Le démon blanc est le troisième tome de la saga Le dévoreur de soleil par Christopher Ruocchio
Oui, bon, je comptais enchaîner les tomes du Dévoreur de soleil assez rapidement, mais deux ans se sont envolés depuis ma chronique des Ténèbres hurlantes. Je sais pas ce qui s’est passé, sans doute une stase cryogénique. En plus, l’auteur a annoncé que Bragelonne laisse tomber la publication après le tome 4 sur les 7 que compte la saga, on appelle ça une Bragelonne donc c’est pas étonnant. Qu’à cela ne tienne, je continue en VO, même pas peur.
Après un siècle au service de l’Empire, Hadrian Marlowe a acquis une certaine notoriété et une aura presque divine auprès du peuple. On l’appelle Halfmortal, on admire ses exploits, on dit qu’il ne peut pas mourir, mais pour l’empereur et son entourage c’est peut-être un peu gênant. Et si on envoyait notre héros national très très loin, pour une mission quasi-impossible histoire qu’il soit pas trop encombrant ? Voilà donc le noble héros et son équipage en partance pour Gododdin à la recherche de vaisseaux mystérieusement disparus.
Comme le tome précédent, on constate une ellipse énorme avant de commencer ce chapitre des aventures de notre bouffeur d’astre. Chaque tome est vraiment contenu dans sa propre unité temporelle et donc mes souvenirs vagues du tome 2 ne m’ont pas trop gêné. On resitue dans les grandes lignes l’univers et en voiture, Simone, on repart vers de nouvelles aventures ! On retrouve Hadrian un peu moins idéaliste dans sa quête de paix avec les Cielcin vu la déconvenue précédente, et il part en mission pour affronter un ennemi inconnu tout en gardant des yeux dans le dos parce qu’il gêne un peu le monde politique de l’empire intergalactique. On va faire le yoyo entre des phases d’aventures spatiales pleines d’action et de suspense vraiment prenantes, et des retours au bercail qui feront la part belle aux manœuvres politiques option sourire en coin avec une flûte de champagne à la main.

Le bouquin est encore une fois une grosse brique (750 pages bien tassées pour la VO, 880 pour la VF) mais je n’ai pas trouvé de gros problème de rythme, ça avance avec régularité, ça change d’ambiance de temps en temps et nous pousse quelques gros boosts d’adrénaline pour pimenter le tout. J’aime cet univers d’empire spatial qui idéalise une culture terrestre disparue pour nous livrer des fantasmes antiques de l’espace tout en prenant du recul sur ce qui les a construit par les yeux du protagoniste. Mais ça donne quand même des vaisseaux spatiaux qui se mélangent avec des gladiateurs, des sabre-lasers et des centurions. Cool, quoi.
On avance bien dans certains aspects de la saga, le background s’étoffe énormément avec une exploration du passé qui va nous mener à comprendre certains évènements de la Terre antique, pourquoi on l’a quittée et comment. On va découvrir de grandes choses sur ces entités inconnues qui semblent laisser traîner des trucs un peu partout dans l’univers et ces révélations assez renversantes auront des répercussions directes sur notre compréhension du lore, et sur les connaissances de Hadrian évidemment. Finalement ce troisième tome nous fait découvrir plein de choses sur le worldbuilding et promet de belles choses pour la suite.
La série continue de jouer avec les lignes temporelles puisque les nobles de ce monde sont créés en laboratoire et leur durée de vie est très rallongée grâce aux progrès de la science, mais pour voyager dans l’espace on passe aussi beaucoup de temps en stase cryogénique quand votre voyage doit durer 20 ans, autant ne pas les perdre et aller au dodo. Le vaisseau contient des milliers de soldats congelés qui sont ramenés à la vie alternativement pour prendre leur poste ou amener des renforts, c’est pour ça que la série couvre des siècles d’histoire, comporte des grosses ellipses, et ça donne un petit vertige marrant.
