Le temps des tourments, Le train en marche

J’en ai déjà parlé mais j’ai quelques difficultés avec le genre policier, un ras-le-bol face à la surenchère de clichés, de glauque, de « serial-killer pervers », de victime torturée… Mais pourtant je tente, incorrigible optimiste, j’essaye toujours de nouveaux auteurs avec l’espoir d’en trouver un qui me fascine autant que ce cher Michael Connelly. Oh, tiens, un John Connolly dans la dernière opération Masse Critique de Babelio… Qu’est-ce que c’est donc ?

J’ai reçu le Temps des tourments sans trop savoir où je mettais les pieds, et en lisant que c’était le quinzième tome de la série « Charlie Parker » (d’après Ouikipedia), j’ai du louper quelques détails. M’enfin, en général les auteurs de grosses séries de polars se démerdent assez bien pour rendre chaque enquête indépendante donc c’est pas bien grave. J’ai découvert l’histoire de Jerome Burnel, un ex-taulard qui engage le détective Charlie Parker pour revenir sur son affaire après avoir purgé une peine de prison assez hardcore, ayant été condamné pour pédophilie. Charlie, qui se remet d’une affaire particulièrement traumatisante, sent que cette histoire cache des trucs pas nets et décide d’enquêter. Il va se retrouver sur le chemin de L’Entaille, une communauté isolée de Virginie qui cache bien des secrets et des tarés.

Effectivement, la lecture de ce roman nous donne l’impression d’avoir loupé quelques épisodes dans la vie de Charlie Parker, et vu l’état dans lequel il est ça donne bien envie de rétropédaler pour aller voir ce qui s’est passé, mais pourtant ça n’enlève rien au plaisir de lire celui-ci. J’ai découvert un détective qui en a vu des vertes et des pas mûres mais qui en impose ! Épaulé par un duo de criminels dont le simple regard suffirait à faire chialer Hannibal Lecter, l’enquêteur a abandonné les méthodes classiques pour taper dans le borderline assez régulièrement. Passé une introduction qui m’a donné l’impression de retomber dans des clichés énervants, l’apparition du trio a directement changé la donne. Parker a une dynamique qui réveille l’intérêt du lecteur et donne une saveur particulière au roman. Même si j’ai rien suivi de son passé, il lui a laissé une grosse ombre au-dessus de la tête, et quelque part ça a participé à son aura pour moi, ce qui n’aurait peut-être pas été le cas si j’avais lu toute la série.

L’enquête part sur un classique du genre, le gars emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis, ou peut-être, ou on sait pas trop. Mensonge ? Complot ? Faille spatio-temporelle ? Double maléfique ? L’histoire de l’Entaille va venir prendre sa place dans le puzzle et imposer une touche paranoïaque poisseuse superbement mise en place. L’ambiance un peu « fargo » associée aux bars sordides, aux campagnards hyper-violents qui dégagent tous les touristes qui marchent dans leurs rues, elle donne une vraie identité à cette lecture et s’ancre grâce à une belle brochette de personnages secondaires bien mis en place.

J’ai été surpris par la petite touche fantastique qui plane sur le récit. Moi qui m’attendait à un simple polar réaliste, voilà qu’on me montre des morts qui reviennent, des visions, de la sorcellerie, on est où là ? Chez Gabriel Knight ? Et pourtant c’est cool ! Ben oui, de l’imaginaire dans un polar, tu parles que ça va me botter moi… L’ombre au tableau est un rythme un peu mou qui s’attarde beaucoup sur pas mal de personnages secondaires et ralentit le tout. Et bizarrement, notre héros s’efface sur un gros milieu de l’intrigue où c’est le Shérif Henkel qui prend la main, Parker ne sert que de point de départ et de gros muscles sur le final, je reste un peu sur ma faim, j’avais bien envie d’en savoir plus sur le bonhomme. Pour ça il va falloir que je lise tous les livres précédents, peut-être.

Bouquin reçu dans le cadre d’une opération Masse Critique du site Babélio.

Lire aussi l’avis de : Lisou (Les pipelettes en parlent),

3 réponses

  1. Ah voui, j’aime bien les Charlie Parker. Ce tome a l’air d’être du même moule que les autres, donc si tu as accroché, je pense que tu peux sans problème te faire un ‘tit tome de la série de temps en temps. (*)
    Le coup du détective abîmé par la vie est un peu cliché, mais le perso ne l’est pas tellement, je trouve (moins que Harry Bosch, par exemple -que je trouve très sympathique aussi, hein !).
    J’ai une ‘tite affection pour lui et pour ses potes Angel et Louis (si ce sont eux que tu rencontres dans ce tome).

    Et effectivement, il y a souvent une ‘tite touche de fantastique du genre visions, etc.

    (*) À noter la nouvelle / novella « La maison des miroirs » (vendue à 2€90) qui s’insère entre « Le baiser de Caïn » et « L’ange noir » (je ne sais pas si Ouikipedia le précise). Elle n’est pas indispensable, mais on y croise un perso mentionné / recroisé dans un tome suivant.

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