The Copper Promise, Donjons, Dragons, Bastons

 Parfois, j’ai envie de lire un truc dont j’ai pas entendu parler, dont j’ai lu aucune critique chez les collègues blogueurs ni aucune promo côté éditeur, la totale découverte. La meilleure méthode reste pour ça la VO puisque je ne suis pas du tout l’actu anglophone, en choppant un bouquin pas sorti chez nous, c’est l’exploration, lampe torche, boussole et carte à moitié déchirée. Là je suis tombé sur The Copper Promise de Jen Williams (bonjour les recommandations Goodreads), bonne notation, jolie couverture, synopsis intéressant, go.

The Copper Promise est sorti à l’origine en 4 parties diffusées en numérique, qui sont aujourd’hui regroupées en un volume sorti chez l’éditeur Headline. On y suit les aventures de Lord Frith, un jeune noble estropié et énervé qui embauche des mercenaires pour pénétrer dans une citadelle maudite et récupérer un trésor mystérieux. Tout ne va pas très bien se passer pour le trio puisqu’ils vont vite comprendre pourquoi la citadelle interdite est… interdite… Ce livre démarre comme une bonne vieille partie de Donjons et Dragons : des aventuriers, un trésor caché, des pièges, des monstres, il manque que les dés 20, les bières et les pizzas…

Malgré le classicisme de la trame de base, chacun des héros propose des problématiques rafraichissantes, ils font parfois des choses pas très très héroïques, pensent à leur gueule avant d’être nobles et tout brillants, mais restent forts et intéressants. Heureusement, l’histoire de fond prend un peu d’ampleur après le premier quart et part vraiment en vrille par la suite, sans jamais être révolutionnaire elle nous balade à droite à gauche et se renouvelle assez pour tenir en haleine le lecteur. Une aventure mouvementée et riche nous attend.

Nous avons affaire ici à de l’heroic-fantasy très classique, vous verrez des héros, des dragons et des magiciens méga-puissants. C’est par certains côtés un peu décevant, le livre est agréable mais ne dispose pas d’une identité propre, d’une spécificité qui le rendrait unique ou mémorable. C’est une bonne lecture détente mais pas un chef-d’œuvre, on le verrait estampillé « forgotten realms » sans problème, et je l’aurai certainement oublié dans trois semaines. Pourtant il y a un certain plaisir à retrouver de la bonne vieille fantasy classique, c’est comme relire un vieux « livre dont vous êtes le héros » ou relancer un petit baldur’s gate sur son PC, on irait presque se préparer un petit chocolat chaud et quelques cookies pour la peine.

Mais revenons à nos dragons, le plaisir de la lecture vient ici surtout du trio de personnages bien travaillés et attachants. En plus de Frith nous avons les deux mercenaires qui l’accompagnent, Sebastian, un chevalier déchu mais toujours droit dans ses bottes et Wydrin, une as des dagues, furtive et mortelle. La partie la plus intéressante et originale pour un livre du genre est le background de Sebastian, ce personnage au premier abord monolithique cache bien des surprises et une profondeur insoupçonnée. Wydrin est bad-ass et tout ça, mais reste assez caricaturale tandis que Frith est un peu trop froid (et parfois un peu trop con) pour accrocher le lecteur. Pourtant leur groupe fonctionne très bien et garde une dynamique intéressante tout au long du roman.

Le découpage de l’histoire en 4 parties sorties séparément se ressent beaucoup à la lecture de la version intégrale, on a 4 histoires liées mais qui ont chacune leur propre rythme, leur début et leur fin, certaines étant plus maitrisées que l’autre. Le troisième chapitre est par exemple très mou du genou, et il y a globalement un manque de cohésion dans le rythme de l’ensemble du livre, la lecture est du coup hachée, un peu flottante, par moments je lisais 10 pages et n’était plus dedans, par moments il m’a accroché pendant des heures.

The copper promise est une aventure entrainante mais très classique que je ne conseillerai qu’aux fans hardcores du genre, ceux qui ont retourné les Drizzt dans tous les sens et sont en manque de fantasy à l’ancienne. C’est une aventure réussie et agréable à lire, mais archi-classique.

Laisser un commentaire