The shadow of what was lost, Puzzled quest

Je continue mon opération « découverte de séries VO un peu au pif mais pas tant que ça » avec The shadow of what was lost de James Islington, premier tome de The licanius trilogy. C’est un premier roman assez massif (600 pages ou 25 heures d’écoute en audio dans mon cas) mais il fallait bien ça pour faire rentrer tout ce qu’il contient, parce qu’il y a beaucoup de matière là-dedans.

L’histoire commence doucement dans une école de magie, nous suivons Davian qui galère toujours à maitriser son don alors que l’examen final approche. S’il échoue, il sera transformé en Ombre, une caste de parias qui sont moins que des esclaves. C’est du Poudlard un peu hardcore jusque-là. La veille du jour fatidique, Davian se carapate en douce avec son pote Wirr avec une mission secrète qui tombe pile au bon moment. On le charge de suivre une vague affaire concernant la barrière qui protège le continent par le nord. Ce qu’il ne sait pas tout de suite, c’est que son escapade les sauvera tous les deux du massacre qui va être perpétré la nuit suivante dans son école. Ashalia, leur amie restée sur place, y échappera par miracle mais y perdra quelques plumes, et partira de son côté pour une autre aventure.

Ça c’est le début de l’histoire, mais on va tout de suite mettre les pieds dans un univers beaucoup (beaucoup) plus vaste. Davian et Wirr vont tomber sur Caeden, un jeune amnésique accusé d’un crime horrible dont il n’a aucun souvenir et qui cherche à retrouver la mémoire. Juste après ils seront rejoint par Taeris, un mystérieux bonhomme qui sait beaucoup de choses et qui va plus ou moins les guider. Asha, de son côté, va découvrir le monde des ombres et devra démêler les intrigues à la cour du Duke d’Andarra. Tout ça est livré avec son lot de coups de théâtre, de cachotteries et de trahisons, évidemment.

En filigrane de toutes leurs aventures, on va découvrir le background bien massif de cette série. On se situe 20 ans après une guerre qui a renversé les Augures (des super-devins qui régnaient sans partage), l’Administration a mis en place un contrôle strict de l’utilisation de la magie « classique » et ceux qui manifestent des pouvoirs d’augure sont bien dans la merde. Aujourd’hui une menace semble venir du nord mais personne ne sait trop ce que c’est, le massacre de l’école de Caladel semble cacher un complot très louche, et tout le monde a l’air d’avoir des secrets dans tout ce foutoir.

Autant vous dire que le début de l’aventure est déroutant, pendant un long moment on sait pas trop où vont Davian et Wirr à part pour suivre la piste de leur petit artefact magique, et puis après ils semblent se focaliser sur « rendre sa mémoire à Caeden ». Mais tout ça a l’air un peu vague comme quête, on a plus l’impression que les héros sont ballotés par les évènements mais n’y comprennent pas beaucoup plus que nous. Ils se font attaquer par des machins mais on sait pas trop pourquoi, le background nous arrive dessus et on essaye d’y voir clair mais c’est complexe. Et quand ça commence à partir dans les voyages temporels j’ai frôlé l’overdose. J’ai eu aussi du mal à me repérer dans l’espace pendant leur voyage, les noms des pays et des villes se mélangent un peu, tout ça n’est pas très bien caractérisé (et le format audio a du mal à contenir une carte, je sais pas s’il y en a une dans le format papier mais elle est sur le site de l’auteur).

Et pourtant… Petit à petit… Les pièces éparpillées s’assemblent, cet univers devient familier, on en comprend les codes et les enjeux. Il faut du temps et un peu d’effort mais on arrive à s’investir finalement. C’est surtout rendu possible grâce aux personnages, James Islington nous sert un casting humain et crédible, des héros profonds pour lesquels on aura aucun mal à ressentir de l’attachement. Ce sont eux qui portent le lecteur dans les méandres de ce gros puzzle complexe, c’est à eux qu’on s’accroche jusqu’à sortir la tête de l’eau et prendre un réel plaisir à les voir évoluer. Davian est le héros classique, jeune un peu naïf mais avec un potentiel inexploité, Wirr est le meilleur ami solide et il a son lot de secrets, Ashalia se révèle très intéressante à suivre, forte et intelligente malgré tout ce qui lui tombe sur la gueule.

On compare beaucoup The shadow of what was lost à La roue du temps de Robert Jordan, et je sais pas du tout ce qu’il en est vu que je l’ai pas lu (ça vous aide, hein ?). Ce que je peux dire c’est qu’il y a un gros sentiment de fantasy épique old-school là-dedans, le groupe de jeunes aventuriers qui part accomplir une quête dans un monde complexe, la découverte d’un passé mystérieux, des grands secrets révélés, des forces obscures et de la magie ancestrale. C’est profond, vaste, un peu foutoir mais très intéressant à découvrir. Maintenant que l’immersion est réussie, je pense que les tomes suivants seront bien plus agréables à lire (écouter), j’ai envie de voir où tout ça nous mènera, de découvrir les secrets de ce monde.

Je suis tombé sur ce roman en parcourant les différents livres lus par Michael Kramer qui avait déjà fait un boulot de dingue sur Fils-des-brumes, et c’est encore une fois une réussite. L’acteur donne une tonalité et un accent à chaque personnage, rend le monde vivant, c’est un réel plaisir de l’écouter parler. J’ai mis plus d’un mois à écouter les 25 heures de ce premier roman mais c’est peut-être ça qui m’a permis de digérer le worldbuilding gargantuesque qui nous est proposé. D’ailleurs, petite digression, je sais pas si c’est une idée que je me fais mais j’ai l’impression que les narrateurs de qualité se font rare en français contrairement à l’anglais où je trouve beaucoup plus mon bonheur. Les quelques livres audio que j’ai écouté dans notre langue me donnaient souvent l’impression que mon tonton me lisait une histoire en en faisant des caisses, ou au contraire en roupillant à moitié (Coucou Sonobook et Hardigan). Il y a une exception, c’est la version audio des Rois du monde de Jaworski, où Jean-Christophe Lebert fait une prestation incroyable.

Lire aussi l’avis de : Lianne (De livres en livres),

8 réponses

  1. C’est peut être justement parce que je l’ai lu (et pas écouté) que j’ai eu moins de problème à la compréhension.
    Par exemple a l’écrit les noms des lieux ont peut-être l’air plus différent que si on a juste leur nom dit à l’oral (surtout en VO peut être?). Après je n’ai jamais écouté d’audiobook donc je ne peux pas vraiment comparer, si ça se trouve ça n’a rien à voir.

    C’est peut être aussi parce que je l’ai lu quasiment d’une traite (je l’ai fini en un weekend), du coup j’étais dedans et même si je me suis posé plein de questions (ce livre est fait pour se poser plein de questions, ça pas de doute xD), ces questions ont renforcé mon envie de continuer pour en savoir plus plutôt que m’ont perdu.

    Enfin on est d’accord sur le point que ce tome ci est vraiment la pour nous introduire le monde, nous le faisant découvrir petit à petit à coup de d’interrogations et de mystères qui se résolvent.
    Et les personnages sont très sympa =)

    • Oui, c’est vrai que tous les noms ont des sonorités assez proches, Davian, Caeden, Elocien, Ilin illan, Caladel, etc… Au bout d’un moment, je savais plus où ils allaient et d’où ils venaient.

      Mais j’ai fini par y arriver ! Une fois dedans on est d’accord, c’est intrigant et ça pousse à aller plus loin.

      En tous cas je suis toujours impressionné par ton rythme de lecture, quand je vois défiler tes reviews je me demande si tu dors de temps en temps 😀

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