Valour, la poursuite infernale

Valour est le second tome de la saga The faithful and the fallen par John Gwynne, qui avait commencé avec Malice. Cet excellent premier roman démarrait tout tranquillement pour devenir de plus en plus prenant et finir en apothéose, et j’étais donc impatient d’enchainer sur la suite. Que vont devenir nos héros ? Il est vraiment mort, l’autre ? Est-ce que Storm sait rapporter un frisbee ? Vous ne le saurez qu’en lisant le bouquin parce que je compte pas spoiler, mais je vais quand même parler de Valour.

Malice se terminait sur deux grands affrontements épiques, l’attaque de Dun Carreg et le combat contre les géants sous Haldis. Les deux épisodes ont eu leur lot de morts et de trahisons donc je vais essayer d’être un peu vague… L’important est que le groupe de Corban, le guerrier adolescent accompagné de sa famille et son entourage (ce qu’il en reste du moins), se retrouve en fuite tandis que les Gadraï survivants de Haldis vont essayer de survivre dans la forêt de Forn pour se faufiler entre les lignes ennemies. Les évènements de ce second tome vont converger vers Domhain, dernier royaume humain de l’ouest à ne pas être tomber sous la coupe de Dark Vador (certains noms ont été remplacés pour éviter tout divulgâchage éhonté du premier tome). L’histoire suit cette invasion qui progresse, balayant tout sur son passage avec un triple objectif : conquérir (duh !) mais aussi capturer « l’étoile scintillante », champion du dieu oublié, et enfin récupéré le chaudron, l’un des trésors antiques dont parle la prophétie. C’est donc plusieurs gigantesques course-poursuites qui vont se dérouler sur fond de guerre, ça complote, ça bastonne et ça se faufile dans les bois pour glisser entre les doigts de l’ennemi.

On a toujours un vaste terrain de jeu politique qui structure cette histoire, John Gwynne nous sert ça de manière tellement naturelle qu’on n’a jamais aucun mal à s’y retrouver malgré la complexité de l’ensemble. Je suis bluffé par la facilité avec laquelle on arrive à suivre cette histoire malgré la multitude de personnages, de factions et d’enjeux différents. D’ailleurs, merci à la carte et au  Dramatis Personae qui sont très utiles, et qui dans la version ebook du tome précédent m’avaient posé quelques soucis d’accessibilité, d’où mon achat des versions papier pour le reste de la série. En fond, les personnages sont toujours motivés par cette prophétie de Guerre des Dieux, où le champion d’Elyon va s’opposer au champion d’Asroth, où les sept trésors antiques vont jouer un rôle crucial, etc… Dans ce beau bordel se débattent des personnages que j’ai adoré, avec ici quelques nouveaux et quelques disparus mais toujours un casting 5 étoiles sans aucun personnage inintéressant.

Bien sûr, le roman explore les thèmes d’héroïsme, de bravoure, d’amitié, de famille, les grands classiques du genre mais c’est tellement bien fait, tellement prenant qu’on s’y laisse emporter avec joie. Y’a de l’action en pagaille, des retournements de situation, des émotions fortes. On a beaucoup de perspectives différentes mais ce n’est jamais frustrant parce que c’est très bien structuré, et je suis attaché à tous les narrateurs sans exception. On retrouve tous les personnages du premier tome qui sont encore vivants, auxquels s’ajoutent quelques petits nouveaux comme Coralen la jeune tueuse de géants, ou Tukul le guerrier Jehar. Les personnages évoluent de manière très logique et compréhensible, je n’ai eu aucun mal à ressentir de l’empathie pour tout le monde, les gentils, les méchants, et ceux qui savent pas encore très bien. Le roman joue d’ailleurs beaucoup avec ces jeux de perspectives, au lieu d’opposer clairement le bien et le mal, on a tout un éventail de gens qui savent pas trop de quel côté ils sont, ou qui sont persuadés d’être dans un camp alors qu’en fait non. T’en arrives à avoir un héros sympa que t’aimes bien qui veut tuer un autre héros sympa que t’aimes bien, parce que tout le monde ne lit pas les mêmes journaux, c’est ballot. La différence avec le premier tome est qu’on sait maintenant qui sont les deux champions, mais tous les personnages ne le savent pas, donc ça crée des situations bien tordues.

J’avais mis un bon moment à rentrer dans l’histoire de Malice, le temps de m’y retrouver entre tous les héros, les royaumes, l’intrigue et la mythologie. Ici c’est tout l’inverse, dans les 30 premières pages c’est reparti, j’ai replongé direct dedans. On est portés par les drames qui nous ont secoué, l’urgence de la situation et la tension générale qui ne retombe jamais. La narration alterne les points de vue toutes les 5 à 10 pages, ça avance très vite, on n’a jamais l’impression d’avoir du remplissage. On a beaucoup comparé cette série au Trône de fer, et l’influence est assez évidente dans la structure. Mais John Gwynne se démarque de la saga de George R.R. Martin grâce à un souffle épique, un rythme bien plus soutenu et des personnages beaucoup plus attachants. Comme je l’ai indiqué dans les commentaires de mon article précédent, si je devais m’amuser à coller une étiquette comme le font les éditeurs sur leur couverture, j’y mettrais plutôt « un Game of thrones qu’aurait écrit David Gemmell », si ça peut vous donner une idée du truc.

J’ai trouvé ce second tome encore mieux que le premier puisqu’on n’a plus la grosse phase de démarrage, il démarre tout de suite et ne nous lâche plus jusqu’à la fin. The faithful and the fallen est bien parti pour venir se classer dans le panthéon de mes séries préférées. Les tomes 3 et 4 nous confirmeront ça, très bientôt.

Autres livres de la série : Malice (tome 1),

8 réponses

  1. Déjà que tu m’avais diablement donné envie de lire le tome 1…. Je suis encore plus motivée pour lire le 2. Oui, ton accroche Le Got qu’aurait pu écrire D Gemmel est vraiment convaincant!

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