Le saint des lames, Derrière les lignes ennemies

Après Darien et Shiang, Le saint des lames est la conclusion de la trilogie Les prodiges de l’empire qui marque l’arrivée de Conn Iggulden dans la fantasy, après avoir donné quelques claques au monde du roman historique avec plusieurs grandes sagas. L’écrivain anglais finira-t-il en apothéose ou se prendra-t-il les pieds dans le tapis ? Vous le saurez en lisant cette chronique. Ou le livre, ça marche aussi.

Deux ans après les évènements de Shiang, nous retrouvons la cité de Darien encore une fois dans la panade. Un prince du royaume de Féal, au nord, arrive dans la cité en tant qu’émissaire pour signer un traité commercial. Négociation, corruption, intimidation, meurtre, ça se passe pas trop mal, mais derrière cet accord se cache un roi qui est surtout intéressé par le pouvoir et il va essayer de forcer un peu les choses. Tellius va rassembler un petit commando de prodiges pour passer discrètement chez l’ennemi. Un chasseur, un joueur, une magicienne, un revenant, un gros bourrin et le saint des lames, nous les connaissons, ils sont la pointe de la lance, et ils devrons bosser ensemble pour contrer les plans du roi de Féal et protéger leur foyer.

C.F. Iggulden nous fait un casting all-star des deux premiers romans, il table sur des héros déjà connus pour nous accrocher et envoyer le lecteur directement au cœur de l’action. Et ça fonctionne plutôt très bien. Le maître mot est « efficacité », l’auteur joue encore la carte du « tourne-page » sans temps mort, action, tension, oh-mon-dieu-il-faut-sauver-la-cité. J’ai trouvé ce tome mieux équilibré en terme de rythme, là où Shiang prenait un peu trop son temps avant de décoller. On a des passages épiques et héroïques vraiment impressionnant, quand le lecteur accompagne les héros au cœur de la mêlée, que les épéistes avancent en donnant la mort sans pitié, couverts par les balles et les flammes, ce sont de vrais moments qui marquent par l’ambiance et un côté « visuellement » percutant. Le dernier segment du livre, dont je ne dirai rien, est également très impressionnant.

Tout cet aspect « badaboum » efficace est supporté par un background déjà installé, les 12 familles de Darien mènent toujours la danse et Tellius est le président du conseil. Chaque clan possède des objets magiques dont il est le gardien, les Verts Sallet sont toujours extrêmement cools, le mystère des pierres est toujours là. Mais pourtant, on regrette qu’Iggulden ne creuse pas un peu plus la chose, parce qu’on reste quand même beaucoup sur nos acquis sans avoir de grande révélation ou d’approfondissement majeur de cet univers, tout ça reste très en surface. Même des points que l’auteur a un peu teasé salement restent sans réponse (Je pense évidemment à l’identité de l’Idiot). C’est finalement pas très grave, car le roman reste absolument réussi pour son aspect « divertissement d’action », mais du coup il manque un petit quelque-chose de profondeur pour passer au rang de chef-d’œuvre.

Le casting est bien sûr un des éléments centraux de l’histoire, on connait déjà tous les protagonistes, et on est très content de les retrouver. J’aurai peut-être aimé avoir un ou deux petits nouveaux pour avoir un peu de fraicheur mais ne boudons pas notre plaisir. Les fines lames de Shiang sont toujours très impressionnantes dans l’action, et les autres ne sont pas en reste. Les relations et les motivations de chacun se tiennent, j’ai bien aimé ce petit cocktail. J’aurai un petit bémol à formuler sur Nancy, qui est quasiment la seule femme de la saga (à part Win Sallet), déjà en soi c’est pas top, mais son traitement aurait pu être plus subtil. Là où tous les autres brillent par leur compétence et leur discipline (enfin, sauf Vic Deeds pour la discipline), Nancy a juste un pouvoir de destruction et elle fout le bordel, tout en étant très belle. Celle-là on nous la répète sans arrêt, elle est tellement belle, tout le monde il est ébloui. Faudra creuser un peu plus ses personnages féminins la prochaine fois hein.

Voici donc une trilogie fantasy qui se termine dans la continuité des deux premiers tomes, C.F. Iggulden joue la carte de l’action, de l’efficacité et de la coolitude et ça fonctionne extrêmement bien. Le saint des lames est une lecture très agréable qui emporte le lecteur dans un tourbillon d’action et de magie avec des héros attachants. Il lui manque un peu de profondeur quand même (et de meilleurs personnages féminins) pour être plus que ça mais ne boudons pas notre plaisir, j’ai passé de bons moments de lecture avec cette saga.

Lire aussi l’avis de : Apophis (Le culte d’Apophis),

6 réponses

  1. Faudra que je me penche sur cette saga un jour même si c’est un peu gonflant ces auteurs qui se sentent obligés de définir leurs personnages féminins sur des critères physiques et d’insister dessus. Genre quoi si elle est moche ou qu’elle sent mauvais elle n’a pas le droit d’être badass ? Je me souviens d’un roman où l’auteur disait toujours « la belle blonde » ou « la belle rousse » mais pour son personnage masculin t’avais jamais « le beau brun » bizarrement
    Bref. Ta chronique était intéressante à lire o/

    • Merci !
      Oui, certains auteurs ont des progrès à faire là dessus. Le personnage était un peu plus fouillé dans le tome 1, mais comme on la connait déjà ici c’était du coup assez minimaliste.

    • Ça dépend je dirais. Si la scène est vraiment décrite par le personnage telle qu’il la ressent, la je comprend qu’il mette un jugement de valeur sur son physique. Mais c’est vrai que si c’est une description général qui ne met en cause aucun personnage, c’est frustrant parce que ça vient forcement de l’auteur.

      • De ce que j’ai compris dans la chronique ça semble venir d’une description plus générale. Outre ça tu as raison, si ça vient de la considération d’un perso ça peut se concevoir même si répété systématiquement sans contre-pied ça devient lourd.

        • En fait ça se produit plusieurs fois, du point de vue de plusieurs personnages. Effectivement le fait qu’un personnages trouve une femme belle n’est pas un souci, mais que chaque apparition provoque ce sentiment chez plusieurs personnages, et que ce soit à peu près le seul élément qui la caractérise pendant toute l’histoire, c’est un peu moins pertinent

Répondre à lianne80 Annuler la réponse.

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