La lame noire, La dense danse du chevalier

Bon, à un moment il faut faire l’effort, il faut avancer les séries qu’on a déjà commencées, soyons sérieux. Tiens, j’avais lu Le chevalier rouge de Miles Cameron, c’était cool, je vais continuer avec sa suite La lame noire

Oh bordel j’avais oublié qu’il pondait des bouquins de plus de 900 pages !!!

Bon alors, où on en était déjà ? Ah oui, après la grosse baston de Lissen Carak, le monde sauvage a reculé pour laisser un peu nos petits humains respirer. Mais il faut pas s’inquiéter, les humains savent très bien se bastonner tout seul, pas besoin de bestioles bizarres. Par exemple, à Liviapolis, le duc de Thrake s’amuse à enlever l’empereur avec l’aide de toute une armée rebelle. Et c’est qui qui déboule pour les empêcher de prendre la cité et tenter de sauver l’empereur ? La compagnie de notre Chevalier Rouge bien sûr ! Pas de repos pour les braves (et les bourrins). Mais il va falloir la jouer fine pour maintenir la cité sous contrôle, déjouer les assassinats et démasquer les espions. Contrairement au premier tome, on ne sera pas au combat tout le temps, il faudra gérer la vie de la cité, prévoir les approvisionnements, communiquer, jouer au plus fin avec l’adversaire caché.

On a donc beaucoup moins d’affrontements directs dans ce tome 2 mais on ne s’ennuie pas pour autant. Il s’en passe des choses à Liviapolis ! Gabriel va vraiment avoir de quoi s’occuper, il doit défendre la place militairement mais assurer la paye des soldats en maintenant tant bien que mal les routes commerciales. On a parfois l’impression de lire un reportage sur la gestion d’une cité médiévale au lieu d’un roman de fantasy, mais l’auteur arrive quand même à nous emporter là-dedans. Ouais, il est très fort. Ses connaissances et sa passion pour la chose historique sont toujours les piliers de son écriture, il reconstitue avec minutie le moindre détail, l’ambiance, le protocole. Sans parler des batailles ! Y’en a moins, mais y’en a quand même de sacrément belles, on plonge dans la stratégie à grande échelle, la frénésie au contact, la boucherie des face-à-faces où le chevalier y voit rien et sent juste des gros « chboing » contre son armure. C’est tout bonnement génial.

Par contre, on va retrouver le principal défaut du premier tome selon moi : Un nombre beaucoup trop important de points de vue. Pourtant tout ce qui touche à Liviapolis et la compagnie est un régal à suivre avec tous les protagonistes qui participent à cette grosse foire. Mais Miles Cameron va parsemer tout ça de chapitres qui regardent un peu ailleurs : On va suivre Thorn qui prépare ses petits plans et concentre sa cosmo-énergie dans son coin, Jean De Vrailly qui sème la pagaille en Alba, Bill Redmede qui se promène dans la forêt, Nita Qwan qui se promène dans la forêt aussi, Ghause qui danse à poil dans sa chambre parce que c’est rigolo, etc… On est parfois vraiment paumés dans toutes les sous-intrigues qui ne sont pas directement liées à la trame principale. Mais, pire que dans le tome 1, cet éparpillement n’a même pas la politesse de servir à quelque chose avant la fin du livre. C’est simplement la mise en place du tome suivant qui se promène au milieu et c’est parfois un peu relou sur un roman de cette taille.

Mais faire l’effort de supporter cet éparpillement paye quand même, parce que l’univers du Chevalier rouge est un régal. On s’attache à beaucoup de personnages dans l’entourage de la compagnie, on assiste à des petites scènes de détente entre camarades ou à des moments déchirants. Sur le champ de bataille ou dans les ruelles sombres, on suit vraiment beaucoup de personnages avec intérêt. On observe les tensions dans les rangs, le respect des hommes pour leur capitaine, on souffre avec Mag dans le froid, on exulte quand Tom la terreur déboule de nulle part en gueulant « Lachlaaaaaaaaaaaaaaaan !!! » (il a même droit à un duel mémorable). L’auteur tisse une toile énorme et nous jette dedans, on est parfois un peu perdus mais on est souvent très très contents d’être là.

Malgré la tendance de l’auteur à un peu trop s’éparpiller et à laisser des sous-intrigues trainer au milieu pour rien, La lame noire est un roman à la fois épique et extrêmement minutieux dans sa reconstitution de la chose médiévale. C’est un long voyage, une histoire très dense mais une grande aventure pour le lecteur.

Lire aussi l’avis de : Lutin82 (Albédo), Boudicca (Le bibliocosme),

7 réponses

  1. Oui, je crois que tu résumes parfaitement le livre en disant : « on est parfois un peu perdus mais on est souvent très très contents d’être là ».

    Pas parfait, maus beaucoup de bonheur à vivre cette aventure. Les différents POV peuvent donner le tournis à ceux qui n’ont pas l’habitude de lire des romans aussi polyphoniques. Le Tome 3 est aussi épais, et un peu meilleur que ce tome 2.

  2. C’est marrant, j’ai l’impression qu’en changeant un ou deux éléments ça pourrait être une chronique d’un tome du « Trône de fer ».
    Bon, c’est quoi le titre du troisième tome ? Le heaume vert ? L’écu bleu ?

    • J’ai un feeling un peu différent que le Trone de fer, simplement parce que j’aime finalement pas trop le trone de fer 😀
      C’est vraiment plus minutieux et plus martial que Martin quand même !

      Sinon le 3e tome c’est l’ombre du dragon, mais elle est peut-être verte, on sait pas

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