Club Uranium, Les aventuriers du temps perdu

Avec les deux premiers tomes de la Tétralogie des Origines (Le château des millions d’années et Le marteau de Thor), Stéphane Przybylski nous a plongés au cœur de la seconde guerre mondiale avec minutie et talent, en saupoudrant le tout d’histoire secrète, de complots et d’extra-terrestres. On avance maintenant dans le début des années 40 avec le troisième opus, Club Uranium.

Après le beau bordel qu’on a suivi en Grande Bretagne, tout le monde court après les artefacts aliens, chaque camp veux maintenant retourner en Irak pour récupérer ce qui reste des découvertes de Friedrich Saxhäuser. Et ça va être là toute la colonne vertébrale de ce troisième tome, une course pour retourner dans la vallée du petit Zab et déterrer le vaisseau qui s’y trouve. Trois concurrents dans cette course : Les nazis, la team Saxhäuser et enfin le Club Uranium, conglomérat secret international mené par Mr Lee. Le seul problème c’est que ça commence à chauffer dans le coin, les troupes Mussoliniennes et les anglais se foutent sur la gueule pour occuper le moyen-orient.

On va aller directement au cœur de la meule : Je me suis bien emmerdé en lisant Club Uranium, j’ai mis plus d’un mois à en venir à bout, c’était laborieux, j’me faisais de la peine à moi-même. Le problème est que ce troisième volume est plus massif que ses prédécesseurs, mais que sur les 500 premières pages (sur 720 en édition Pocket), on a une grosse impression de déjà-lu. On retourne sur les lieux du tome 1 dans la joie et la bonne humeur pour faire un peu pareil, mais en plus loooong. L’auteur multiplie les factions, les personnages, les points de vue (quitte à être un peu plus confus), mais ne nous raconte pas grand chose de nouveau : Les nazis cavalent après un bidule alien pour avoir la puissance infinie, les alliés veulent le même truc, et Saxhäuser se la joue renégat mais fait comme tout le monde.

La narration prend pas mal de hauteur et perd au passage beaucoup d’attachement aux personnages, pour aller vers quelque chose de plus global, de plus « je joue à Risk avec mes factions ». Elle essaye pourtant de caractériser les membres du club Uranium en passant un peu de temps sur leur background et leurs « failles » (drogue, alcoolisme, crétinerie…) et c’est une de ses réussites. Mr Lee prend beaucoup d’épaisseur et devient plus nuancé. Mais au milieu de tout ce gros bordel, y’a beaucoup de gras et de longueurs. Stéphane Przybylski passe beaucoup de temps à expliquer les chaines de commandement, les prises de décisions et ce qui se passe en haut lieu. C’est fait de manière précise, documentée, érudite (les malades d’histoire apprécieront toujours), mais ça nous éloigne constamment de l’action et m’a perdu à plusieurs reprises. Enfin, plus on avance dans l’histoire, plus les motivations des aliens déçoivent… Ils se la jouent « pfff, ces humains insignifiants » mais font un peu n’importe quoi quand même, ils se font balader comme des nouilles alors qu’ils sont infiniment plus avancés, et ne servent finalement que de Deus Ex Machina ambulants qui viennent clore toute les péripétie de manière impromptue.

Fort heureusement, les 200 dernières pages apportent (enfin !!) quelques surprises. J’ai l’impression que ces 500 pages de remake des « aventuriers de l’arche perdue » parsemé d’ellipses acrobatiques n’ont strictement rien fait avancer, et que c’est dans cette dernière partie que tout se bouscule ! On a des révélations sur l’avenir, des perspectives sur l’après-guerre, du suspense et de l’action. Là on retrouve une bonne grosse dose de suspense et on est repartis ! C’est bête, j’me suis ennuyé sur une majeure partie de ce romain mais j’ai quand même envie de savoir la suite.

Bouquin reçu en Service Presse de la part de Pocket, merci à eux

Lire aussi l’avis de : Blackwolf (Blog O Livre), Apophis (Le culte d’Apophis), Vert (Nevertwhere), Célindanaé et Lhotseshar (Au pays des cave trolls),

2 réponses

  1. J’entends tes réserves mais, contrairement à toi, je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ce troisième opus. Et je sens que je ne vais pas attendre très longtemps avant de me lancer dans le dernier.

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