Shameless, l’orgie à la maison

J’avoue que je vois pas bien l’intérêt de faire une série super-trash comme Shameless, j’aime bien les blagues à la con et l’irrévérence mais certaines en font leur argument principal et ça me gène parce que pour moi ça suffit pas à faire une bonne série, et ça amène souvent à faire une surenchère continue dans les vannes crades sans que ce soit nécessaire.

Cette série est le remake ricain d’un show anglais (que je ne connais pas), elle met en scène William H. Macy en tant que père célibataire d’une famille nombreuse. Sauf que ce père est un alcoolo abruti qui dépense tout l’argent du foyer en bière et les enfants doivent se démerder seuls pour payer les factures, manger et s’occuper des cadets. Le principe me plait bien et amène à des histoires et scènes très drôles et touchantes à la fois, tous les enfants sont marrants à leur manière et ça crée une dynamique de groupe vraiment chouette. Le couple de voisins ajoutent une touche de n’importe quoi à l’ensemble et ça reste cohérent et équilibré.

Shameless me perd en route dès qu’on nous sort ce père-clodo-déchet humain qui, malgré le talent de l’acteur que j’aime beaucoup, ne sert que de support aux histoires les plus glauques de la série qui ne me font jamais vraiment rire, tapent très souvent en-dessous de la ceinture à base de couilles, de sodomie et de vomi. Pourtant c’est la tête d’affiche et l’argument phare du programme mais très honnêtement, la même série amputée de tous les passages avec le père m’aurait amplement suffit (doit y avoir une analyse freudienne à faire de cette phrase, je laisse les fans de psycho s’amuser).

Je suis peut-être pas client de ce concept et ça ne s’adresse simplement pas à moi, mais pourtant y’a des aspects de la série qui peuvent être touchants et funs, on s’amuse vraiment en la regardant mais dès que ça essaye de passer trop du côté crado, ça semble gratuit et forcé. Et même quand ça ne concerne pas le personnage paternel ça tombe parfois dans l’irrévérencieux pas vraiment justifié et ça m’empêche de m’attacher à ces personnages. C’est au final le personnage du voisin Kevin qui me parle le plus, parce qu’il est aussi ahuri devant le n’importe quoi de cette famille que moi, mais qu’il reste humain et drôle.

Si on compare avec une autre série qui part dans la même direction (mais en  réussi), je trouve Californication beaucoup plus subtile et digeste dans le dosage, et les passages trash participent à l’identité et à la construction des personnages et ne font pas « ajoutés pour remplir le cahier des charges ». Ici le mélange passe mal, j’accroche la moitié du temps et le reste me ressort directement de l’épisode, ce côté « cul entre deux chaises » gâche les personnages travaillés, l’équilibre de la famille et les dialogues souvent très bien écrits.

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