Daughter of Redwinter, Visions de morts

Daughter of Redwinter est le premier tome (en VO) des chroniques de Redwinter, nouvelle saga d’Ed McDonald.

Ed McDonald a mis les pieds dans le plat de la fantasy avec la trilogie Blackwing, publiée chez nous par Bragelonne. Aujourd’hui il revient en VO avec une nouvelle série qui s’annonce moins grimdark-désespouar : The chronicles of Redwinter qui commence avec le roman que je vais vous présenter ici, Daughter of Redwinter.

Raine a le don de voir les fantômes, mais elle doit le cacher parce que c’est interdit et on exécute joyeusement les gens comme elle. Alors qu’elle s’était réfugiée dans un groupe de religieux, son secret est révélé et le chef de clan local les pourchasse jusqu’à un monastère où ils sont assiégés. Tentant une sortie discrète, Raine tombe sur une fille en détresse, blessée et poursuivie par des guerriers aux pouvoirs bizarres. Venir en aide à cette fille va être le point de départ d’un combat désespéré, et d’une aventure qui mènera notre jeune héroïne aux portes de Redwinter, la forteresse des Draoihns.

Donc changement de ton pour l’auteur, ici on laisse effectivement tomber le grimdark pour une aventure au ton plus classique et vu que c’était mon souci principal avec Blackwing, je suis complètement pour ! Pourtant ça veut pas dire que c’est le pays des bisounours, on a quand même pas mal de tragédies, un univers assez sombre, mais le ton est différent, les personnages sont jeunes, narration à point de vue unique, et quelque part on a une histoire d’adolescents dans une école de magie (à peu près ?). Est-ce que c’est du Young Adult ? J’en sais foutre rien, et je m’en fous un peu. On a quelques éléments de cette catégorie, mais aussi des moments assez durs et un univers sombre, et quelques composantes qui piochent dans l’horreur.

Une fois passé les premiers chapitres très rythmés de l’introduction, ce que j’ai résumé dans mon pitch, on va arriver à Redwinter où Raine va faire la connaissance du monde des Draoihns, ces mages-guerriers qui s’initient aux pouvoirs des cercles de la création. La forteresse est leur lieu de vie, mais aussi un lieu de formation pour apprentis, et Raine va entrer dans cet univers et découvrir son fonctionnement, ses secrets. Mais ça commence plutôt mal vu que le protecteur qui l’a prise sous son aile est emprisonné pour trahison dès leur arrivée. Il y a une coupure dans le rythme à ce moment-là, on reprend un peu notre souffle. Raine va découvrir cet univers, ses nouveaux « camarades » Ovitus, Liara, Esher, Sanvaunt, qu’on va apprendre à connaitre petit à petit. Et là l’auteur va nous installer son ambiance et ses mystères.

Parce que Daughter of Redwinter est rempli d’énigmes, Raine est accueillie assez froidement à la forteresse et se retrouve mise à part, elle va devoir faire sa place toute seule et découvrir la vérité sur certains secrets des draoihns. Je blaguais en disant qu’on était dans une école de magie, pourtant c’est bien le cas mais rassurez-vous, on nous épargne les cours de potions et les profs rigolos, mais on est bien avec un groupe d’adolescents qui vont se rencontrer et se lier, pour ensemble découvrir les secrets de leurs ainés. La progression des découvertes est extrêmement bien gérée par Ed McDonald, tout cet univers est intrigant, tout le monde cache des petits secrets même si une grande menace pèse sur Redwinter. Les clans se méfient les uns des autres et les traitres se planquent.

J’ai adoré cette saveur celte écossaise aussi, la « fantasy en kilt » est assez rare (sauf si vous avez la très bonne idée de lire Morgan of Glencoe), on a des clans LacMachin et LacTruc qui sonnent comme le « mac » gaélique, on a des highlands et quelques créatures magiques. Le système de magie reste mystérieux mais on apprend que les Draoihns franchissent différentes « portes » pour atteindre des cercles de magie de création, la plupart des apprentis n’en connaissent qu’une, tandis que la grande cheffe en est à la cinquième qui permet une certaine manipulation de la réalité. On a aussi la vision des morts dont Raine est douée, malédiction mais aussi un des moteurs de toutes ces énigmes, c’est une magie interdite car elle pourrait permettre aux puissances du passé de revenir. Ed McDonald nous donne quelques petits indices sur les mythes du passé, les anciens conflits mais c’est jamais balancé clairement comme un gros info-dump, c’est des petites miettes semées à droite à gauche et j’aime beaucoup ça.

La progression de Raine est super prenante, c’est une adolescente, elle fait des erreurs, son personnage évolue, elle aime, elle déteste, mais elle ne sait pas tout, elle a beaucoup à découvrir. Chacun des personnages est un mystère à dévoiler, elle va enquêter mais aussi se lier, parfois sans les connaitre complètement. Pour une jeune femme de 17 ans elle en prend assez plein la gueule mais elle doit faire face, même si elle est extérieure à toutes ces manigances. Elle est la nouvelle, la paria, mais peut-être qu’elle est la seule à pouvoir découvrir la vérité, elle entre dans le monde des adultes avec un gros coup de pied dans la porte.

Daughter of Redwinter est un excellent roman de fantasy à l’ambiance particulière, dense, à l’univers plein de mystères. Famille, loyauté, trahisons, complots, magie, et une héroïne qui doit cacher ses secrets en découvrant ceux des autres, Ed McDonald change de registre mais nous présente une série pleine de promesses dont j’ai hâte de découvrir la suite.

Roman reçu en service presse de la part de Netgalley UK et l’éditeur Gollancz, merci à eux.

Couverture : Illustration par Galen Dara, Design par Lesley Worell
Éditeur : Gollancz
Nombre de pages : 345
Prix : 22£ (relié) / 10,99£ (numérique)

3 réponses

  1. J’avais bien aimé la première série de Ed mcdonald, je suis curieux de lire celle ci. Par contre le coté jeune fille, école, mystères, apprentissage, ça m’avait carrément laissé sur le trottoir pour la série de Mark Lawrence, le livre des anciens … Je la tenterai si elle sort en VF.

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