A time of courage, La longue guerre

Nous y voilà ! Après une première saga monumentale et deux excellents premiers tomes, John Gwynne termine la trilogie Of blood and bone avec A time of courage. On retourne une dernière fois dans les Terres Bannies, prenez armes, boucliers et de bonnes chaussures, c’est la guerre. Je reste volontairement vague sur les évènements pour spoiler le moins possible.

Tous les protagonistes sont en place, les méchants sont déclarés, les traitres ont trahi, les héros ont combattu, les amis sont tombés. C’est l’heure de l’affrontement final ! Les Kadoshims ont pris Drassil, l’ordre de l’étoile scintillante se regroupe tandis que les Ailes Blanches se remettent de leurs blessures et s’abritent à Ripa. Les deux armées convergent donc à leur rencontre, et c’est la course. Riv s’est enfuie avec un gros bagage et doit maintenant rejoindre la troupe de Byrne,  Drem marche avec l’ordre mais doit affronter quelques revenants au passage, Bleda est retourné chez lui avec ses hommes pour regrouper les Sirak, mais il a une vengeance à accomplir. Il reste encore des alliés cachés, des ennemis tapis dans l’ombre, et quelques surprises planquées derrière les arbres. Il est temps de se battre, ou de mourir.

A l’image de Wrath, A time of courage est le long récit d’une campagne de guerre qui vient conclure avec brio toutes les intrigues personnelles lancées par l’auteur. On suit les différentes armées en mouvement qui essayent de s’en sortir, et on vit quelques grandes batailles quand tout ce petit monde se rencontre. Et quelles batailles ! Comme toujours avec John Gwynne, on est plongés au cœur de la mêlée avec nos héros qui ont tissé des liens avec leur entourage, ainsi chacun a ses buts et ses obsessions, ses ennemis jurés et ses amitiés indéfectibles. Ces quelques batailles sont longues et prennent une grosse partie des 650 pages que comporte le roman, mais le rythme est infernal, passe d’un point de vue à l’autre et tout s’enchaine sans vrai temps mort. Le roman est une succession de moments épiques qui alternent drames et victoires exaltantes, et tout ça fonctionne à merveille grâce au talent de l’écrivain pour nous accrocher à ses personnages.

Depuis le début de cette nouvelle trilogie, le lecteur s’est attaché à Drem, Riv, Bleda, Cullen, Byrne et tout leur entourage. Chacun a son caractère bien défini mais surtout des liens avec les autres qui définissent leur dynamique. Quand tel personnage tombe au combat, on sait que ça va déchirer Cullen qui va partir en vrille, on sait que Riv va rentrer dans le lard de Kol à un moment ou un autre, on sait que Bleda et Jin ont plein de trucs à régler. Et ces moments défilent à un rythme infernal dans un tourbillon d’émotions intenses. John Gwynne se concentre vraiment sur ses personnages, la guerre n’est que le cadre de ces tragédies épiques, de ces actes de bravoures, ces gestes d’amour, d’amitié, de fraternité, loin du nihilisme des œuvres grimdark contemporaines.

Parce que le thème de l’amitié est un des piliers de l’œuvre de John Gwynne jusqu’à maintenant, et cette fin le prouve encore de manière magistrale. L’écrivain nous raconte toujours la force des liens humains dans l’adversité et le désespoir, et Of blood and Bone est plus direct que The faithful and the fallen, moins tortueux dans ses intrigues politiques, donc cet aspect ressort encore plus. Ça permet aussi à ses personnages de briller, l’auteur a l’air d’avoir progressé de ce point de vue et on remarque également un effort mis sur l’équilibre de son casting. Là où Malice manquait cruellement de personnages féminins, petit à petit on les a vu s’imposer dans sa première saga, et sa seconde série présente des femmes très marquantes dès le début avec Riv, Fritha, Byrne, Sig, et les autres.

Les esprits hautement logiques seront toujours chagrinés par les coïncidences et les évènements improbables. Les rencontres fortuites et sauvetages impromptus dans une campagne de cette échelle provoqueraient des cauchemars à tout statisticien qui se respecte, donc ça sortira peut-être certains lecteurs de l’histoire. De même que certains ressorts dramatiques qui se répètent, mais comme j’en avais déjà parlé dans mes précédentes chroniques, ça ne me dérange pas car ils permettent des moments de tensions épiques, et une gestion du rythme et de l’émotion qui font la force de l’auteur.

A time of courage est une fin exaltante qui vient conclure en beauté un cycle de fantasy épique prenant et émouvant. Je suis triste de quitter encore cet univers et ces personnages mais la récompense est à la hauteur. On attendra John Gwynne dans une nouvelle trilogie d’inspiration viking qu’il a signée chez un autre éditeur, j’ai hâte de découvrir ce qu’il nous réserve dans un nouvel univers.

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