Premier sang, Abercrombie fonce dans le tas

Premier sang est le premier tome de la trilogie « La première loi », et c’est également le premier roman de Joe Abercrombie… Oui, je sais, les répétitions c’est pas beau, mais là ça résume très bien la situation quand même. Ce roman fantasy nous présente les aventures croisées de plusieurs personnages très différents : Logen Neuf-Doigts le barbare bourrin des contrées du nord, Glotka l’inquisiteur claudiquant adepte de la torture subtile et Jezal, un escrimeur noble, prétentieux et flemmard.

Ces trois personnages évoluent dans et autour d’une nation, l’Union, espèce de grand empire déclinant rongé par la corruption. On va découvrir leurs histoires assez indépendamment pendant les 700 pages de ce beau pavé, chacun ayant des problématiques propres et ne se croisant que rarement. Le ton mélange habilement action et politique sans jamais tomber trop d’un côté ou de l’autre. Nous alterneront donc, un peu à la manière d’un trône de fer, entre différentes histoires qui ont l’air sans rapport.

Ça provoque surtout le gros défaut du livre, nous avons un gros bouquin, premier tome d’une trilogie, mais on a l’impression de lire une grosse introduction. Jusqu’à la fin du tome on ne sait pas vraiment de quoi il va vraiment nous parler car tout ne sert au final que d’exposition aux personnages, on n’effleurera que légèrement le cœur de l’histoire. On sent que quelque chose se met en place doucement, les trajectoires des héros convergent vers quelque chose, mais on referme le livre un peu frustré de ne pas avoir touché à la problématique.

Pourtant c’est un roman très agréable, le style est franc et fluide, et surtout les personnages sont excellents. On s’attache à tous, même au tortionnaire de service, car ils sont à la fois forts, humain et que l’auteur esquive tout manichéisme avec talent. Il y a un côté un peu « brutasse » dans l’écriture, pourtant compensé par un aspect politique assez finement amené.

En regardant la trame du bouquin d’un peu loin, on voit des grosses ficelles bien connues du lecteur : Le mage puissant légendaire qui recrute le héros vers une quête qu’elle est trop importante mais tu sais pas encore pourquoi, les clans sauvages du nord qui s’unissent et qui veulent envahir le peuple civilisé, l’artefact trop puissant planqué, etc… Mais c’est vraiment le style et l’enrobage qui permet d’aller au-delà, parce que ça reste très riche et bien conté, que les personnages sont complexes et attachants, je suis bien curieux de lire la suite.

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