Défaillances systèmes, Assasympatoche

Difficile de passer à côté de Journal d’un assassynth de Martha Wells quand on suit le petit monde de la littérature SFF. Tamponné d’une belle collection de prix prestigieux et de retours très positifs dans l’ensemble, cette lecture courte semblait convenir au lecteur de SF light que je suis donc je tente le premier tome, Défaillances systèmes.

AssaSynth est un cyborg de sécurité qui a pour rôle la protection d’une équipe scientifique en mission sur une planète inconnue, mais iel a réussi à pirater son propre système de régulation pour se « libérer ». Son libre-arbitre se manifeste surtout par son asocialité, iel préfère passer des heures à mater des séries dans son coin plutôt que rester au milieu des humains qu’iel doit protéger. Pourtant iel doit faire semblant d’être toujours « normal » et tout part en vrille quand une série « d’incidents » mettent les scientifiques en danger dans leur petite base isolée.

L’aventure est narrée du point de vue d’AssaSynth, et c’est précisément ce qui apporte le sel et l’originalité de cette novella. Ce protagoniste nous raconte l’aventure avec un ton très amusant, mêlant ironie et misanthropie apparente, mais ça ressemble finalement plus à de l’angoisse sociale qu’à du détachement blasé. Nul doute qu’un robot qui passe son temps dans son coin à mater des séries téléchargées, qui n’aime pas les gens et déteste enlever son casque pour montrer son visage humain, ça parle pas mal à certains lecteurs d’imaginaire. Sans tomber dans la psychologie de comptoir à deux balles, oui, bien sûr, ça a résonné avec mon moi adolescent/jeune adulte qui préférait bouffer des séries et des BDs que voir des vrais gens. Et ça explique peut-être le succès et l’attachement à cette série.

Parce que franchement, à part cet aspect-là, le reste de Défaillances Systèmes casse pas trois pattes à un CanardBot. La mission scientifique d’exploration qui subit une attaque, vas-y qu’on doit tenter une sortie pour aller dans une autres base, découvrir qui qui a fait ça, etc… C’est simple, archi-classique, parfois un peu confus mais ça fait le job. Les personnages secondaires sont tout juste fonctionnels et le background nous donne le minimum syndical pour la mise en place de l’ensemble (mais ça intrigue quand même, on a envie de creuser mais ça sera pas pour cette fois, désolé, à la prochaine).

Tout ça permet surtout de mettre en avant AssaSynth et sa personnalité. Il y a bien sûr la thématique de l’IA qui prend son indépendance et sa conscience, archi-classique du genre mais qui personnellement ne m’a jamais vraiment intéressé (j’en ai parlé dans ma chronique d’Un océan de rouille). Pourtant elle a ici a un petit twist avec un aspect « Trauma » intéressant même si peu exploité, parce qu’AssaSynth a vécu un évènement tragique qui l’a fortement marqué et a motivé pas mal de choses. On peut se demander donc pourquoi ce sont les aspects résolument humains qui fonctionnent autant avec ce robot, c’est ironique.

Heureusement, le texte fait 120 pages, ce qui finalement passe très bien et permet une lecture sympathique qui vaut le coup surtout (et seulement) pour ce protagoniste attachant. J’ai un peu peur des suites finalement, j’espère que Martha Wells saura aller un peu plus loin, sinon ça va être vite chiant, surtout quand elle passe au format plus long.

Lire aussi l’avis de : Célindanaé (Au pays des cave trolls), Apophis (Le culte d’Apophis), Lianne (De livres en livres), Blackwolf (Blog O Livre), OmbreBones,

5 réponses

  1. Merci pour le lien 🙂 Perso je n’ai jamais eu spécialement envie de lire la suite même si ce tome était sympa. Y’avait de bonnes idées mais il manquait le petit truc en plus qui me fait me dire « ah ouais c’est bien ça je vais continuer ».

  2. Divulgachage : la suite reste simple. Je dirais bien qu’il y a néanmoins des personnages secondaires plus marquant, mais comme moi j’ai déjà bien aimé ceux de ce volume – ils sont gentils ! – je ne suis pas sûr d’être de bon conseil. ^^’

  3. J’ai trouvé ça sympathique à lire (mais bon je suis bon public des histoires pas prise de tête de 100 pages xD). Je suis curieuse de voir comment l’univers se développe ensuite.
    (par contre effectivement de là à dire que ça méritait un nombre de prix assez élevé pour dissimuler une très belle couverture…)

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