Assassin’s Creed Origins, Retour en grâce

Après 7 ans de sorties annuelles bien calibrées pour les fêtes de Noël, le géant Ubisoft a décidé de se faire une année sabbatique en 2016 sur la production de sa série phare Assassin’s Creed. La saga avait bien du mal à se renouveler et à nettoyer cette image de jeu foutoir fini à la pisse qui leur collait à la peau (l’image, pas la pisse) depuis quelques épisodes. En 2017, ils reviennent avec du tout neuf, le come-back de la licence, ce dont on a toujours rêvé, la rédemption et la renaissance d’Assassin’s Creed.

Je dois avouer, le dernier épisode qui m’ait vraiment emballé c’était le 2, le début des aventures d’Ezzio était une vraie claque. Depuis, j’ai essayé à peu près tous les jeux de la série et j’en suis toujours ressorti déçu. Un gameplay bancal, frustrant et alourdi de plein de features mal maitrisées, des histoires inintéressantes et des héros crétins, chaque année c’était « bon, pas encore pour cette fois ». Blasé comme je suis, quelques jours avant la sortie d’Assassin’s Creed Origins, je me disais encore « non, vous me la ferez pas à l’envers, je sais très bien que c’est du pipo et que ça va être aussi énervant que les autres années ». Qu’est-ce que vous croyez ? On me la fait pas à moi. Je les vois venir ! Et puis… Les avis ont commencé à tomber, de bons retours des fans de la série ou même de ceux qui avaient lâché l’affaire depuis longtemps. Ma curiosité a été la plus forte, j’ai commandé le jeu, et j’ai mis les pieds en Égypte.

La cuvée 2017 repart dans le temps, à l’origine de l’ordre des assassins dans le pays de Cléopâtre, du Sphinx et de Numérobis. Quand on vous dit que Ubi a voulu repartir des bases, ils déconnaient pas hein ! On y incarne Bayek, un guerrier Medjay qui protège la veuve et l’orphelin dans la région de Siwa en 49 avant Petit Jésus, c’est un Zorro local, en gros. Il botte des culs tranquillement mais la mort de son fils va le lancer dans une quête vengeresse implacable, il va partir à la recherche de l’Ordre des Anciens pour les zigouiller un par un à travers tout le pays. Et c’est bien là le point fort du titre, on va voir du pays ! De Siwa à Alexandrie, puis Memphis, Gizeh et bien d’autres régions, le joueur découvrira une diversité de paysages surprenante pour tous ceux qui ne voient de ce pays que du sable et des pyramides.

Les développeurs (enfin, le service marketing plutôt) nous promettent du gameplay tout beau tout neuf dans tous les aspects du jeu. Pourtant, on garde quand même certains fondamentaux, Bayek cours et grimpe avec agilité et facilité, il égorge des méchants ou des pauvres gardes qui avaient rien demandé d’une pression de bouton, il se planque par magie dans les herbes, là on est en terrain connu. Pour les combats, par contre ils ont revu leur copie pour faire quelque chose de moins statique, le problème c’est que même si c’est différent, c’est pas beaucoup mieux qu’avant de ce côté-là. Les bastons sont très bourrines, quand il y a beaucoup d’ennemis ça devient un peu n’importe quoi. C’est dommage, on se sent jamais vraiment en contrôle de son héros dans ces situations, on n’est jamais totalement maître du combat, la frustration reste présente. Et ces ennemis sont cons comme des palmiers, ce qui n’aide pas. Du coup j’ai pris beaucoup plus de plaisir en restant planqué et en faisant des assassinats furtifs, même si au bout de 30 heures on a un peu l’impression de faire toujours pareil.

Le point où le jeu se réinvente vraiment dans le bon sens, c’est l’exploration. On sent que les gars ont sorti la tête de leur trou et ont un peu regardé ce que faisait la concurrence pour en tirer des leçons. La répartition des points d’intérêt pousse le joueur à la curiosité, à aller chercher les petites histoires et les trésors cachés. On oublie les plumes de cul d’aigle à collectionner, les trucs inutiles planqués tous les deux mètres, y’a une bonne évolution dans l’utilisation de l’espace et comme les décors sont vraiment magnifiques et variés, se balader dans cette Égypte reconstituée avec soin est un plaisir. Chapeau aux artistes pour ces environnements, ces lumières, ces grands espaces, c’est un travail remarquable.

Assassin’s Creed Origins m’a surtout agréablement surpris sur un point où je n’attendais plus grand chose : L’écriture. Je vais quand même faire un tri : on a un côté assez générique dans les quêtes annexes qui se résument souvent à « Un PNJ s’est fait voler son cheval, son mari, son papyrus, son rouleau à pâtisserie, les voleurs sont dans un camp fortifié, il faut faire le ménage et revenir ». Au bout d’un moment on voit les ficelles plus ou moins bien planquées, et ça fait très rébarbatif. Par contre, et à mon grand étonnement, cette quête principale est intéressante et on va croiser quelques moments d’émotion narrative assez inattendus. Et tout ça part de Bayek. On a un héros habité par son désir de vengeance mais qui sait faire preuve d’empathie, qui sait rire, qui se révolte, qui boit des coups, qui vit quoi. J’ai beaucoup aimé sa relation avec Aya, son épouse. C’est très rare de vivre une aventure où le héros (ou l’héroïne) est en couple établi, et vit son histoire en tant que couple, un couple écrit par un vrai adulte, avec complicité, tendresse, confiance, et quelques galipettes de temps en temps.

Donc oui, Origins a toujours un gameplay frustrant par moment, un côté un peu rébarbatif sur ses quêtes annexes, des petits bugs bizarres qui trainent. On est pas encore au niveau de finition et de soin apporté à un Horizon ou un Witcher 3 mais quand même, c’est plus à se taper la tête contre les murs comme avant, y’a un vrai progrès. Ses qualités inattendues lui permettent de revenir sur le devant de la scène avec ses copains, grâce à la beauté et la variété de ses panoramas, à la qualité d’écriture dans ses quêtes principales (dommage pour le reste), et à ses personnages principaux convaincants.

4 réponses

  1. Je vais peut-être me laisser tenter donc. J’avais lâcher l’affaire y a quelques temps (dès le 3 à vrai dire) par manque de renouvellement et de personnages charismatique. Tu n’es pas le premier a dire qu’on a un vrai renouvellement sur beaucoup de plans. C’est plaisant de voir que pour une fois, Ubi a pris en compte ce que pensaient les joueurs.

    • Ubisoft a ses travers (et je râle contre eux régulièrement) mais ils ont tenté quelques bonnes choses ces derniers temps, entre For Honor, Steep, etc… Je suis pas client de tout, mais faut avouer qu’ils font quelques trucs très bien

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