La pierre du chaos 1 : Le sang des ruines, Bellum prologus

En 2019, l’éditeur bamboo et Christophe Arleston s’allient pour démarrer Drakoo, une collection BD imaginaire qui va mettre les petits plats dans les grandes bassines pour marquer les esprits. Des trois séries de lancement, seule La pierre du chaos m’intéressait vraiment, puisqu’elle est scénarisée par Gabriel Katz (les deux autres titres sont peut-être très bons, mais ont l’air plus dans un ton humoristique/loufoque qui m’attire pas trop). Testons donc Le sang des ruines, premier tome de cette série.

Pour calmer les révoltes de ces sales pauvres, l’empereur de Nemès a instauré un service militaire obligatoire pour tout le monde, comme ça le peuple verra que les nobles aussi ils peuvent cravacher. Bon, pour les jeunes nobles Navel et Araes, on va faire le service militaire, OK, mais on les envoie dans un coin calme, la planque tout au nord de l’empire, là où il se passe jamais rien. Évidemment, pas de bol, il va se passer quelque chose. Pierre mystérieuse, hordes barbares, tout ça va foutre en l’air les vacances. Pour vous situer un peu le truc, l’empire Nemès c’est, en gros, l’empire romain, et les barbares c’est, en gros, Astérix. Non je déconne, partez pas. On nous donne souvent le point de vue des barbares qui vont prendre leur place dans le scénario sur le tard, et c’est vraiment le peuple bourrin-costaud avec des grosses épées, qui glorifie la baston.

Dans l’ensemble on a ici une fantasy très classique dans la catégorie Gemmellienne. Le petit twist de faire un empire pseudo-romain est intéressant mais on n’a pas trop le temps de voir toutes les implications de ce choix, c’est le tome 1 d’une BD, ça va beaucoup plus vite qu’un roman. Et c’est peut-être le problème principal de ce tome qui n’est finalement qu’un gros prologue, puisque l’histoire démarre vraiment à la fin. Toute la BD n’est qu’une mise en place, on introduit l’univers, les personnages, les « méchants », mais on reste sur notre faim. C’est peut-être compliqué pour un auteur de roman de se faufiler dans le format BD qui demande beaucoup beaucoup beaucoup plus de concision et d’efficacité. Pourtant on retrouve bien la Katz-touch dans les dialogues qui tapent assez juste, ça c’est très appréciable.

Je regrette quand même qu’on tombe dans un scénario à priori très très classique, avec des protagonistes jeunes hommes qui « partent à l’aventure », et des méchants barbares, une pierre magique, bla bla (tout ça se complexifiera sûrement dans les suites de cette trilogie, mais pour l’instant on ne peut juger que du premier volet). Globalement y’a encore rien de vraiment exaltant ici, ça va peut-être venir, espérons. On se demande même quand le « héros » va se réveiller, parce là, concrètement, il a rien fait du tout.

Le dessin de Stéphane Créty est réussi, par contre. Il y a une mise en scène intéressante, des personnages travaillés et reconnaissables (même si on met du temps à les situer mais c’est plus un problème de narration). J’ai lu la BD en numérique et je trouvais les couleurs un peu trop saturées, mais c’est sûrement mon écran, dans l’ensemble c’est très joli. Y’a un impact visuel sur les scènes de combat, des plans larges réussis, des ambiances travaillés, c’est du très bon boulot graphique.

Le premier tome de La pierre du chaos est une réussite graphique mais déçoit, parce que son scénario est une fantasy archi-classique, sans surprise, et qu’on n’est pas encore rentré tout à fait dans l’histoire. On devra attendre la suite pour savoir où ça va réellement, mais on reste sur sa faim avec ces 50 pages d’introduction.

Lire aussi l’avis de : Dup (Book en stock),

4 réponses

  1. Voilà un avis qui me rassure, je commençais à me demander si ce n’était pas moi qui devenait trop casse-pieds… Mais oui, avec la signature Gabriel Katz, j’en attendais un peu plus aussi. Un tome d’introduction pour une trilogie, c’est quand même bien dommage 🙁

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