Super Time Force, Timebrocop

Super Time Force a l’apparence du jeu indé de base, run and gun en gros pixels, musique bip bip old-school, dialogues pleins de délires absurdes. De base, pas vraiment ma came. Vous y incarnerez au choix un personnages parmi la collection de héros aux noms complètement cons et référencés, on a droit à Jean Rambois, Mélanie Gibson, Dolphin Lundgren, etc… C’est drôle et fait penser à Broforce, ou Broforce fait penser à ce jeu, je sais pas trop, c’est vous qui voyez.

La subtilité majeure vous sautera à la gueule dès que vous crèverez, rassurez-vous, ça arrivera assez vite. A ce moment-là, le jeu vous propose de « rembobiner » votre début de niveau et, lorsque vous le souhaitez, de recommencer en rechoisissant votre personnage. Et là, magie, vous refaites le niveau aux côtés de votre premier « moi », et voilà ce que les développeurs ont appelé la « coopération tout seul ». Cette feature de gameplay fait tout le sel de Super Time Force, au fur et à mesure que vous perdez et rembobinez, le bordel ambiant se fait de plus en plus drôle et incompréhensible et vous commencerez à élaborer des stratégies du style « mon premier moi part à droite prendre le bonus de temps, mon deuxième tue le méchant et mon troisième lui saute par-dessus pour avancer plus vite ».

Et bien sûr chaque niveau sera chronométré sur 60 secondes max, quasiment infaisable en un run, vous élaborerez vos stratégies pour allez de plus en plus vite, et le nombre aidant, vous défoncerez tout le monde beaucoup plus vite. Le replay final vous montrant chaque niveau accompli par tous vos clones est souvent rigolo à voir et met en évidence le « mindfuck » général laissé par ce gameplay tout fou, j’ose même pas imaginer les séances de debug de ce jeu, ça devait être un gros foutoir ! Au final le jeu est vraiment drôle à découvrir et à parcourir, même s’il n’arrive pas vraiment à aller au-delà de son concept de base brillant.

En effet, une fois qu’on s’est amusé à parcourir un peu chaque monde, on a l’impression de faire un peu toujours pareil et on finit toujours par appliquer la même stratégie hautement évoluée partout : foncer dans le tas, mourir, re-foncer dans le tas, re-mourir, re-foncer dans le tas, etc… Les boss, par exemple, ne présentent pas de vraies stratégies vu qu’en général, ils sont largement faisables en se limitant à se placer dans un coin et lui bourriner la gueule avec chacun de ses personnages, c’est rigolo à faire mais sans vrai challenge ni subtilité. On peut regretter une durée de vie un peu limite, mais je me demande bien si le jeu ne serait pas devenu lourd s’ils avaient étalé leur concept sur plus de niveaux sans apporter d’idée neuve.

Pourtant ça reste amusant, et l’histoire complètement loufoque à base de voyages dans le temps permet de rigoler un bon coup malgré les textes français traduits en mot-à-mot par un stagiaire avec google trad, qui flinguent vraiment le ton des dialogues, mais les vannes marchent toujours plutôt bien. Même les graphismes, derrière leur côté « pixel-art » de base, révèlent une direction artistique et une palette de couleurs qui vont au-delà du jeu indé de base qu’on trouve à la pelle sur le net, c’est plutôt rafraichissant sur ce point et donne pas l’impression de faire du pixel parce que c’est tendance.

Super Time Force est un jeu fun, joli et innovant qui peine à approfondir son excellent principe de jeu, mais mérite quand même les quelques heures qu’il occupe grâce à sa bonne humeur communicative, les développeurs de Capybara continuent de proposer un peu de fraicheur dans le monde des studios indépendants.

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