A gathering of ravens, Vengeance nordique

De temps en temps, je pioche un livre un peu au pif dans les recommandations Goodreads VO qui me font de l’œil,  A gathering of ravens de Scott Oden est de ceux-là. Bon, je dis « au pif », mais l’ami Apophis nous a sommé de « balancer son pognon sur son écran » après sa lecture, du coup ça donne un petit élan aussi.

Au doux pays des vikings, Grimnir est le dernier des Kaunar, non c’est pas un gros mot, il est juste le dernier représentant de sa race, et c’est leur nom, j’y peux rien. On les appelle aussi Skraelingr ou Orcnéas, et ils ont été décimés par les hommes après une guerre et quelques trahisons. Aujourd’hui (enfin, en 999, pas aujourd’hui aujourd’hui…), Grimnir n’a qu’un but, se venger en tuant Bjarki Half-Dane, le « sang mêlé » qui les a trahi. Dans cette quête on va découvrir que notre protagoniste n’est pas le plus subtil des guerriers. Il va emmener de force une chrétienne croisée sur la route pour lui indiquer le chemin vers sa cible dans une Grande-Bretagne qu’il ne connait pas, et défoncer la gueule du compagnon de cette dernière, parce qu’il est au milieu. Grimnir et Étain (la demoiselle en question) vont traverser plusieurs royaumes, plusieurs cultures, pour défoncer la tête de leur cible. Mais les danois, les saxons, les gallois et tous leurs copains se foutent déjà sur la gueule, donc va falloir se faufiler au milieu.

Du Danemark à l’Irlande en passant par l’Angleterre, Scott Oden nous fait voyager dans une Europe du nord où le christianisme se dispute aux croyances anciennes. Mais la magie de ces traditions païennes existe et persiste bel et bien, Grimnir va nous faire croiser des créatures des mythologies nordiques, mais aussi les traditions celtes du côté Irlandais. Ce mélange d’univers donne une ambiance particulière au roman et présente tout ça comme un ensemble, ajoutant à ce puzzle un coup de bonne vieille Église dans les dents. Il y a de temps en temps des passages d’exposition un peu lourds qui ralentissent beaucoup la lecture, mais les passionnés d’histoire apprécieront cette richesse proposée. Car le côté historique du roman (car c’est aussi la spécialité de l’auteur) ancre tout ça dans le réel, pour arriver à un mélange à la fois dense, réaliste et magique extrêmement agréable à découvrir.

Mais ça pose aussi un petit problème, c’est parfois assez dur à suivre, chaque truc a deux ou trois noms différents, l’auteur utilise des concepts en supposant que tu connais la mythologie nordique ou celte, et il te balance plein de mots sans rien expliquer. Alors personnellement j’ai recollé quelques morceaux parce que j’ai fait God of War l’an dernier donc j’ai transféré les concepts. Du coup, sur mes bases limitées, je me suis demandé tout le long ce qu’étaient les Skraelingr et comme on nous les décrit comme les fils d’Ymir et un peuple persécuté, j’ai supposé que c’était les Jötunns, les géants effectivement descendant d’Ymir. Raté. On apprend dans la postface que Grimnir est en fait un orc, parce que l’auteur voulait faire une histoire d’orc mais que Stan Nicholls était déjà passé par là. Et je vois pas bien le rapport. Je manque sûrement d’érudition de ce côté-là, ça fait un peu gloubi-boulgaesque.

Mais A gathering of ravens se rattrape bien avec ses personnages. Oden arrive à donner à son protagoniste un côté très iconique qui marche du tonnerre et lui donne une aura de bad-assitude assez monstrueuse. Sa relation avec Étain évolue de manière naturelle et leur aventure se suit avec plaisir. Et tout au long du voyage on va croiser d’autres personnages marquants qui ponctuent la lecture et donnent du relief à l’ensemble. On a au final un roman à la trame scénaristique relativement simple (on cherche un bonhomme pour lui casser la gueule) mais on plonge ça dans un contexte historique et mythologique très (parfois un peu trop) riche. Du coup la lecture dans son ensemble présente quelque coups de mou, mais laisse un très bon souvenir quand même, et je pense suivre les aventures de Grimnir un peu plus longtemps.

Quête de vengeance d’un gros bourrin dans l’Europe du nord de la fin du premier millénaire, A gathering of ravens est un roman qui mélange action, histoire et mythologie. Malgré un côté « trop dense pour son propre bien », ce roman reste prenant, avec son univers si particulier.

Lire aussi l’avis de : Apophis (Le culte d’Apophis),

18 réponses

  1. (merci pour le lien)

    Je pense que l’auteur aurait dû mettre son explication dans une préface et pas une postface. Dommage aussi qu’apparemment, les efforts de Patrice Louinet soient restés vains et qu’il n’y ait pas de traduction à l’horizon (je serais d’ailleurs ravi d’être démenti !). Tant pis, on se consolera avec le tome 2 qui débarque bientôt en VO.

    Je te rejoins, l’univers et le protagoniste sont les gros points forts du roman. Personnellement, j’ai adoré cette façon de mélanger les mythologies, les civilisations, le réel et le littéraire, j’ai trouvé ça habile et passionnant.

    Merci pour cette excellente critique 🙂

    • Merci a toi ! J’ai adoré le concept aussi, je pense que mes quelques réserves ne vont pas poser problème a tout le monde, c’est clairement personnel.

  2. « je pioche un livre un peu au pif », « Grimnir est le dernier des Kaunar »
    Je sais qu’on peut paraître idiot à encore lire des parutions des Moutons, mais là non, c’est trop gros, PERSONNE ne croit à cette coïncidence.

  3. rhaaaa! si toi aussi tu t’y mets! Ne crois-tu pas que ma PAL a déjà atteint une taille raisonnable ? J’ai au moins 2 ans de lecture devant moi.
    Bref, vendu! encore une fois!

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