Mirror’s Edge, Running Free !

Vous avez un message

Rétrospectivement, avec la fin progressive de cette génération de console, on a tendance à faire des bilans, et quand je regarde mon étagère de jeux, ceux que j’ai aimé et gardé, ceux auxquels j’ai envie de rejouer et qui m’ont laissé une trace, Mirror’s Edge tient sa place fièrement. Quand je finis un jeu je sais s’il m’a plu ou pas et ce que j’ai aimé dedans, je connais ses qualités et ses défauts (de mon point de vue). Mais c’est qu’un an ou deux après que je sais si il m’a marqué, après une bonne phase de digestion, une envie d’y revenir, ce jeu est de ceux-là.

Mirror’s Edge vous place dans les baskets à orteil trop classe de Faith, une messagère à pattes dont le rôle est de livrer lettres et colis dans un monde où les moyens de communications officiels sont tous surveillés par les autorités. Service de Poste hors-la-loi et dernier bastion des libertés de communication, vous courrez sous les radars (ou plutôt au-dessus), parcourant la ville par tous les chemins disponibles sans vous faire repérer. Bien sûr, le scénario va perturber un peu tout ça et mettre Faith en danger.

Le premier point appréciable est son héroïne qui, pour une fois, est une femme qui a du fond et dont le seul intérêt ne réside pas dans son bonnet et la couleur de son string et malheureusement ça court pas les rues (hohoho), elle a un physique qui correspond à l’athlète qu’elle est, jolie, réaliste, avec une personnalité. Par contre on peut reprocher au jeu une histoire un peu moyenne et des cinématiques dessinées vraiment, mais alors vraiment moches, je sais pas à qui a commis ça mais sur un jeu avec une ambiance si particulière ça fait tâche et flingue tout le charisme potentiel des personnages.

Regarde pas en bas

Je sais, c’est toujours moi qui râle sur les histoires pas travaillées des jeux, et là je m’y étendrai pas. Oui j’aurai aimé un truc plus surprenant et travaillé, mais le cœur du jeu est ailleurs : Le gameplay et l’ambiance font tout et se suffisent à eux-même. Dans Mirror’s Edge, on joue comme un FPS sauf qu’il faut enlever (la plupart du temps) le S. C’est un jeu de déplacement à la première personne à la limite du jeu de plate-forme, où les possibilités de mouvement sont quand même plus élaborées que nos chers jeux de guerre badaboum beeuuuaaaah.

Le titre de Dice a révolutionné pas mal de choses à l’époque en ajoutant cette dimension de déplacement fluide aux jeux à la première personne, révolutionnant au passage la notion de « body awareness » (« conscience du corps » dans la langue de Michel Sardou). Mais la révolution demande quand même un temps d’adaptation car la maniabilité surprend au premier abord. Le premier jour je suis pas arrivé au bout du tuto, j’arrivais pas à faire le saut/demi-tour pour rebondir sur le premier panneau publicitaire. Mais en y revenant on trouve le timing, on « chope » le truc et on commence à dérouler le jeu. Au début c’est chaotique, on se prend les murs et on bute sur chaque obstacle mais petit à petit ça vient et les niveaux commencent à passer de manière plus en plus fluide et là, mesdames et messieurs, on prend son petit peton !

C’est quand on se fait un niveau sans heurt et de manière fluide que l’ambiance nous prend, on s’y reprend à 15 fois mais quand ça passe c’est trippant. L’adrénaline du run fluide avec l’ambiance du titre, je sens presque le vent dans les cheveux qui me restent, avec le sound design léger fait de bruits de respiration, de petits crissements des baskets sur les dalles, de bruits de grille et de portes, et cette musique très discrète qui s’élève de temps en temps, histoire de…

Die and redie

Je suis vraiment pas un joueur qui aime le score, en général ça m’emmerde, dès que je passe un niveau même avec un score pourri, c’est bon, finito, suivant. Et là non, j’ai pris un plaisir fou à faire le jeu avec le succès « ne tuer personne » et à le refaire en difficile l’année d’après, à faire tous les niveaux parkours pour choper les 3 étoiles quitte à regarder les ghosts hallucinants des mecs qui passaient par des chemins où j’avais même pas pensé qu’il était possible de passer. Grosso modo j’ai aimé tout ce que j’aime pas d’habitude et j’ai oublié ce qui me fait râler d’habitude, c’est fortiche, non ?

Techniquement, les graphismes sont pas fou-fou, unreal engine début de cycle, tout ça… Mais les mecs ont contre-balancé avec une direction artistique épurée qui donne son cachet au titre. C’est… moche mais super beau… oui je sais c’est pas clair, m’en fous, regardez les vidéos, vous êtes grands !

Mirror’s Edge a fait un truc que j’aimerai voir plus souvent, il m’a surpris et m’a fait découvrir un style de jeu nouveau, il a innové et à trouvé sa marque. C’était l’époque où EA essayait encore de faire des trucs intéressants, où Dice n’enchainait pas les Battlefield sans intérêt en se la pétant avec leur moteur tout fou. Le jeu se trouve aujourd’hui pour une bouchée de pain et l’éditeur a annoncé une suite en développement, mais l’époque ayant beaucoup changé, j’hésite entre l’enthousiasme et la peur irraisonnée de les voir faire un open-world avec plein de fusillades.

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