. On a donc beaucoup plus de personnages féminins qui revendiquent leur place à grands coups de machette dans la gueule.

Jonathan French arrive ici a étendre son univers en nous faisant voyager, on va croiser les autres gangs des Lot lands, mais aussi assister à quelques tours de passe-passe politiques qui permettent de donner du corps au worldbuilding, notamment dans les relations des Hispartans avec les demi-orcs, les humains commence à vouloir remettre les pieds dans les terres désolées, et ils vont bouger quelques pions. On a aussi pas mal de points solidement établis à travers les relations entre les différentes races (humains, orcs, elfes) mais surtout avec les hybrides. Les demi-orcs n’ont pas tous le même cocktail sanguin et leurs différences vont amener encore plus de richesses (et de sales coups). Finalement, le seul petit souci que j’ai eu avec le roman est la « résolution » du problème Ruin. La manière dont la bande, et Fetch, règlent ça… J’ai fait « heiiin ? Qu’est-ce que quoi ? » et malgré les explications je comprends toujours pas bien la logique… Bon c’est pas très grave, ça reste méga-fun.

The true bastards est une suite qui fait honneur à la qualité du premier épisode, en plus dense. On y retrouve une aventure fun et violente, des personnages de gros durs-à-cuire extrêmement attachants et un univers très original. Tout ça déborde de coolitude.

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