Les terres interdites, La fleur au trésor

Vu qu’il fait un peu chaud, mais que les coins pour se baigner sont envahis de touristes et de soleil qui fait mal aux yeux, j’ai décidé d’ « aller à la mer » en imaginaire. Et quand on parle de mer et d’aventure, à quoi on pense ? Aux pirates ! Ça tombe bien, j’avais toujours Les terres interdites, premier tome des Pirates de l’escroc-griffe par Jean-Sébastien Guillermou, dans ma PAL hypertrophiée.

On suit les aventures du jeune Caboche, adolescent qui part sur les traces du père qu’il n’a jamais connu et se retrouve embarqué sur l’Escroc-griffe, navire de chasseurs de trésor qui sont en fait une belle bande de bras-cassés farfelus. Ce petit monde part à la recherche d’un artefact mythique sur les mers turquoises, poursuivis par l’immortel Amiral-Fantôme. Notre troupe d’aventuriers va traverser le Monde-fleur, affronter les mousquetaires noirs, rencontrer des peuples inconnus et slalomer entre dangers et merveilles jusque dans les Terres interdites. Ouais, dit comme ça, ça ressemble à n’importe quelle histoire de pirates, un adolescent qui embarque sur un navire avec un capitaine charismatique, des méchants, un trésor, tout ça tout ça… Jean-Sébastien Guillermou se lance sur une mer de clichés qui sent clairement l’île au trésor à 100 milles à la ronde.

Maaaaaaais, petit à petit, on découvre un univers d’une richesse et d’une originalité assez dingues. On a du steampunk pirate sur un monde-fleur bordé de pétales. Il y a plein de détails inventifs et cools comme ce peuple d’homme-iguanes réduit en esclavage, ces artefacts interdits bizarroïdes, cette grenouille magique, ce bras-mitraillettes, ces casseroles-nunchakus, ces guerriers-crabes, cet amiral fantôme maudit, etc, etc… Mais faut pas croire que c’est un fourre-tout bordélique, tout est cohérent et extrêmement bien construit. L’univers m’a souvent fait penser à La planète au trésor de Disney mais qui serait resté dans l’eau, j’ai un peu associé dans ma tête les visuels du dessin animé à l’histoire que j’étais en train de lire.

Mais on a surtout un équipage d’hurluberlus loufoques auquel on s’attache grâce à une dynamique de groupe entrainante et amusante. Que ce soit l’attachant capitaine Bretelle, Doc, le chef Plumeau, ce grand malade d’Obus qui se trimballe avec une armure et une chaussette-marionnette appelée Tic-Tac, Biceps qui a une force phénoménale mais qui s’endort toutes les 3 minutes, et j’en passe… On a là une véritable famille à laquelle le lecteur va s’attacher. Jean-Sebastien Guillermou place dans chacun de ses personnages assez d’épaisseur et de motivations personnelles pour aller au-delà du côté rigolololol de base. Les relations croisées entre tous, et la place qu’y prend Caboche à son arrivée, approfondissent l’ensemble et intègrent le lecteur dans cette fratrie fantastique. Il en comprend les équilibres, les doutes et les méfiances, et quand ça commence à causer trahison, là, rien ne va plus.

Le roman a un tempo fou furieux, il saute d’une péripétie à la suivante dans la joie et la bonne humeur, ce qui ne l’empêche pas de glisser de temps en temps un élément dramatique pour insuffler un peu d’enjeu dans tout ça. J’avoue que j’ai parfois trouvé le rythme « too much » qui frise le décrochage. L’auteur aurait peut-être gagné à faire une petite pause de temps en temps pour souffler et amener un peu plus d’émotion. Mais pour autant, nous avons là un sacré tour de montagnes russes, avec du fun, de l’aventure, et un univers qui fourmille de petites idées rigolotes. Y’a quelques poncifs, quelques trucs qu’on voit venir de très loin, mais une impression reste à la fin de la lecture : on a découvert un réel univers, un monde original très riche dans lequel on a hâte de replonger pour le second tome, surtout avec la révélation finale qui laisse sur le cul et quelques bouts d’histoires non résolus.

Et pour les lecteurs voraces, vous pouvez même trouver l’intégrale.

Lire aussi l’avis de : Lhisbei (RSF Blog), Xapur (Les lectures de Xapur), Lorhkan (Lorhkan et les mauvais genres), Lune (Un papillon dans la lune), Kilke (enfin, là c’est plutôt « voir » parce que c’est de la vidéo),

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