War cry, La guerre sans fin

Ça faisait un moment que je voulais essayer une parution de Tor.com, l’éditeur s’est spécialisé dans les novellas SFFF et c’est parfait pour temporiser quand on a peur de se lancer dans le prochain pavé de la PAL. C’est un peu le Une heure-lumière anglo-saxon quoi… Avec plus de fantasy… Quoi de mieux pour se lancer dans cette collection qu’un petit one-shot de ce cher Brian McClellan ?

On s’éloigne des poudremages pour suivre un conflit qui s’enlise depuis des années entre deux nations ennemies. Teado a toujours connu la guerre, et depuis son enfance on lui promet la fin prochaine de celle-ci. Mouais. En attendant il est maintenant dans un campement caché sur la ligne de front, avec pour but de harceler l’ennemi avec des missions commandos du genre chirurgical. Ils ne sont plus qu’une poignée, autant à cours de vivres que d’espoir. Une nouvelle mission se présente, son peloton doit intercepter une cargaison en vol, ce qui emmerderait l’ennemi tout en ramenant un peu de bouffe à la maison. Évidemment, tout ne va pas très bien se passer, et Teado va se retrouver bien vite livré à lui-même.

Il y a une ambiance seconde guerre mondiale bien visible, à laquelle l’auteur ajoute un soupçon de fantasy sous la forme de mages de combat présents sur le front (Apophis nous dit que c’est de l’Arcanepunk, on va pas le contredire, c’est lui l’expert et on veux pas fâcher les dieux). Il y en a plus, mais nous verrons surtout deux types de pouvoir : Les « smiling tom », des illusionnistes très pratiques pour camoufler les hommes et le matériel, et les « changers », des mages qui se transforment en gros démons bien féroces. Teado est d’ailleurs un changer, le lecteur verra assez vite la puissance de destruction qu’il a sous le coude. Comme dans l’univers des poudremages, McClellan gère à merveille l’aspect tactique et militaire, sans toutefois tomber dans la reconstitution maladive pour férus de petits soldats et de documentaires historiques pointus. Non, ici c’est un moyen parfaitement maitrisé pour installer de la tension, des dilemmes, et une bonne grosse dose d’action.

En une bonne centaine de pages, War cry arrive à nous dépeindre un héros et son escouade de manière efficace. Malgré le nombre de pages limité, on ressent vite beaucoup de sympathie pour Teado et ses compagnons d’arme. Dans ce contexte tendu, on a quelques moments contemplatifs et tendres qui prennent le temps d’installer la dynamique de groupe… Avant de tout faire péter… Bellara, Rodrigo, Aleta et les autres forment une petite famille soudée qu’on va évidemment voir mise à rude épreuve. L’auteur arrive encore une fois à me faire entrer dans un univers inconnu grâce à son talent pour installer des personnages et leurs interactions, pour ensuite jouer avec nos petits cœurs.

A plus haut niveau, ce texte court explore bien évidemment le thème de la guerre mais côté humain, côté troufion. C’est surtout l’homme comme rouage de la machine de guerre qui va être mis en avant ici. Avec un enrobage d’action badaboum très efficace, on va interroger le côté « expendable » du soldat face à l’objectif militaire et l’état-major. Mais le lecteur est avec les soldats, isolés sur le front, avec deux boites de biscuits pour vingt et l’incertitude du type à qui on dit le strict minimum avant de lui demander de courir risquer sa peau. On ressent ce côté « band of brothers » des soldats qui triment ensemble, dans le doute et l’adversité.

C’est donc un dosage parfait de divertissement et de fond qu’on a ici, War cry est une novella fantasy qui fonce dans le tas, tout en s’attardant là où il faut pour immerger le lecteur dans son conflit et ses personnages, avec une gestion de la tension dramatique parfaitement maitrisée. Bon, faut que je lise The autumn republic maintenant…

Lire aussi l’avis de : Lianne (De livres en livres), Apophis (Le culte d’Apophis),

9 réponses

  1. (merci pour les liens)

    Très bonne critique. Pour l’instant, on a tous eu le même ressenti, visiblement. Qu’il est fort ce McClellan ! Bon, faut que je me réveille, moi, il y a le tome 3 de la seconde trilogie qui sort dans quelques mois à peine, et je n’ai toujours pas lu le 2. Et puis je suis curieux d’avoir ton impression sur The autumn republic, même si j’ai peu de doutes sur la question.

    • Dès que j’ai fini La promesse du sang j’ai tout acheté en bloc, j’ai donc déjà Sins of empire et wrath of empire, j’attendrai ptetre de tout avoir pour enchainer la seconde trilogie !

      Je lirai The autumn republic dès que possible, je suis confiant aussi, mais là j’me traine dans mon planning et j’ai un pavé service presse qui attend son tour depuis plusieurs semaines (Club uranium). J’me suis laissé débordé j’crois 😀

  2. Je le veux moi aussi!!!! Ce n’est sympa de me taquiner comme cela alors que j’ai plein de livres à lire avant!!! Vilain, pour la peine, va faire 3 tours de stade et en chantant.

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