The bone ships, Tell of the sea

The bone ships est le premier tome, en VO, de la trilogie Tide child par RJ Barker

L’auteur anglais RJ Barker ne m’avait pas spécialement emballé avec sa précédente trilogie publiée chez nous par Bragelonne, Le royaume blessé. J’avais d’ailleurs jamais lu le troisième tome car je suis un ours sans cœur. Pourtant, en suivant toujours l’auteur sur Twitter (je vous le conseille, c’est un rigolo) j’ai été intrigué par sa nouvelle série, et en plus Apophis y est allé de sa critique à peu près positive, alors il fallait le tenter.

Joron Twiner est un jeune noble condamné à servir sur le Tide Child, un de ces grands vaisseaux construits à partir d’os de Keyshans, des énormes dragons de mer. Mais le Tide Child est surtout un navire noir où l’on envoie les criminels, considérés alors comme voués à la mort de toutes façons. Joron est catapulté comme « shipwife » du vaisseau, le capitaine, mais comme il picole et n’est pas très compétent, il est très vite défié par la légendaire Lucky Meas qui va lui piquer le chapeau et lancer tout l’équipage dans une quête folle au delà des Cent îles.

L’intrigue de The bone ships apparait comme très classique pour quiconque a déjà vu un film ou lu un livre qui se passe dans ce cadre naval (Si vous n’avez jamais vu Master and Commander, vous devriez avoir honte). On a l’équipage de durs à cuire rebelles et bons à rien qui vont devoir apprendre à bosser ensemble sous la supervision d’une capitaine sévère mais compétente, pour affronter les dangers des mers. Avec des personnalités et des origines différentes, on va découvrir les membres principaux de cet équipage au fur et à mesure qu’ils sont recrutés (s’ils ne sont pas déjà là). Avec joron et Meas on aura des vieux de la vieilles et des jeunes, des traitres et des fidèles, et même un Guillame, une créature humanoïde à plumes capable de contrôler le vent, très pratique pour les manœuvres désespérées. Ils et elles se lanceront dans une quête qui se révèlera épique.

Le bouquin a été un vrai plaisir à lire, parce que la dynamique des personnages est extrêmement bien gérée, chacun a ses secrets, ses allégeances, ses défis. On les voit évoluer pour devenir un équipage à peu près compétent, classique mais toujours efficace quand on aime cet archétype narratif. Mais surtout, cette intrigue sert aussi à nous immerger dans ce monde, et là RJ Barker a fait très fort pour construire un univers original. Le monde de Tide Child a ses codes, son vocabulaire et ses cultures. On plonge dans un monde nouveau et on décode avec le contexte, on apprend les mots, les expressions et les coutumes sur le tas, au milieu de l’équipage, c’est dépaysant et tellement évocateur.

Le texte y va pas avec le dos de la cuillère avec un certain côté épique et grandiloquant. L’auteur n’a pas peur de mettre de l’emphase sur les mots et d’appuyer certains clichés, de frôler parfois la caricature… Mais ça fonctionne si on se laisse porter, on est sur le pont avec ses personnages, trempés et fiers du chemin accompli. La fantasy « navale » est assez rare pour qu’on ne boude pas son plaisir à naviguer sur ces navires d’os, avec un équipage de femmes et d’hommes de tous horizons. On notera d’ailleurs un effort de l’auteur à équilibrer féminin et masculin, à la fois dans le casting, mais aussi dans le vocabulaire en qualifiant par exemple l’ensemble de l’équipage de « women and men » là où dans la réalité on parle juste des « hommes » d’équipage. D’ailleurs le twist sémantique d’avoir des vaisseaux « masculins » et des capitaines qu’on appelle les « shipwife » (épouse de navire) est marrant aussi.

J’ai lu The bone ships au format audio, et c’est un des éléments très importants dans l’appréciation de ma lecture parce que Jude Owusu est tout bonnement incroyable. Sa voix donne vie à cet équipage multi-ethnique, avec différents accents et intonations, il met en avant la grandiloquence, la musicalité et le rythme de l’écriture de RJ Barker. Il y a des intonations et des phrases très caractéristiques, répétées par le narrateur, et qui restent en tête et marquent le petit lecteur que je suis pour longtemps. L’accent trainant du Guillame qui dit « Jorooon Twiiiiiner », la voix de Meas qui claque comme un fouet sur le pont du Tide Child, ou encore l’équipage qui lui répond en hurlant « Eyyyyy, Shipwife ».

The bone ships est donc une excellente aventure navale dans un univers fascinant, j’espère que les prochains tomes proposeront une intrigue plus complexe et originale et ça sera alors parfaitement parfait. En attendant, ne boudons pas notre plaisir, quelle belle découverte ça a été. On pourra espérer que Bragelonne suive l’auteur sur sa seconde trilogie ? Ah non c’est vrai, c’est Bragelonne…

Lire aussi l’avis de : Apophis (Le culte d’Apophis),

Couverture : Hannah Wood
Éditeur : Orbit
Nombre de pages : 496
Prix : 8,99 £ (broché)

3 réponses

  1. What will we do with a shipwife sailor?
    What will we do with a shipwife sailor?
    What will we do with a shipwife sailor?
    Early in the Boneship?

    Désolé pour cette digression trop tentante ! J’avais la musique en tête en lisant cette chronique qui donne bien envie de voguer avec ces braves matelots !

  2. (merci pour le lien)
    Tout à fait d’accord pour Master and Commander, c’est un de mes films préférés ! J’ai certains des romans de Patrick O’Brian en stock, il faudrait que je lise ça, car si c’est seulement à moitié aussi bon, ça promet d’être une excellente lecture.

    • J’ai essayé un roman de Patrick O’Brian après qu’on en ait parlé à propos de Honor Harrington mais c’est vrai que ça a prix un bon coup de vieux dans la prose, c’est old-school quoi XD

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