Le bouclier du tonnerre, Thunderstruck

Après la fin explosive du premier tome de Troie, il ne m’a pas fallu longtemps pour replonger dans la dernière grande épopée de David Gemmell. Les aventures d’Hector, Hélicon, Andromaque, Ulysse et tous leurs copains me tournaient dans la tête depuis que j’avais refermé Le seigneur de l’arc d’argent, il était grand temps de remettre le couvert avec le Bouclier du tonnerre.

Presque un an s’est écoulé depuis l’attaque des mycéniens, un calme relatif est revenu sur la Grande Verte et tous les rois convergent vers Troie pour assister au mariage d’Hector, profitant d’une trêve le temps des festivités. L’évènement est le pilier central de ce second tome composé en trois actes. Le premier est surtout centré sur le Pénélope, le navire d’Ulysse en route vers Troie pour assister au mariage. Ce voyage ne sera pas de tout repos et nous donne l’occasion de rencontrer deux (presque) nouveaux personnages qui vont prendre une importance capitale pour la suite : Calliadès et Banoclès, mycéniens rescapés du premier tome. Le second acte concerne le mariage et les jeux qui sont organisés à cette occasion, parce qu’à l’époque ils se contentaient pas d’une soirée où tout le monde s’emmerde avec un DJ pourri et des gens bourrés. Et finalement, le troisième acte racontera les conséquences de tout ce qui se passera au mariage, et il va s’en passer des trucs.

Là où le tome 1 avait un rythme posé pour installer ses personnages et vraiment exploser sur la fin, cette suite ne s’arrête jamais. Le rythme est soutenu tout le long, on ne lâche pas le bouquin pour voir où vont nous mener toutes ces intrigues entremêlées à la perfection. On sent la tragédie qui se met en place, les évènements qui échappent au contrôle des différents héros. Tous devront prendre position, choisir leur camp parfois malgré eux en vue de la guerre qui s’annonce. Les drames arrivent, inéluctables, la tension monte, les rois se scrutent, les soldats s’arment, les comploteurs complotent, les pauvres paysans ferment leurs volets dérisoires et prient pour leurs proches. Et le sang coule. Les moments de bravoure, les carnages, les affrontements tendus, le livre les sème un peu dans toutes les pages, donnant au roman un souffle épique hallucinant alors que bon, c’est un second tome, c’est censé être le ventre mou du bordel. Du coup on se demande bien ce que nous réserve le dernier roman !

Les personnages sont toujours géniaux, on retrouve avec grand plaisir le marchand conteur Ulysse pendant tout le début, puis on revoit la courageuse Andromaque aux côtés d’Hector, on aperçoit enfin le féroce Achille et l’impitoyable Agamemnon. David Gemmell les pousse tous bien au-delà de leur archétype et de leur mythe pour en faire de vrais personnalités, profondes, cohérentes et entières. Et on croise un duo de personnages typiquement Gemmellien sous les traits de Calliadès et Banoclès, le premier étant le stratège dévoué et idéaliste, et le second le benêt au grand cœur et au bras puissant. Ils sont le fil conducteur et l’âme de ce tome, les parias qui traversent ces temps tumultueux au milieu des rois, des princes et des généraux.

C’est avec une maîtrise hallucinante que l’auteur arrive à mettre en place les innombrables pièces de ce puzzle, tout ça sans jamais perdre le lecteur. Il faut saluer la prouesse : faire vivre autant de personnages dans des intrigues aussi complexes, avec des trajectoires toutes mêlées les unes aux autres, en conservant l’élan épique et l’attachement aux héros, en étant respectueux des mythes tout en les renouvelant, c’est du vrai travail d’orfèvre. Mais il n’oublie pas non plus l’humour, les vannes bien senties et les situations cocasses. Les dialogues visent toujours juste, font rire ou chialer selon le moment. Je suis toujours admiratif devant la manière dont Gemmell a intégré les histoires d’Ulysse à son épopée. C’est malin, subtil, fun.

Ce bouclier du tonnerre, second tome de la trilogie troyenne, est encore un petit chef-d’œuvre de construction et de narration. David Gemmell continue à mettre en place son incroyable intrigue et garde l’inertie implacable de la fin du premier roman, sans jamais faiblir. Maintenant il faut enchainer sur le troisième sans tarder. La guerre attend.

 Lire aussi l’avis de : Gilossen (Elbakin), Dup et Phooka (Book en stock),

7 réponses

  1. Cette année, j’ai décidé de la dédier à 3 auteurs : RC Wilson, Reynolds et Gemmel.
    Je me fixe un minimum de 3 titres par auteur, mais avec Gemmel, j’avoue qu’avec toutes ces critiques positives, je ne sais pas quel bout commencer.

    • Le plus logique serait de commencer par Légende et de suivre la saga Drenaï dans l’ordre. Chaque bouquin se suffit à lui-même mais dresse une image d’ensemble vraiment sympa.

      Après, si tu veux pas te lancer dans une grande saga, ses séries plus petites font très bien l’affaire : ma petite préférence va à Rigante qui « synthétise » très bien l’esprit Gemmell, ou encore ce Troie qui jusqu’ici est vraiment excellent et moins « old-school ».

      Y’a d’autres sagas moins centrales mais intéressantes, mais pour débuter c’est moins « évident », notamment tout ce qui touche aux pierres de pouvoir (Les pierres de pouvoir, jon shannow et Le lion de macédoine).

      Tu as toutes les sagas en détail sur wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Gemmell

  2. « commencer par Légende et de suivre la saga Drenaï dans l’ordre » Oui, absolument mais dans quel ordre ?

    L’ordre chronologique (Bof) ? L’ordre de parution française ou originale ?

    Je les ai lus dans l’ordre de parution chez Bragelonne et je me suis régalé, en gros, il y a 3 trilogies, elles commencent avec une histoire de Druss puis une histoire de la lignée d’Ulric et une histoire de Waylander et le tout dans le désordre chronologique ce qui permet de voir comment des histoires simples se transforment en légendes et vice versa …

    Régalez-vous !

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