Shi 1 : Au commencement était la colère, Femmes furax

« Presque un an et demi sans parler de BD ? Non mais ho, c’est quoi c’travail ?! Il est gonflé, l’ours, là ! »… Oui alors, déjà tu te calmes, faux lecteur inventé dans ma tête, hein… Bon effectivement j’ai pas lu beaucoup de BD cette année… Bon allez, d’accord, regardons un peu ce qui se fait de beau dans le milieu des bulles.

Tiens, c’est quoi ce truc ? Shi ? La samouraï en bikini des comics ? Ah non, rien à voir, OK. Ce Shi-là est une BD éditée chez Dargaud avec Zidrou au scénario et Homs au dessin et à la couleur. Ce premier tome se passe à plusieurs époque mais, même si on démarre dans notre bon vieux XXIe siècle, le gros de l’aventure se passe dans le Londres victorien en 1851, l’année de la première grande exposition universelle. C’est dans ce contexte que Jennifer Winterfield, fille d’une famille aisée mais un poil trop anti-conformiste pour son propre bien, va rencontrer une immigrée japonaise en détresse, Kitamakura.

Elles vont se retrouver plongées toutes les deux dans une affaire qu’on voudrait bien étouffer pour ne pas ternir l’évènement prestigieux, mais elles ne se laisseront pas faire. On suivra ces deux femmes dans leur combat pour leur dignité et leur indépendance, dans un monde où c’est pas vraiment des caractéristiques qu’on laisse volontiers à la gent féminine. Elles seront poursuivies parce qu’elles veulent faire ce qui est juste, quitte à énerver quelques hommes puissants.

Ce premier tome de Shi est violent, on nous montre une société qui n’épargne pas les femmes, et c’est le but de la manœuvre, car Au commencement était la colère est concrètement une « Origin Story », la rencontre de ces deux jeunes femmes révoltées qui est le point de départ d’une grande fresque vengeresse… Enfin, c’est ce qu’on a l’air de nous promettre… Car aussi convainquant soit-il, dans son univers, son rythme et ses personnages, ce tome 1 ne constitue en fait qu’une introduction. Ce n’est que dans les toutes dernières pages qu’on revient à l’époque contemporaine pour établir un lien vite fait. On arrive à la fin avec un « ah, l’aventure commence » un poil frustrant. On devra attendre la suite de la série pour voir où le scénariste veut en venir.

Côté graphique, José Homs (qui avait œuvré sur Secrets – L’angélus ou Millénium) fait un boulot remarquable. Il a un trait fin et vif, il n’hésite pas à donner de la texture à ses décors pour les rendre très riches. Les gueules de ses personnages sont très expressives, les mouvements sont dynamiques et fluides, c’est magnifique. Les couleurs collent bien avec l’ambiance et donnent aux planches un côté « gravure d’époque » très à propos. On a souvent une couleur très présente qui domine et suffit à poser l’atmosphère des différents lieux. Le découpage et la mise en scène sont dynamiques, on suit les évènements avec fluidité et beaucoup de plaisir.

Au commencement était la colère est donc un très bon démarrage pour cette nouvelle série Shi, malgré un côté « prologue » qui laisse un peu le lecteur sur sa faim. On a quand même une aventure rythmée dans une époque d’inégalités et de violence, servie par un trait époustouflant.

Vous pouvez lire un extrait sur BDGest.

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