The Black Box, harry bof

Nouvelle livraison « masse critique » du site Babelio, rappel des règles : un bouquin gratos contre une critique, et cette fois j’ai tapé dans de la VO, a pas peur ! Dans la liste de choses proposées a surgi un bon vieux Michael Connelly alors j’allais pas me faire prier, j’aime beaucoup ses bouquins, et on est parti pour une nouvelle aventure d’Harry Bosch.

Sa nouvelle enquête concerne un ancien meurtre perpétré il y a 20 ans pendant les émeutes qui ont suivi l’acquittement des policiers de l’affaire Rodney King. A l’époque, Harry n’avait pas pu résoudre cette affaire au milieu du chaos dans lequel était plongé Los Angeles mais de nouvelles preuves vont lui permettre de rouvrir ce dossier. Bien sûr, nous retrouvons le flic connu depuis une bonne quinzaine de romans, qui se fie à son instinct et ne lâche rien. Ces points forts sont toujours présents, ainsi qu’une description de l’enquête toujours entre le psychologique et le très concret, Harry bosse surtout à l’expérience et on suit avec plaisir ses raisonnements toujours solides.

J’ai pourtant trouvé cette enquête un peu plate, il ne se passe pas grand chose de concret, 300 pages à observer un héros passer des coups de fil et lire des rapports. J’exagère un peu mais c’est le ressenti sur une bonne partie du bouquin même si le caractère du personnage et de son univers permettent de garder le plaisir de la lecture intact. Le contexte intéressant du meurtre se retrouve un peu terni par une solution assez classique, ce genre d’histoire est clairement déjà-vu et ne m’a pas surpris, c’est dommage, on dirait un épisode d’une série télé mise en bouquin.

Le contexte autour du policier ne surprend pas non plus, sa relation avec sa fille est agréable à suivre mais assez survolée et banale, la confrontation avec son supérieur vraiment cliché, et il se prend une enquête des affaires internes sur le dos, classique. L’élément le plus intéressant est finalement cette policière qui va enquêter sur Harry en parallèle, assez finement joué mais à peine effleuré sur la fin, du coup un peu frustrant mais rafraichissant. Et cette fin, justement, qui accélère tout à coup et donne enfin un peu de pêche à tout ça, elle emporte le lecteur et met en évidence, par opposition, le côté mou du reste de l’enquête. Pourtant le déroulement de l’affaire reste plaisant même si très classique, suivre le raisonnement de Harry Bosch et les rouages du système policier reste un plaisir et demeure la force de Michael Connelly, même si on l’a connu plus novateur dans le fond.

Comme je le disais au début, j’ai eu ce livre en VO, mais petit détail que j’avais à peine remarqué, j’ai eu droit à un exemplaire de la collection « yes you can » de Harrap’s. La particularité de cette collection est de produire le texte intégral en anglais, mais en y ajoutant une marge où sont notées des traductions de passages et d’expressions moins immédiates et également de notes sur le contexte et les abréviations américaines. J’ai trouvé ça très bien foutu, même si parfois les choix des passages traduits ou pas étaient étranges, c’est vraiment utile pour les mots et expressions qu’on ne connait pas forcément, et surtout les explications sur certains points culturels qui peuvent échapper au lecteur français.

Un Harry Bosch en petite forme, ça reste le haut du panier en terme de littérature policière, mais le classicisme de l’histoire de fond laisse un petit goût amer, sans vraiment gâcher complètement le plaisir que j’ai eu à renouer avec le personnage et son univers. Un Connelly mineur donc, pas le premier que je conseillerai, mais une lecture solide néanmoins.

D’ailleurs merci à Babelio et Larousse pour cette lecture.

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