Assassin’s Creed Odyssey, Terres d’aventures

Avant, je tapais allègrement sur Ubisoft à chaque sortie d’un Assassin’s Creed. Mais ça c’était avant. Avant Assassin’s Creed Origins qui, même s’il avait toujours quelques défauts, devenait beaucoup moins insupportable manette en main, et un peu mieux écrit aussi. Et voilà que l’éditeur garde son élan et nous rebalance un nouvel épisode basé sur sa nouvelle formule un an après, mais cette fois-ci au cœur de la Grèce antique en 431 avant Le Pitit Jésus.

Le joueur incarnera au choix Alexios ou Kassandra, mais l’histoire sera exactement la même dans les deux cas. A l’image d’un Mass Effect Andromeda, le personnage non choisi prendra la place complémentaire dans l’histoire. Le/la protagoniste est un/une Misthios, ou mercenaire, et il/elle a vécu un traumatisme quand il/elle était petit(e). Oh putain c’est super-chiant d’écrire comme ça… Bon, j’ai joué Kassandra alors je vais parler au féminin hein… Bref… Des années plus tard, Kassandra est une mercenaire bien bad-ass qui vit tranquillement sur son île de Kephallonia quand un riche bonhomme vient l’engager pour tuer un général, et il se trouve que la cible en question est son père qui l’a laissée pour morte dans son enfance. C’est le début d’une grande odyssée (!) qui va vous faire naviguer entre les îles de la Grèce antique sur les traces de votre famille, louant vos services à Sparte ou Athènes qui se foutent sur la gueule selon les circonstances, et pourchassant les membres d’une société secrète qui fout un peu le bordel partout.

Le jeu reprend donc les bases mises en place sur Origins mais arrive à les affiner, j’ai trouvé le système de progression et d’équipement plus clair et élégant. J’ai aussi trouvé les combats plus funs et moins frustrants, je sais pas si c’est ma manière de jouer mais j’arrivais mieux à gérer les timings et esquives, c’est plus nerveux, plus souple. On a une panoplie de capacités actives à choisir dans un arbre de compétences, frôlant souvent le concept de « super-pouvoir » mais qui sont rigolos. On a aussi des grandes bastons où il faut dézinguer plein de soldats adverses, ou encore des combats navals que je trouve un peu relous, mais c’est ça qui est bien, chacun fera un peu ce qui lui plait et on est pas forcés de tout faire. C’est à la carte (presque).

On garde bien sûr toute la beauté et la richesse de l’exploration qu’on avait déjà dans l’épisode précédent. Il y a des panoramas extraordinaires et des lieux toujours intéressants qui poussent le joueur à découvrir toujours plus, et pour le coup on a vraiment l’impression de vivre une odyssée, de partir à l’aventure sur son joli bateau, au gré du vent et de l’XP. En plus de l’histoire principale très intéressante, on va découvrir des quêtes secondaires dans tous les coins de la carte, des mystères et des complots dans chaque île. Mais à la différence d’Origins qui remplissait un peu son temps de jeu avec du vent, les quêtes secondaires ont toujours un petit truc intéressant, que ce soit une relecture de mythe (la quête de Supideo est très drôle), un fait historique (Kallipateira aux jeux olympiques) ou un fonctionnement spécifique de la société (conduire un enfant à l’agôgè). On ne trouvera pas forcément tout passionnant, mais je n’ai pas croisé de quête fed-ex totalement vide, même si, il faut l’avouer, le jeu abuse un peu du stratagème « Tu veux mon aide, mais avant tu vas m’aider à faire ça, ça, et ça, merci, cordialement ». C’est jamais vain, y’a toujours une petite histoire derrière, mais on sent l’astuce purement mécanique quand même. Bon, par contre, l’histoire contemporaine avec Layla, Abstergo et compagnie, je crois que ça n’intéresse plus personne depuis quelques épisodes (dites-moi si j’me trompe). J’y comprends rien, j’m’en fous, et chaque passage à notre époque est complètement inintéressant.

Heureusement, le monde Grec est peuplé de personnages intéressants, que ce soit des figures historiques ou juste des gens cools qui trainent comme Brasidas ou Xenia. Dans Origins je déplorais justement des PNJs oubliables alors qu’Odyssey regorge de persos qui marquent, à la fois dans leur look et leur histoire. Et tout ça mis bout à bout, ça fait une aventure vraiment vaste qui part dans plein de directions différentes. Quand on allume la console (ou le PC) on sait pas encore vers quelle péripétie on va se lancer, on est vraiment en mode « à l’aventure, compagnon, aujourd’hui je vais aller voir cette île-là, au pif », et on est souvent récompensés. Puis, comme le marketing nous l’a répété des dizaines de fois, y’a des choix à faire qui influencent la suite des évènements, oui. Tout ça fait un jeu long, comptez au moins 50 heures pour la trame principale, et le double pour bien essorer le jeu avec les adeptes à traquer, les artefacts, les créatures mythiques, etc… J’ai commencé y’a un mois et demi et je suis pas encore lassé.

Ce que je retiens du jeu c’est justement cette envie de découverte, de toujours aller voir ce qui se cache derrière la colline au loin pour voir quelles aventures on va pouvoir vivre. Parce que c’est intéressant, bien rythmé, bien conçu. C’est pas parfait non plus, y’a quelques trucs un peu bancals, quelques mécaniques chiantes (ces mercenaires casse-couilles qui savent toujours où tu es, ou ces civils maigrichons qui s’amusent à ramasser une arme pour t’attaquer alors que t’es tranquillement en train de taper un garde, par exemple !), mais c’est quand même un bel action-RPG massif dans un contexte historique qui change de la fantasy à papa. Et surtout on a encore une fois une protagoniste vraiment cool. Comme Bayek l’an dernier, j’ai trouvé l’héroïne de cet épisode impressionnante, une femme forte avec un design qui percute, un physique de mercenaire crédible, des doublages au poil, un caractère affirmé.

Assassin’s Creed Odyssey confirme le retour en grâce de la série amorcé l’an dernier, tout en l’améliorant sur ses points faibles. C’est une grande épopée où le joueur aimera se perdre, visiter des paysages magnifiques de la Grèce antique en vivant de belles aventures. On s’attache à ce monde malgré ses quelques défauts, et on y revient avec plaisir, pour fouiller tous les recoins, trouver tous les secrets. Allez j’vous laisse, il me reste quelques adeptes à zigouiller.

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