Le crépuscule des dieux, la guerre des McGuffins

Après les deux premiers romans mystérieux et passionnants de La tétralogie des origines de Stéphane Przybylski, j’étais tombé de haut sur le troisième tome qui n’avançait pas et se contentait de répéter les mêmes trucs. Mais bon, comme les dernières pages redressaient un peu le tout et que j’étais curieux de savoir comment la saga se finissait, je me suis quand même lancé dans ce dernier volet : Le crépuscule des dieux.

Ça y est, la guerre touche à sa fin et les nazis fuient devant les alliés. Mais en coulisse, dans les petits interstices de l’histoire, la guerre secrète continue autour des extra-terrestres découverts en Irak, le Club Uranium cours partout pour étouffer l’affaire tandis que Friedrich Saxhäuser fait… pareil… Je crois… Contrairement aux romans précédents, l’action va s’étaler sur plusieurs décennies. On vivra la fin de la seconde guerre mondiale mais aussi la guerre froide en pointillés et plein de petits évènements marquants de la seconde moitié du XXe siècle. Les enjeux majeurs sont de récupérer les travaux des scientifiques nazis et tout ce qui a découlé des technologies aliens jusqu’ici.

Le problème c’est que ça commence à se voir, que toutes les intrigues ne tournent qu’autour de « McGuffins » qui se promènent. Les différents camps passent leur temps à se tirer la bourre pour choper un sérum, un scientifique, un dossier ou tout autre machin, et en y repensant, on nous fait le coup depuis le début de la saga, et ça fatigue. Ce qui change c’est justement cet étalement dans le temps qui nous détache complètement des personnages, on est dans du factuel, machin rattrape bidule à Metz et truc tue l’autre. La série m’avait peut-être déjà un peu perdu dans Club Uranium (donc mon avis est absolument subjectif et ma lecture fut ponctuée de longs bâillements) mais j’ai lu Le crépuscule des dieux avec autant d’immersion qu’un livre technique pour le boulot. Alors oui, il y a toujours la précision dans les description historiques et on se plait à naviguer dans les méandres de notre Histoire… Mais quand on enlève cette couche-là, il ne reste qu’une intrigue un peu trop bordélique et maigrichonne pour moi.

Les deux premiers tomes tenaient sur le mystère, et l’exploration en profondeur du contexte de la seconde guerre mondiale qui nous faisait découvrir des personnages non manichéens approfondis. Mais depuis qu’on a enlevé le mystère (on sait vraiment ce qui se passe, et c’est assez ridicule), qu’on a transformé les personnages intéressants en coquilles vides avec des super-pouvoirs, et qu’on passe sur tous les évènements à la vitesse d’un cours d’histoire de collégien, moi j’accroche plus du tout. J’ai même eu beaucoup de mal à comprendre le but des différentes factions, que ce soit Saxhäuser, le club Uranium, ou les aliens, c’est très difficile de suivre ce qu’ils essayent de faire. Parfois j’y pigeais clairement rien. Du coup quand ils te font un twist à base de « HAHA, tu croyais que notre but c’était ça mais en fait NON » ben… Je réponds que je croyais rien du tout parce que j’ai arrêté d’essayer de comprendre ce qu’ils cherchent à accomplir.

Le pire c’est que tous ces artefacts et ces personnes après qui tout le monde court, quand tu arrives à la conclusion, tu te demandes bien ce qu’on en a fait. On a pourchassé des corps momifiés, des seringues mystérieuses, des dossiers secrets et des grands mystères pour arriver à une fin qui tombe complètement à plat, et avec l’impression que toutes ces péripéties n’ont servi qu’à nous promener pendant 2000 pages. La série partait pourtant bien mais finit dans un grand n’importe quoi qui brasse des poncifs X-Files-iens sans grande subtilité, sans véritable structure, et surtout strictement aucune idée nouvelle sur un sujet aussi largement traité. On me rétorquera que ça fait « hommage » mais ça ne m’a vraiment pas suffi.

Bon, je vais arrêter de donner des coups de pieds sur l’ambulance que j’ai criblé de balles et de roquettes. Vous l’aurez compris, cette série m’a perdu en cours de route, et je l’ai fini plus pour passer à autre chose que par grand intérêt. Les autres blogueurs ont réussi à rester accrochés jusqu’au bout (voir les autres chroniques en lien en bas de page, je suis le seul à pas avoir aimé), et ma lassitude a sûrement altéré ma perception du bouquin donc cet avis est clairement à prendre avec des pincettes, mais j’ai pas aimé, donc je râle, bienvenue chez l’Ours.

Bouquin reçu en Service Presse de la part de Pocket, merci à eux

Les autres tomes de la saga : Tome 1, Tome 2, Tome 3

Lire aussi l’avis de : Blackwolf (Blog O Livre), Apophis (Le culte d’Apophis), Vert (Nevertwhere), Dionysos (Le bibliocosme), Célindanaé et Lhotseshar (Au pays des Cave Trolls),

10 réponses

  1. Je ne sais pas trop si on peut dire que tu es le seul à ne pas avoir aimé. Je suis certes moins critique que toi, sur ce coup, mais j’ai relevé beaucoup de défauts tout de même sur ce tome 4. Même si le 3 est pire, je pense. En tout cas, très bonne critique, tu as très bien fait passer ton sentiment sur ce bouquin.

    • Oui, t’étais mitigé mais j’ai trouvé que j’étais plus négatif que tout le monde.

      Sur Babelio les notes tapent autour de 4, mais sur goodreads il a une moyenne à moins de 3, pas top quand même

  2. Je suis resté accroché de bout en bout et je me suis senti carrément orphelin à la fin des aventures de Saxhäuser. Comme quoi ça ne peut pas marcher à tous les coups…

  3. J’ai lu le premier mais j’avoue que je n’ai pas poursuivi vu l’ampleur du cycle. Et je crois que je vais en rester là, ça parait trop nébuleux pour moi.

  4. Pour ma part j’ai bien aimé cette conclusion (après un tome 3 bien en dessous, je suis d’accord). Mais tu as tout à fait le droit de grogner ta désapprobation 😀 (en plus tu as enchaîné les deux derniers donc c’est sans doute pareil qu’attendre quelques mois la suite ^^).

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