Uncharted : The lost legacy, La recette allégée

Uncharted 4 était la dernière aventure de Nathan Drake, promis, c’est fini, a plus. Bon, on fera peut-être un DLC hein, comme ça, tranquille. Alors finalement notre DLC il sortira en boite et en « standalone » et s’appellera The Lost Legacy. Mais y’a pas Nathan, t’as vu, on a pas menti.

Uncharted : The lost legacy est donc un petit épisode spin-off dans la saga, vendu un poil moins cher qu’un épisode canonique mais avec une durée de vie qui tape dans les 7-8 heures. On y joue Chloé Frazer, un des personnages les plus populaires des épisodes précédents, qui va se lancer à la recherche d’un artefact indien : La défense de Ganesh, parce que le dieu éléphant hindouiste a une défense pétée en vrai. C’est l’occasion pour Chloé de partir à l’aventure en compagnie de Nadine Ross, la mercenaire et seul nouveau personnage réussi de l’épisode 4. Yeah, girl powaaaaaaaa. C’est un vrai plaisir de jouer avec ces deux personnages très appréciés des fans. Tu pars bien, jeu.

Le joueur d’Uncharted 4 retrouvera ses marques sans aucun problème, le gameplay est strictement le même donc vous pouvez aller lire ma critique de celui-ci pour une description détaillée. En résumé, grimpette, gunfights, énigmes. Rien n’a été changé par rapport à la cuvée 2016. Enfin, non, je dis une connerie, y’a un changement notable : Le chapitre 4 est un niveau ouvert, ce que A thief’s end aurait du faire de son niveau Madagascar, The lost legacy le fait bel et bien. On a une zone large qu’on peut parcourir librement en jeep ou à pied, avec trois temples obligatoires à trouver et plusieurs secrets optionnels. Pour le coup on a vraiment l’impression d’être chasseur de trésor ! Naughty Dog a peut-être trouvé un nouveau souffle pour sa formule mais on n’en a qu’un aperçu sur un seul chapitre, comme s’ils testaient le public avant d’y aller pour de vrai, c’est très dommage. Le reste du jeu retrouve sa linéarité classique.

Ce nouvel opus étant plus court, il est bien mieux rythmé et ne m’a pas lassé comme avait pu faire le précédent. On va a l’essentiel, c’est un très bon point pour moi. Et comme d’habitude, on est bluffé par les graphismes et le talent des développeurs pour en mettre plein la gueule. C’est encore plus impressionnant, que ce soit des paysages magnifiques ou des scènes d’action monstrueuses, Naughty Dog est toujours à la pointe de la technologie et du grand spectacle, du divertissement bien emballé, pop-corn vendu séparément. Le dernier chapitre est une apothéose de grand badaboum à cent à l’heure, on a le souffle coupé jusqu’au générique de fin (moisi).

Le duo Chloé-Nadine fonctionne bien, elles ont l’avantage d’être déjà d’excellents personnages et surtout d’être moins tête-à-claque que Sam Drake. Leur relation évolue, on sent qu’elles ont deux profils très différents mais qu’elles commencent à s’apprécier, elles envoient des petites vannes et se complètent très bien sur le terrain. Le problème c’est que la série a perdu pas mal en qualité d’écriture depuis l’épisode 3. Le départ d’Amy Hennig et la prise de pouvoir de Neil Druckmann au poste de « chef des scribouillards » se fait sentir. Déjà le quatrième épisode avait un goût de moins bon, d’une recette qu’on applique sans génie, et là c’est pire. Les échanges manquent de quelque chose pour ne pas faire trop téléphonés, c’est un peu fade, sans inspiration. Comble du drame, les dialogues virent parfois au light-féministe très lourdingue en fin de jeu lorsqu’un nouveau personnage se joint au duo. Pourtant on s’attache à notre petit groupe parce qu’on les connait déjà, puis il se passe quelque chose dans le visuel, la mise en scène, les expressions, les regards, les temps de pause et les moments de tension. C’est la réalisation de dingue qui sauve l’écriture finalement.

Cette pauvreté d’écriture se retrouve aussi à plus haut niveau sur la structure du jeu, ce que je reprochais à A thief’s end est ici encore plus flagrant. Le scénario général est une version peu inspirée de l’explorateur qui part chercher une relique perdue et qui a en face un gros bourrin avec son armée de mercenaires. Le schéma est ici encore plus grossièrement étalé, on a même pas les chapitres un peu « background » qui arrivaient à varier un peu dans les autres jeux. Tout est hyper-prévisible et le grand méchant a encore moins de personnalité que Rafe Adler (quel exploit), c’est le mercenaire de base qui fait tout péter pour arriver au trésor. Pour couronner le tout, il nous sert encore une fois la baston QTE pourrie comme combat final.

Tout ça a un goût de déjà-joué, on a l’impression de faire un Uncharted 4 déguisé qui recycle des situations marquantes pour en faire un maxi best-of pour fans.  On prend quand même du plaisir, on en prend plein les yeux, c’est le roller-coaster d’action complètement assumé avec un rythme encore mieux géré. J’aurai aimé un peu plus de génie côté écriture, une application un peu moins mono-neuronale et fadasse de la formule Uncharted mais je suis obligé d’admettre que le spectacle est toujours assuré, les personnages sont cools et Naughty Dog envoie la concurrence au tapis dans beaucoup de domaines.

Il est vraiment temps de passer à autre chose.

Lire aussi l’avis de : Jérôme Dittmar (Carbone Ink), Puyo (Gamekult),

3 réponses

  1. Je n’ai pas franchement trouvé Uncharted génial, joli, oui mais voilà. Je l’ai fini assez rapidement sans intention au final de m’y replonger. ALors, je laisse celui-ci aussi!

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