Hadrian Marlowe est le narrateur et protagoniste de l’histoire, mais je trouve que l’auteur arrive à faire vivre tout son entourage, les personnages secondaires, il leur donne de la personnalité et un rôle qui peut prendre le devant de la scène quand Hadrian est moins compétent (ou moins disponible). Hadrian n’est pas le capitaine du vaisseau, Hadrian n’est pas le meilleur stratège, Hadrian n’est pas l’expert en technologie. Parfois, Hadrian ne sert pas à grand chose. Mais il est entouré et tout ce petit monde vit et fonctionne, il y a des loyautés, des compétences, de l’amitié, de l’amour, des regrets. J’ai beaucoup aimé lire la relation entre Hadrian et Valka, un amour solide, on affronte les difficultés ensemble, on se fait confiance, point. Aaaah, ça fait du bien. J’ai adoré le personnage de Lorian, physiquement tout plein de handicaps mais un esprit stratège brillant, et quand ça devient compliqué il prend tout en main, on lui laisse la place et il tabasse. Et en fait il y en a plein comme ça, il y a tout un univers constitué de ses personnages et c’est ce qui m’a beaucoup plu à la lecture de ce tome. On voit une évolution également dans la relation de Marlowe face au pouvoir, c’est très subtil et ambivalent. L’empereur lui confie un de ses fils en tant qu’écuyer et ça va ramener pas mal d’emmerdes et une relation ambiguë.
Je continue à beaucoup apprécier cette série pour son univers science-fiction badaboum gigantesque, pour ses personnages et son côté théâtral assumé avec lequel Christopher Ruocchio s’amuse beaucoup. Il faudra pouvoir continuer en anglais après le tome 4 si vous voulez suivre Sun eater jusqu’au bout, mais pour ma part je suis bien décidé à y aller.
Lire aussi l’avis de : Lianne (De livres en livres),
Couverture : Gael Giudicelli
Traduction : Olivier Debernard
Éditeur : Bragelonne
Nombre de pages : 888
Date de sortie : 1 Septembre 2021
Prix : 25 (broché) / 10,95€ (poche) / 7,99€ (numérique)

j adore cette serie , j ai lu les 4 premiers tomes en FR aussi quelle terrible surprise de voir que point de 5 en Fr .
j ai envoyé des mails a Bragelonne pour demander pourquoi ils ne poursuivaient pas la traduction, si on pouvait avoir un espoir? , jamais eu de réponse
Honteux de voir que l on arrête ainsi une serie en plein milieu s’en daigner donner un mot d explication, je trouve que c est de l escroquerie .
bref j ai attaqué le 5 en anglais avec mon anglais loin d être optimum, merci la liseuse pour le dictionnaire incorporé :). j’avance Doucement , tres doucement
Bon courage pour la poursuite en VO, oui c’est curieux, rien n’a été annoncé officiellement, on l’a juste su par l’auteur sur un commentaire insta
Je viens de finir le tome 7 et c’était à la hauteur de l’attente (quoi que parfois un peu long, c’est le plus gros de la série). Une vraie fin, que l’on prend plaisir à lire même si on la connait en fait depuis les premières pages du tome 1. Ruocchio a annoncé sa prochaine oeuvre pour 2027 qui sera de la pure fantasy à priori : je serai au rendez-vous.
Sinon, pour info : les tomes 4 et 5 sont en fait un seul tome initialement, coupé en deux parce que trop gros. Le 5 enchaîne directement après le 4 (tome incroyable). Je peux pas t’en dire plus, mais je pense que c’est presque indispensable de les lire d’affilée. On perd trop à les lire comme deux tomes séparés, comme je l’ai fait par ignorance, et j’ai regretté. C’est les deux plus petits de la saga, environ 1000-1100 pages à eux deux. Et tu peux enchainer VF-VO sans souci, la VO est très accessible.
Content que la fin tienne la route ! Je note pour les 4 et 5, j’ai les 5 premiers en VO maintenant donc je vais faire ça