Ruin, Construire la résistance

Après Malice et Valour, Ruin poursuit la guerre qui oppose les dieux Elyon à Asroth à travers leurs champions respectifs et toutes les factions qui se rattachent à un camp ou à l’autre. John Gwynne garde le tempo de sa série et nous fait retraverser les terres bannies dans tous les sens pour ce troisième tome.

Valour se terminait sur un gros affrontement apocalyptique (normal), les masques sont tombés, certains personnages ont réalisé qu’ils se sont fait balader depuis le début. Maintenant tout est clair ou presque, la course est lancée pour retrouver les sept reliques qui pourront faire revenir Asroth dans le monde des vivants. Edena fuit avec sa garde jusqu’en Ardan pour rejoindre la résistance et reconquérir son royaume. Corban assume pleinement son rôle de « Bright Star » en menant ce qu’il reste de sa troupe, sans être très sûr de la marche à suivre. En Tenebral, Maquin se retrouve avec un compagnon inattendu dans une fuite désespérée pour échapper aux pirates Vin Thalun. Difficile d’être plus vague que ça, mais je fais des efforts pour pas trop spoiler les tomes précédents, comme d’habitude.

Dans ce tome, on a vraiment tous les enjeux en place, plus de faux-semblant ou de mensonges, la guerre est déclarée pour de bon. L’empire qui s’étend au service du dieu déchu gagne en puissance mais l’espoir nait d’opérations de guérilla et d’attaques éclair, le but est de se faufiler entre les lignes ennemies, de se planquer et de construire une résistance cohérente et unie. C’est pas gagné, mais l’espoir commence à pointer le bout de son nez. L’intrigue suit toujours différents groupes qui se déplacent à travers les royaumes, les personnages se croisent, s’affrontent, s’entraident…

Comme dans les deux tomes précédents, je reste bluffé par la construction des personnages, tous cohérents, intéressants et attachants. Corban grandit énormément, le poids de la responsabilité le travaille mais il évolue grâce à son entourage et aux épreuves qu’il traverse. Les amis du jeune guerrier prennent pas mal d’épaisseur aussi dans leurs aventures. Dath et Farrell s’imposent, Cywen trouve sa place et Coralen pète la classe. Le jeu de perspectives est toujours très intéressant, même si les choses sont plus claires pour presque tout le monde ici, à part pour Veradis qui a toujours rien compris à l’histoire. Globalement, ce tome 3 est le début de la vague de résistance contre l’empire, les héros ne sont plus des petits groupes éparpillés mais commencent à absorber du monde pour construire une force capable de lutter contre Rhin, Jael et leurs copains. D’ailleurs Jael fait un beau retour dans l’intrigue, il reprend un peu de place grâce aux nouveaux protagonistes : Ulfilas est un guerrier aux ordres de Jael, et il sera chargé de retrouver Haelan, dernier héritier légitime du trône d’Isiltir, pour le zigouiller. Ulfilas et Haelan seront deux nouveaux points de vue pour la narration et deviennent un pivot important dans la seconde moitié du roman.

On a droit a des scènes d’actions époustouflantes que ce soit le combat aux portes de Drassil ou l’attaque du fort de Gramm, un autre nouveau personnage exceptionnel (mais quand tous les personnages le sont, le mot « exceptionnel » perd un peu de son sens). John Gwynne arrive toujours à balancer un bon souffle épique au milieu de ses intrigues déjà passionnantes. Quand on a des affrontements entre des guerriers à cheval, des géants montés sur des ours (!) et des super-loups, des démons, etc… Le tout chorégraphié à la perfection, lisible pour le lecteur, avec une tension dosée au poil… Là je peux vous dire qu’on lâche pas le bouquin ! Ruin continue donc dans l’excellence de ses prédécesseurs, une construction exemplaire, de l’émotion, des moments exaltants, des passages déchirants…

Tout nous mène vers un grand affrontement final où la bravoure et le désespoir se mélangent. Entre deux bonnes grosses bastons l’auteur arrive à nous saupoudrer des petits moments de respirations légers et une bonne dose de révélations renversantes qui remettent tout en cause (avec encore une belle utilisation des archétypes de la high fantasy). Le lecteur est bien secoué dans les 200 dernières pages et arrive à la dernière, se retrouve devant un vieux cliffhanger où il ne sait pas vraiment ce que deviennent nos héros. Arg. Je me dois donc d’enchainer directement sur le quatrième et dernier tome, Wrath. Pas le choix, mais c’est avec grand plaisir.

Sans surprise, The faithful and the fallen reste dans le top de ce qui se fait en fantasy épique avec ce troisième tome. Ruin continue l’aventure, offre de grands moments d’action, d’émotions et de narration. Magistral.

Autres livres de la série : Malice (Tome 1), Valour (tome 2), Wrath (Tome 4)

7 réponses

  1. Comme toujours je l’ai lu en diagonale histoire de ne pas me spoiler parce que j’ai toujours l’intention de lire la série sous peu (ouaisssss ouais je sais, je traîne 🙁 )
    Ça donne toujours autant envie en tout cas =)

    • Oui j’essaye de rester vague mais je comprends, rien que le fait de parler d’un personnage montre qu’il est encore vivant, ce qui est déjà du spoile 😀

      (j’évite aussi de lire les critiques des tomes 2+ d’une série que j’ai pas commencé)

  2. J’ai parcouru ta chronique en diagonale de peur de me spoiler, j’ai acehté le premier tome -sur tes conseils- il y a quelques jours à peine, et je veux découvrir cet unvers rapidement. Je note que tues toujours enchanté, et ca c’est génial!

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